Ceux qui connaissent Anthony Colette pour sa carrière de danseur à la télévision savent qu'il a toujours affiché une énergie et une joie de vivre communicatives. Pourtant, derrière l'image publique se cache un quotidien marqué par l'adaptation et l'écoute. Lors d'une interview accordée à l'émission Balance ton frigo sur YouTube, il a raconté comment il a découvert que la femme qu'il aime ne vit pas l'alimentation de la même manière que la plupart des gens.
Giulia Caillaud, maquilleuse de plateau, ne souffre pas simplement d'une « préférence alimentaire » : elle est concernée par un trouble nommé ARFID — trouble de l’alimentation évitante/restrictive — souvent associé à l'émétophobie, la peur intense de vomir. Ce diagnostic implique des restrictions alimentaires sévères, mais celles-ci sont d'abord d'ordre psychologique et non organique : elle peut physiquement ingérer certains aliments, mais son esprit lui interdit de le faire.
Qu'est-ce que l'ARFID et en quoi cela diffère d'autres troubles alimentaires ?
L'ARFID (Avoidant/Restrictive Food Intake Disorder) se distingue des troubles alimentaires plus médiatisés par son mécanisme : il ne repose pas sur la volonté de perdre du poids ou sur une image corporelle altérée, mais sur l'évitement lié à la texture, au goût, à l'odeur, ou à une peur liée au fait de s'étouffer ou de vomir. L'ARFID peut conduire à une alimentation extrêmement limitée, avec des conséquences sociales, émotionnelles et parfois médicales.
Pour mieux comprendre et comparer les caractéristiques, voici un tableau synthétique (centré, bordure 2) :
| Critère | ARFID | Troubles alimentaires type anorexie/boulimie |
|---|---|---|
| Motivation principale | Évitement basé sur peur/texture/goût/émotivité | Préoccupation liée au poids et à l'image corporelle |
| Comportement | Restrictions sévères mais non liées à l'image | Restriction énergique ou suralimentation suivie de purge |
| Conséquences sociales | Isolement, anxiété lors des repas | Isolement, rites autour du contrôle du corps |
| Traitements typiques | Thérapies comportementales, rééducation alimentaire | Approches nutritionnelles, thérapies cognitives comportementales |
Le témoignage d'Anthony, incompréhension puis apprentissage
Au début, Anthony avoue avoir été déconcerté. « Je vis pour manger », raconte-t-il — une façon de dire qu'il trouve du plaisir et de l'énergie dans la découverte culinaire et le partage des repas. Se retrouver face à une personne qui associe nourriture et détresse psychologique a constitué un choc et un apprentissage. Plutôt que de juger ou d'imposer, il a choisi d'écouter et de comprendre progressivement.
« Ça a été dur au début parce que moi je suis tout l'opposé, manger c'est ma life. [...] Ça me choquait, je n'arrivais pas à comprendre. » — Anthony Colette
Ce processus d'acceptation a exigé du temps, de la patience et une remise en question des habitudes du couple. La transformation n'a pas été un événement instantané, mais une série d'ajustements quotidiens — menus planifiés, respect des limites, et beaucoup de communication.
Comment un partenaire peut soutenir une personne atteinte d'ARFID ?
Soutenir un proche confronté à l'ARFID implique plusieurs attitudes concrètes :
- Respecter les limites alimentaires sans les minimiser ni les ridiculiser.
- Éviter la pression lors des repas et privilégier des invitations douces à tester de petites choses.
- Se renseigner pour mieux comprendre les mécanismes du trouble et ses implications.
- Encourager, sans forcer, l'accompagnement professionnel (psychologue, diététicien spécialisé).
- Préserver une vie sociale nourrissante en adaptant les sorties et en proposant des alternatives.
Anthony illustre ces principes : il n'a pas imposé son appétit mais a cherché à adapter son quotidien pour que Giulia se sente en sécurité et soutenue. Ce type d'accompagnement transforme souvent la relation et renforce la complicité du couple.
Conséquences pratiques au quotidien, anecdotes et réalités
Le quotidien d'un couple touché par l'ARFID comporte des anecdotes révélatrices : repas préparés séparément, choix de restaurants très limités, ou encore la difficulté d'accepter certains aliments à la maison. Anthony évoque l'exemple d'aliments simples — pâtes, beurre — qui, pour Giulia, représentent parfois une montagne à franchir. L'important est d'admettre que le problème n'est pas une « mauvaise volonté », mais une peur profondément ancrée.
Sur le plan social et professionnel, ces contraintes peuvent également poser des défis. Les plateaux de tournage, les voyages ou les événements familiaux où la nourriture occupe une place centrale demandent une organisation en amont et souvent la bienveillance silencieuse des proches. La célébrité d'Anthony n'a pas rendu ces adaptations plus faciles, mais son témoignage met en lumière la normalité de ces efforts dans un couple qui fonctionne.
Le rôle de l’éducation et de la parole publique
Quand une personnalité publique évoque un sujet intime comme l'ARFID, cela contribue à déstigmatiser les troubles alimentaires moins connus. Le récit d'Anthony joue un rôle d'information : il rappelle que la diversité des troubles est large et qu'il est crucial d'entendre les personnes concernées sans les réduire à des clichés.
Parler ouvertement permet aussi de diriger vers des ressources utiles : consultations spécialisées, groupes de parole, et aides nutritionnelles adaptées. Cette éducation du grand public aide à repérer les signaux d'alerte et à proposer un accompagnement approprié plutôt que des jugements hâtifs.
Ressources et pistes d'accompagnement (repères synthétiques)
Voici un petit guide de repères pour les proches qui souhaitent agir avec justesse :
| Action | Pourquoi | À qui s'adresser |
|---|---|---|
| Écoute sans jugement | Crée un espace de sécurité émotionnelle | Amis, partenaires, professionnels de santé |
| Information et éducation | Permet de mieux comprendre le mécanisme du trouble | Psychologues, diététiciens spécialisés TCA |
| Thérapies adaptées | Intervenir sur l'angoisse associée à l'alimentation | Thérapie comportementale et cognitive, thérapies d'exposition |
| Organisation sociale | Réduire l'anxiété liée aux repas partagés | Planification, menus sécurisants, alternatives |
Ce que ce témoignage nous apprend sur l'amour et la résilience
Au-delà du diagnostic et des contraintes, l'histoire d'Anthony et Giulia illustre une dynamique essentielle : l'amour qui pousse à comprendre, à s'adapter et à protéger l'autre. La résilience du couple passe par l'acceptation des différences et la mise en place de solutions concrètes pour préserver la vie commune sans renier les besoins individuels.
La célébrité d'Anthony donne aussi une portée plus large à ce récit : cela rappelle au grand public que les troubles alimentaires prennent des formes multiples et exigent une réponse nuancée, faite d'empathie et de professionnalisme.
Le témoignage d'Anthony Colette, raconté avec franchise, est une invitation à mieux connaître et comprendre les troubles comme l'ARFID. Il montre que, lorsque l'on prend le temps d'écouter et de s'informer, l'accompagnement devient possible et la vie de couple peut se vivre pleinement malgré les contraintes.
Si vous êtes concerné(e) ou si un proche traverse une situation similaire, cherchez des professionnels spécialisés et favorisez une approche bienveillante et progressive. Chaque petit pas compte — et parfois, l'amour est ce qui transforme l'incompréhension initiale en une force de soutien durable.
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