Depuis deux ans et demi, Arnaud Denis, comédien et metteur en scène français âgé de 42 ans, endure des douleurs chroniques intenses liées à la pose d’une prothèse pour hernie inguinale. Face à l’ampleur de sa souffrance et à l’absence de solutions médicales, il envisage aujourd’hui de recourir à l’euthanasie en Belgique, où cette pratique est légale.
Une douleur qui transforme la vie quotidienne en calvaire
Le metteur en scène, reconnu pour ses adaptations théâtrales de classiques tels que Les Liaisons dangereuses ou Une vie de Maupassant, a relaté son parcours et ses souffrances dans les journaux du groupe EBRA, notamment le Dauphiné Libéré et l’Est Républicain, le mardi 6 janvier 2026.
"Un homme sait profondément en lui quand il est condamné", confie-t-il au Dauphiné Libéré. Depuis la pose de sa prothèse en juillet 2023, destinée à traiter une hernie inguinale, sa vie quotidienne est devenue quasi impossible. Les douleurs touchent ses pieds, sa colonne vertébrale et limitent sévèrement sa mobilité.
Dans un message publié sur Facebook en juillet dernier, Arnaud Denis écrit : "Je ne peux presque plus marcher. Je ne peux plus tenir mon dos. J’ai peur. Je n’ai plus de voûtes plantaires, mes pieds me font mal, ma colonne vertébrale se déforme et se tasse sur elle-même".
Un combat pour la reconnaissance des victimes
Au-delà de sa situation personnelle, Arnaud Denis souhaite dénoncer les complications liées aux implants de hernie en polypropylène, fréquemment utilisés en France. Il a créé sur Facebook un groupe intitulé "Victimes Françaises de prothèses de hernie", rassemblant près de 1 500 membres, afin de sensibiliser le public et les autorités sanitaires.
"Si vous êtes victime de cette opération, rejoignez-nous pour qu’une prise de conscience globale puisse avoir lieu dans l’assistance publique", indique-t-il. Le comédien regrette qu’aucun recensement officiel n’existe sur le nombre de patients touchés et souligne le manque d’information sur les effets secondaires de ces implants.
Arnaud Denis prévoit également de déposer une plainte contre X pour "blessures involontaires", ainsi qu’une plainte collective visant à défendre les victimes. "Je ne pourrais pas aller au bout. Mais je la laisse pour ma famille. Ce que je veux, c’est déposer plainte avant de partir. J’essaye de jeter mes dernières armes dans cette bataille", confie-t-il.
Contexte médical et réglementaire
En 2017, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a reclassé les implants de renfort pariétal pour le traitement des hernies abdominales et inguinales "parmi les dispositifs médicaux à risque élevé". Cette mesure souligne les complications potentielles et la vigilance nécessaire autour de ces implants.
Malgré un retrait de sa prothèse aux États-Unis via une opération coûteuse, Arnaud Denis continue de souffrir de douleurs chroniques sévères. Les médecins consultés n’ont plus de solutions à proposer, situation qui a conduit le metteur en scène à envisager l’euthanasie comme seule issue.
Un parcours artistique marqué par l’excellence
Diplômé du cours de Jean-Laurent Cochet, Arnaud Denis a fait ses preuves tant sur scène qu’à l’écran. Il a mis en scène des classiques du répertoire français, tels que Tartuffe, Dom Juan ou Les Fourberies de Scapin, et plus récemment adapté Une vie de Maupassant et Les Liaisons dangereuses. Au cinéma, il a joué dans Yves Saint Laurent de Jalil Lespert et dans Vivre! d’Yvon Marciano.
Pour Arnaud Denis, l’ampleur de sa douleur et l’absence de solutions médicales ne sont pas seulement un calvaire personnel : elles constituent également un appel à une prise de conscience collective sur les risques liés aux prothèses de hernie et sur la protection des patients.
Un débat éthique et légal
La situation d’Arnaud Denis relance le débat sur l’accès à l’euthanasie pour des patients souffrant de douleurs chroniques intenses, et sur la responsabilité des dispositifs médicaux à risque. En Belgique, l’euthanasie est encadrée par la loi depuis 2002 et reste strictement réservée à des cas où la souffrance physique ou psychique est insupportable et sans perspective d’amélioration.
Ce cas illustre la tension entre innovation médicale et sécurité des patients, ainsi que la nécessité d’une information transparente sur les dispositifs médicaux à haut risque. Il soulève également des questions de responsabilité légale et de reconnaissance des victimes en France, où l’euthanasie demeure interdite.
Un témoignage poignant et humain
L’histoire d’Arnaud Denis est autant un récit de douleur qu’un appel à la solidarité et à la vigilance. Sa démarche, mêlant combat judiciaire et préparation à l’euthanasie, met en lumière les limites du système de santé face aux complications des implants médicaux et l’urgence de mieux protéger les patients.
Alors que son parcours artistique a inspiré des milliers de spectateurs et marqué le théâtre français contemporain, Arnaud Denis transforme aujourd’hui sa souffrance personnelle en combat collectif, pour que les victimes d’implants de hernie soient enfin reconnues et entendues.
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