Adieu à Gary "Mani" Mounfield : Hommage au Bassiste Iconique des Stone Roses et Figure du Madchester

Adieu à Gary "Mani" Mounfield : Hommage au Bassiste Iconique des Stone Roses et Figure du Madchester

Auteur : Aurore BAUDRY

Date : 20 novembre 2025 à 20:48

Le monde de la musique rock britannique est en deuil. Gary "Mani" Mounfield, le bassiste emblématique des Stone Roses, s'est éteint ce jeudi 20 novembre 2025, à l'âge de 63 ans. Cette nouvelle tragique, annoncée par son frère Greg sur les réseaux sociaux, laisse un vide immense dans le cœur des fans du mouvement Madchester et au-delà. Mani n'était pas seulement un musicien talentueux ; il était une icône de la culture mancunienne, un pilier de la scène indie des années 80 et 90, et un passionné de vie qui incarnait l'esprit rebelle et joyeux de sa génération. Dans cet article hommage, nous retraçons sa vie extraordinaire, son impact sur la musique, et l'héritage qu'il laisse derrière lui. Si vous cherchez à comprendre pourquoi Gary Mounfield reste une figure majeure du rock britannique, cet hommage détaillé est pour vous.

Avec plus de 1500 mots dédiés à sa mémoire, nous explorerons ses origines humbles, sa montée fulgurante avec les Stone Roses, ses aventures post-groupe, et les passions qui le définissaient. Optimisé pour les amateurs de musique indie et de culture pop, cet article vous plongera dans l'univers du Madchester, ce fusion explosive de rock psychédélique, de dance et d'indie pop qui a révolutionné les charts britanniques.

 

Les Origines Mancuniennes, Une Enfance Marquée par la Passion

 

Gary Mounfield, né le 16 novembre 1962 à Crumpsall, un quartier modeste de la banlieue nord de Manchester, grandit dans une famille imprégnée d'héritage irlandais. Fils d'un père ouvrier et d'une mère au foyer, il baigne dès son plus jeune âge dans une atmosphère où la musique et les récits familiaux se mêlent aux accents celtiques. Manchester, ville industrielle en pleine mutation dans les années 70, offre à l'adolescent Gary un terrain fertile pour ses rêves. Le punk rock qui explose à l'époque, avec des groupes comme les Sex Pistols, allume en lui une flamme indomptable.

Après des études au Xaverian College de Rusholme, un établissement catholique réputé pour sa rigueur, Gary abandonne l'école à seulement seize ans, en 1979. Ce choix précoce n'est pas un caprice : c'est une affirmation de sa vocation. Il commence à gratter la guitare dans des garages, mais c'est la basse qui l'appelle vraiment. Son style, à la fois groovy et précis, évoque les maîtres comme John Entwistle des Who ou Paul McCartney des Beatles. À Manchester, où la scène post-punk bouillonne avec Joy Division et The Fall, Gary affine son jeu dans des formations locales obscures. C'est en 1987 que sa vie bascule : il remplace Pete Garner au poste de bassiste des Stone Roses, un jeune groupe en pleine effervescence. Le surnom "Mani", dérivé de "maniac" pour son énergie débordante, colle à la peau du musicien comme une seconde identité.

Cette période formative n'est pas sans défis. Manchester des années 80 est une ville de contrastes : chômage rampant, usines en déclin, mais aussi une explosion créative avec l'émergence des clubs comme le Haçienda, temple de la house music. Mani, avec son charisme naturel, devient vite le ciment du groupe. Son arrivée marque le début d'une ère dorée pour les Stone Roses, où la basse n'est plus un simple accompagnement, mais un pilier rythmique qui pulse au cœur de chaque morceau.

 

L'Âge d'Or des Stone Roses, Mani, Cœur Battant du Madchester

 

Les Stone Roses, formés en 1983 par Ian Brown et John Squire, représentent l'essence même du Madchester : un melting-pot culturel où le rock guitaristique rencontre les beats électroniques des raves illégales. L'arrivée de Mani en 1987 est un tournant. Son jeu chaleureux et discipliné infuse une solidité nouvelle au son du groupe. Leur premier album éponyme, sorti en 1989 sur Silvertone Records, est une bombe. Classé parmi les 100 meilleurs albums de tous les temps par des critiques comme Rolling Stone, il vend plus de quatre millions d'exemplaires et propulse les Stone Roses au rang de légendes.

Sur des titres phares comme "She Bangs the Drums" ou "I Wanna Be Adored", la basse de Mani est omniprésente : lignes mélodiques ascendantes qui captivent, grooves funky qui invitent à la danse. "I Am the Resurrection", hymne de clôture de l'album, doit sa puissance à sa basse cyclique, un riff qui semble infini et hypnotique. Cet opus capture l'esprit du Madchester – un mouvement né à Manchester fin des années 80, alliant psychédélisme, indie et acid house. Les Stone Roses, aux côtés de Happy Mondays et The Charlatans, deviennent les porte-drapeaux de cette vague qui influence encore aujourd'hui des artistes comme Oasis ou Blur.

Pour illustrer l'impact de Mani, voici un tableau récapitulant les contributions clés de sa basse sur l'album éponyme des Stone Roses :

Titre Contribution de la Basse de Mani Impact sur le Succès
She Bangs the Drums Lignes dynamiques et punchy, soutenant le riff de guitare Single n°1 des charts indie, plus de 500 000 ventes
I Wanna Be Adored Groove minimaliste et hypnotique, créant une ambiance mystique Hymne culte, samplé par de nombreux DJs Madchester
I Am the Resurrection Riff cyclique épique, prolongeant le climax sur 8 minutes Meilleur morceau live, joué à chaque concert majeur
Waterfall Basse fluide et ondulante, évoquant les rivières psychédéliques Tube radio, boostant les ventes de l'album

 

Ce tableau met en lumière comment Mani n'était pas un simple exécutant, mais un architecte sonore. L'album de 1989 n'est pas seulement un disque ; c'est un manifeste culturel qui défie les frontières entre genres. Les Stone Roses, avec Mani à la manœuvre, remplissent des stades et inspirent une génération de fans à adopter un look baggy et un esprit festif.

 

La Dissolution et le Virage Rock, Second Coming et Vie Personnelle

 

Malgré leur triomphe, les tensions internes minent le groupe. Des litiges avec leur label Geffen Records culminent en 1990 avec la destruction symbolique d'un contrat mural – un geste punk immortalisé dans l'histoire du rock. Mani, fidèle à ses camarades, navigue ces eaux troubles. Le second album, Second Coming, sort en 1994 après treize mois d'enregistrement aux mythiques studios Rockfield au Pays de Galles. Mani y excelle dans un virage rock plus heavy, influencé par Led Zeppelin. Des tracks comme "Ten Storey Love Song" ou "Begging You" montrent sa polyvalence : basse heavy et distordue qui colle au son plus mature du groupe.

Ces sessions sont aussi marquées par des rencontres personnelles. C'est là que Mani tombe amoureux d'Imelda, une ingénieure du son qui deviendra son épouse. Ensemble, ils accueillent des jumeaux en 1998, fruit d'une union passionnée. Hélas, Imelda nous quitte en novembre 2023, emportée par un cancer de l'intestin – une perte qui ébranle profondément Mani, mais renforce sa détermination à célébrer la vie à travers la musique.

La dissolution des Stone Roses en 1996 est un coup dur. Mani, loin de se décourager, rebondit avec brio. Il rejoint Primal Scream, le groupe écossais psychédélique mené par Bobby Gillespie. De 1997 à 2011, il infuse son énergie dans des albums comme XTRMNTR (2000) et Beautiful Magic (2002). Sa basse sur "Swastika Eyes" – un hit dance-punk – fusionne Madchester et electronica, prouvant son adaptabilité. En parallèle, il co-fonde Freebass en 2007, un supergroupe de bassistes avec Andy Rourke (The Smiths) et Peter Hook (Joy Division/New Order). Leur album It's a Beautiful Life (2010) est une célébration de la basse comme instrument roi, avec des jams endiablés et des hommages à la scène de Manchester.

Voici un tableau comparatif des collaborations post-Stone Roses de Mani :

Groupe/Projet Période Albums Clés Contributions Notables
Primal Scream 1997-2011 XTRMNTR, Evil Heat Basse groovy sur des tracks electronica-rock, tournées mondiales
Freebass 2007-2010 It's a Beautiful Life Jams bass-heavy, collaborations avec icônes mancuniennes
Autres (solos, guests) 2000s Projets indie variés Appearances sur des compiles Madchester

 

Ces aventures montrent un artiste infatigable, toujours en quête de nouveaux horizons sonores.

 

La Réunion Triomphale, Vingt Ans Après, Mani de Retour sur Scène

 

En octobre 2011, l'impossible se produit : Mani annonce son départ de Primal Scream pour reformer les Stone Roses. L'excitation est palpable. Le premier concert à Heaton Park en 2012 attire 220 000 fans sur trois soirs – un record pour Manchester. Mani, avec ses dreadlocks emblématiques et son sourire contagieux, est le cœur de ces shows épiques. Le groupe publie même un single surprise en 2016, "All for One", accompagné d'un EP, marquant vingt ans après la dissolution.

Cette reformation, qui dure jusqu'en 2017, n'est pas un simple cash-in : c'est une célébration. Mani partage la scène avec une énergie juvénile, ses lignes de basse rappelant aux plus jeunes pourquoi les Stone Roses ont changé la face du rock. Des festivals comme Glastonbury ou Reading vibrent à l'unisson de "Fools Gold", où sa basse funky dialogue avec les cuivres. Cette ère post-2011 redonne vie au Madchester, influençant des revivalistes comme The Coral ou Kasabian.

Mani n'oublie pas ses racines : il apparaît brièvement dans 24 Hour Party People (2002), le film de Michael Winterbottom sur la Factory Records. Jouant son propre rôle, il incarne l'âme de Manchester – ville de pluie, de raves et de gloire éphémère.

 

Passions au-delà de la Musique, Football, Fléchettes et Caractère Affable

 

Mani était bien plus qu'un bassiste. Supporter inconditionnel de Manchester United depuis l'enfance, il assistait aux matchs d'Old Trafford avec une ferveur légendaire. Ami de joueurs comme Ryan Giggs, il rêvait d'un parallèle entre le rythme d'un match et celui d'une basse line. Ses anecdotes sur les Red Devils, partagées lors d'interviews, humanisent l'icône : "Le football, c'est comme la musique – imprévisible, passionné, collectif."

Autre amour : les fléchettes. Champion amateur, Mani défendait ce sport avec humour, organisant des tournois caritatifs à Manchester. Son caractère affable – toujours prêt à serrer une main ou à partager une pinte – en faisait un favori des fans. Malgré les drames personnels, comme la perte d'Imelda, il gardait une joie de vivre contagieuse.

Six jours avant son décès, le 14 novembre 2025, Mani annonçait une tournée de conférences au Royaume-Uni, de septembre 2026 à juin 2027. Intitulée "Mani's Madchester Memories", elle promettait des récits intimes sur sa carrière. Cette initiative, via des théâtres intimes, visait à transmettre son savoir aux jeunes musiciens. Hélas, ce projet avorté souligne l'urgence de célébrer les vivants.

 

L'Héritage de Mani, Une Influence Qui Transcende les Générations

 

Gary "Mani" Mounfield laisse un legs immense. Son rôle dans le Madchester a pavé la voie au Britpop des années 90 et à l'indie rock moderne. Des artistes comme Liam Gallagher d'Oasis citent les Stone Roses comme mentors, et la basse de Mani inspire des bassistes contemporains comme Kim Deal des Pixies ou Andrew Taylor de The Vaccines. Son premier album, avec ses 10 millions d'écoutes annuelles sur Spotify aujourd'hui, prouve sa pérennité.

Le Madchester, ce mouvement qu'il a aidé à définir, fusionne rock et dance dans une utopie inclusive. Mani en était l'âme : un Mancunien pur jus, rebelle sans amertume. Sa mort, dont la cause reste non précisée, nous rappelle la fragilité des icônes. Greg Mounfield, dans son post Facebook émouvant, capture l'essence : "Repose en paix, frère. Ton groove vivra éternellement."

Pour les fans, l'hommage se poursuit via des podcasts, des compiles, et des murals à Manchester. Mani nous enseigne que la musique est un baume contre l'adversité. En ces temps de deuil, écoutons "I Am the Resurrection" – et ressuscitons son esprit.

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