Lancé le 4 novembre sur Disney+, All's Fair promettait un cocktail explosif entre glamour hollywoodien, intrigues judiciaires et empowerment féminin. Portée par une distribution impressionnante incluant Kim Kardashian, Glenn Close, Naomi Watts et Sarah Paulson, cette création de Ryan Murphy semblait destinée au succès. Pourtant, la réalité est tout autre : la série s'avère être un fiasco retentissant, critiqué pour son manque de profondeur, ses scénarios absurdes et son absence totale de réalisme.
Un Concept Prometteur qui Tourne au Vignette
À première vue, l'idée derrière All's Fair avait de quoi séduire les amateurs de séries dramatiques. Imaginez un cabinet d'avocates basé à Los Angeles, spécialisé dans les divorces haut de gamme des célébrités et des milliardaires. Trois femmes fortes – Allura Grant (Kim Kardashian), Liberty Ronson (Naomi Watts) et Emerald Greene (Niecy Nash) – lassées du sexisme dans leur ancien firme, décident de voler de leurs propres ailes. Dix ans plus tard, elles dominent le marché des séparations sordides et luxueuses.
Mais ce qui aurait pu être un mélange audacieux entre Desperate Housewives et Suits – avec des plaidoiries intenses le jour et des confidences intimes le soir – se transforme rapidement en une parodie involontaire. Les intrigues manquent cruellement de cohérence, et les personnages évoluent dans un univers déconnecté de la réalité. Au lieu d'explorer les véritables défis des femmes dans le monde juridique, la série se complait dans des clichés surfaits sur le luxe et la vengeance.
Produit par Ryan Murphy (connu pour Glee, American Horror Story et Monstre) et même par Kris Jenner, la mère de Kim Kardashian, All's Fair semble taillé sur mesure pour propulser la star de téléréalité vers un rôle dramatique. Kim, qui étudie le droit en parallèle, incarne une future avocate – un clin d'œil évident à sa vie réelle. Malheureusement, cette personnalisation excessive transforme la série en une vitrine promotionnelle plutôt qu'en une œuvre narrative solide.
Un Casting de Rêve Gaspié par des Performances Inégales
Le vrai atout de All's Fair réside dans sa distribution cinq étoiles. Glenn Close en mentor sage, Naomi Watts en associée ambitieuse, Sarah Paulson en rivale impitoyable, sans oublier Teyana Taylor et Niecy Nash : sur le papier, c'est du lourd. Pourtant, même ces talents confirmés ne parviennent pas à insuffler de la vie à des dialogues plats et des scénarios prévisibles.
Kim Kardashian, dans son premier rôle principal, adopte une approche minimaliste – presque impassible – qui, ironiquement, s'accorde avec le ton vide de la série. Tandis que Sarah Paulson surjoue à l'excès dans une interprétation qualifiée de "pire de sa carrière" par certains critiques, les autres actrices luttent pour rendre crédibles des arcs narratifs absurdes. Comment Ryan Murphy a-t-il convaincu ces icônes de rejoindre un projet aussi faible ? La question reste en suspens, mais le résultat est clair : un gaspillage monumental de potentiel.
| Acteur/Actrice | Rôle | Points Forts Attendus | Réalité dans la Série |
|---|---|---|---|
| Kim Kardashian | Allura Grant | Charisme médiatique, lien avec la réalité | Jeu statique, rôle sur-mesure promotionnel |
| Naomi Watts | Liberty Ronson | Profondeur émotionnelle | Personnage sous-exploité, intrigues superficielles |
| Glenn Close | Dina Standish | Autorité et sagesse | Mentor effacé, dialogues vides |
| Sarah Paulson | Carrington Lane | Intensité dramatique | Surjeu ridicule, caricature |
| Teyana Taylor | Milan | Énergie jeune | Rôle secondaire cliché |
| Niecy Nash | Emerald Greene | Humour et charisme | Potentiel gâché par scénarios absurdes |
Ce tableau illustre parfaitement le décalage entre les attentes et la déception. Malgré des acteurs habitués aux rôles complexes, All's Fair les cantonne à des stéréotypes hollywoodiens vides.
Intrigues Ridicules, Quand le Scénario Défie Toute Logique
Passons au cœur du problème : les intrigues. All's Fair se déroule dans les collines luxueuses de Los Angeles, où les problèmes se résolvent par des virées shopping en jet privé ou des vengeances extravagantes. Prenons l'arc principal : Allura Grant découvre que son mari, le footballeur Chase Munroe (Matthew Noszka), la trompe avec une recrue du cabinet (Teyana Taylor) et une travailleuse du sexe trans (Hari Nef). Au lieu d'un drame nuancé, on assiste à une escalade de folies.
- Vol de bijoux : Une cliente septuagénaire vole 40 millions de dollars de joyaux à son mari milliardaire et les revend chez Christie's avec l'aide de son avocate.
- Divorce extravagant : Une épouse repart avec 210 millions grâce à des vidéos montrant les fétishes bizarre de son ex (mention spéciale aux "tétons de truie").
- Vengeance ultime : Allura s'implante secrètement des embryons congelés pour porter les enfants de son mari infidèle – falsifiant sa signature au passage.
Ces exemples ne sont pas exagérés ; ils définissent le ton de la série. Au lieu de traiter des thèmes sérieux comme le sexisme, les abus ou l'empowerment réel, All's Fair opte pour du sensationnalisme gratuit. Les divorces se règlent en un clin d'œil, sans procédure judiciaire crédible, transformant le cabinet en un club de copines hors sol obsédées par le luxe.
Ce manque de réalisme n'est pas anodin. Dans un monde où les séries comme The Good Fight explorent le droit avec intelligence, All's Fair ressemble à une publicité géante pour marques de mode. Vêtements de créateurs, bijoux clinquants, maisons immenses : tout crie "produit dérivé" plutôt que "fiction engageante".
Critiques Unanimes, "La Pire Série de Tous les Temps" ?
La réception critique est impitoyable. Le Times la qualifie de "peut-être la pire série télévisée de tous les temps", un avis partagé par de nombreux médias. Sur les réseaux et forums, les spectateurs peinent à terminer les trois premiers épisodes disponibles. Pourquoi tant de haine ?
- Absence de narration : Pas de fil conducteur cohérent ; les épisodes s'enchaînent comme des vignettes publicitaires.
- Manque de profondeur : Les personnages sont des caricatures, sans évolution psychologique.
- Féminisme de façade : Prétendument empowering, la série réduit les femmes à des consommatrices vengeresses dans un monde masculin.
Même les fans de Ryan Murphy, habitués à ses excès, désertent. Produite pour mettre Kim Kardashian en lumière, All's Fair rate son objectif : au lieu de prouver ses talents d'actrice, elle expose les limites d'un projet vaniteux. Seuls trois épisodes sont sortis, mais ils suffisent à décourager toute suite potentielle.
Pourquoi Ryan Murphy Rate-t-il Cette Fois-ci ? Analyse d'un Showrunner en Déclin
Ryan Murphy n'est pas un novice. Avec des succès comme Nip/Tuck, Pose ou The Assassination of Gianni Versace, il a prouvé sa capacité à mixer glamour et drame. Alors, qu'est-ce qui cloche avec All's Fair ?
Plusieurs facteurs expliquent cet échec :
- Surproduction : Murphy enchaîne les projets (plus de 10 chez Netflix et Disney), diluant sa créativité.
- Influence personnelle : La participation de Kris Jenner oriente la série vers un univers Kardashian-centric, loin de l'universalité.
- Manque d'ambition : Au lieu d'innover, il recycle des tropes usés du soap opera.
Comparée à ses œuvres phares, All's Fair manque de subversion. Là où American Horror Story terrifie, ici on rit (jaune). Ce ratage soulève des questions sur la durabilité de la formule Murphy : trop de stars, pas assez de substance.
| Série | Année | Points Positifs | Notes Critiques (Rotten Tomatoes) |
|---|---|---|---|
| Glee | 2009 | Énergie, musique, diversité | 85% |
| American Horror Story | 2011 | Horreur innovante, casting | 77% |
| All's Fair | 2025 | Casting luxe | Estimé <20% (basé sur critiques initiales) |
| Feud | 2017 | Drame historique profond | 89% |
Ce tableau met en lumière le déclin : All's Fair pourrait marquer un point bas dans la carrière de Murphy.
Leçons à Tirer, Qu'est-ce qui Fait une Bonne Série sur le Droit et l'Empowerment ?
Malgré ses flaws, All's Fair offre des leçons pour les créateurs futurs. Une série sur des avocates divorcées pourrait briller si :
- Elle intègre du réalisme judiciaire (procédures, éthique).
- Elle développe des personnages nuancés, pas des icônes de mode.
- Elle aborde le féminisme avec substance, pas glamour vide.
Des alternatives comme Better Call Saul ou She-Hulk montrent la voie : humour, drame et intelligence peuvent coexister. Pour All's Fair, il est trop tard – un ratage qui restera dans les annales des flops télévisuels.
En résumé, All's Fair avec Kim Kardashian est un échec complet malgré son casting étoilé et son créateur prolifique. Intrigues ridicules, performances inégales, absence de profondeur : tout concourt à un verdict sans appel. Disponible sur Disney+ depuis le 4 novembre, la série ne mérite pas votre temps. Préférez relire des classiques ou explorer des pépites underrated. Si vous cherchez du glamour judiciaire, tournez-vous ailleurs – ici, rien ne va.
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