Dans le monde des faits divers, peu d'affaires captivent autant l'opinion publique que celle de la disparition de Delphine Jubillar. Le 15 octobre 2025, l'émission TBT9 animée par Cyril Hanouna a accueilli un débat animé autour de ce dossier complexe. Les invités, dont les auteurs du livre "L’Affaire Jubillar, un crime parfait" publié chez Fayard, ont confronté leurs points de vue. Mais c'est Michel Mary, journaliste chevronné en affaires criminelles, qui a particulièrement marqué les esprits en endossant le rôle de l'avocat du diable. Ses interventions ont fait monter la tension, soulignant les zones d'ombre d'un dossier qui continue de diviser. Cet article explore en profondeur ce débat, le contexte de l'affaire, et les implications pour la justice.
Le Contexte de l'Affaire Jubillar, Une Disparition Mystérieuse
L'affaire Jubillar remonte à la nuit du 15 au 16 décembre 2020, lorsque Delphine Jubillar, une infirmière de 33 ans, disparaît de son domicile à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. Mère de deux enfants, elle vivait avec son mari, Cédric Jubillar, un plaquiste de 33 ans à l'époque. Le couple traversait une crise conjugale profonde, marquée par des disputes fréquentes et une procédure de divorce en cours. Delphine avait même entamé une relation avec un amant, ce qui ajoutait à la tension au sein du foyer.
Selon les enquêteurs, Cédric Jubillar a alerté les gendarmes vers 4h du matin, affirmant avoir découvert l'absence de sa femme en se réveillant pour s'occuper de leur bébé. Il a déclaré que Delphine était sortie promener les chiens vers 23h, mais qu'elle n'était pas revenue. Les chiens étaient rentrés seuls, et aucune trace de la jeune femme n'a été retrouvée malgré des recherches intensives impliquant des centaines de volontaires, des drones, et des chiens pisteurs. Le corps de Delphine n'a jamais été localisé, ce qui rend l'affaire particulièrement épineuse.
Après des mois d'enquête, Cédric Jubillar a été mis en examen pour meurtre aggravé en juin 2021. Le procès s'est ouvert le 22 septembre 2025 devant la cour d'assises du Tarn, et il est toujours en cours au moment de la rédaction de cet article. Les procureurs ont requis 30 ans de réclusion criminelle, affirmant que "tout converge vers l'accusé". Parmi les éléments à charge : des incohérences dans les déclarations de Cédric, des témoignages sur des violences conjugales antérieures, et des analyses techniques sur des objets comme la voiture familiale et les lunettes de Delphine.
Cette affaire soulève des questions fondamentales sur la justice en l'absence de corps, d'aveux ou de scène de crime évidente. Elle illustre le concept de "crime parfait", où l'absence de preuves directes complique la condamnation, même si les indices graves et concordants pointent vers un suspect unique.
Le Débat sur TBT9, Une Émission Électrique
Le 15 octobre 2025, Cyril Hanouna a réuni sur le plateau de TBT9 les co-auteurs du livre "L’Affaire Jubillar, un crime parfait", Stéphane Simon et Elina Rostan. Ces derniers, spécialistes des faits divers, ont présenté leur ouvrage qui décortique le dossier judiciaire. Leur analyse met l'accent sur les éléments accusateurs, comme les contradictions dans le récit de Cédric et les preuves indirectes accumulées par les enquêteurs.
L'émission a rapidement pris une tournure vive lorsque Michel Mary est intervenu. Connu pour son expertise en affaires criminelles et ses apparitions régulières à la télévision, Mary a choisi de questionner les certitudes des auteurs. Il a remis en doute plusieurs points clés, arguant que le dossier repose sur des interprétations plutôt que sur des faits irréfutables. Par exemple, il a évoqué la possibilité que Delphine ait quitté le domicile après une dispute, emportant son téléphone qui serait resté dans la zone pour des raisons techniques non élucidées.
Les échanges ont été marqués par des interruptions et des répliques acérées. Elina Rostan, en exposant l'histoire de la voiture de Delphine – garée de manière inhabituelle et présentant de la condensation suspecte – a été coupée par Mary : "Tout est discutable, y compris les lunettes brisées". Il a suggéré un scénario alternatif où une altercation violente aurait pu mener à une fuite de Delphine, sans nécessairement impliquer un meurtre immédiat.
Stéphane Simon a rétorqué avec vigueur, soulignant que le téléphone de Delphine n'a pas quitté la zone du domicile, rendant improbable une fuite. Il a rappelé le rôle du procureur général, qui représente la société et non une partie, et qui a exprimé une conviction ferme sur la culpabilité de Cédric. "Quand l'avocat général dit 'je n'ai aucun doute', cela pèse lourd dans la balance judiciaire", a-t-il insisté.
Michel Mary, imperturbable, a nuancé : "L'avocat général ne va pas admettre que le dossier est faible". Il a cité une phrase clé du procureur : "Le crime parfait n'est pas celui où l'on ne retrouve pas le corps, mais celui où l'on ne se fait pas condamner". Cette remarque a relancé le débat sur la solidité des preuves et les risques d'erreur judiciaire.
Les Arguments de Michel Mary, Jouer l'Avocat du Diable
Michel Mary, avec plus de 40 ans d'expérience dans les faits divers, est habitué à analyser les dossiers sous tous les angles. Dans ce débat, il a incarné le scepticisme nécessaire pour éviter les jugements hâtifs. Ses doutes portent sur plusieurs aspects :
- Les lunettes brisées : Mary suggère que les dommages pourraient résulter d'une dispute sans issue fatale, et que Delphine aurait pu s'enfuir ensuite.
- La voiture et la condensation : Il conteste l'interprétation des enquêteurs, arguant que des facteurs environnementaux pourraient expliquer ces anomalies.
- Le téléphone : Bien que borné près du domicile, rien n'exclut une panne ou une manipulation postérieure, selon lui.
- L'absence de corps : Sans preuve directe de meurtre, Mary insiste sur la présomption d'innocence.
Ces interventions ont été perçues par certains téléspectateurs comme une défense acharnée de Cédric, provoquant des réactions sur les réseaux sociaux. Des posts sur X (anciennement Twitter) critiquent son agressivité, tandis que d'autres apprécient son objectivité. Mary lui-même a expliqué qu'il ne défend pas Jubillar, mais questionne le dossier pour stimuler la réflexion.
Réactions des Invités et Implications pour le Procès
Stéphane Simon et Elina Rostan ont défendu leur livre avec passion, soulignant les témoignages accablants : des voisins ayant entendu des cris la nuit de la disparition, des antécédents de violence, et des confidences de Cédric à des codétenus. Simon a rappelé que le procès en cours révèle des erreurs d'enquête, comme des copiés-collés maladroits dans les rapports de gendarmes, mais que l'ensemble des indices reste cohérent.
Les avocats des parties civiles, lors du procès, ont plaidé pour une reconnaissance du meurtre, insistant sur le contexte conjugal explosif. Le réquisitoire de 30 ans reflète une intime conviction des procureurs. Cependant, la défense de Cédric argue d'un dossier vide, basé sur des présomptions.
Ce débat télévisé illustre les défis de la justice médiatisée : il informe le public mais risque d'influencer l'opinion avant le verdict. Avec le procès toujours en délibéré, les incertitudes persistent, renforçant l'idée que l'affaire Jubillar pourrait bien être un "crime parfait" si l'accusé est acquitté.
| Élément | Description | À Charge | Doutes Soulevés |
|---|---|---|---|
| Disparition | Nuit du 15-16 décembre 2020 | Contexte de dispute conjugale | Possible fuite volontaire |
| Voiture | Garée à l'envers avec condensation | Suggère transport de corps | Facteurs météo ou négligence |
| Lunettes | Brisées trouvées au domicile | Preuve de violence | Accident lors d'une altercation |
| Téléphone | Borné près du domicile | Pas de départ de Delphine | Problèmes techniques |
| Témoignages | Cris entendus, confidences | Accablants pour Cédric | Fiabilité subjective |
L'affaire Jubillar continue de fasciner par son mystère et ses rebondissements. Le débat sur TBT9, avec Michel Mary en figure provocatrice, a mis en lumière les faiblesses et forces du dossier. Alors que le procès touche à sa fin, la question reste : Cédric Jubillar sera-t-il condamné sans corps ni aveux ? Cette affaire rappelle que la justice doit naviguer entre conviction intime et preuves irréfutables. Restez informés pour le verdict final, qui pourrait redéfinir la notion de crime parfait en France.
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