Dans le paysage audiovisuel français hautement compétitif de fin 2025, le Journal Télévisé de 20 Heures sur France 2 reste un rendez-vous incontournable pour des millions de téléspectateurs. Pourtant, ce jeudi 11 décembre 2025, Léa Salamé, la présentatrice star de la chaîne publique, a dû faire face à une nouvelle déconvenue en termes d'audiences. Malgré un sommaire riche en reportages percutants sur la liquidation de l'entreprise Brandt et la loi des gangs à Mayotte, ainsi qu'une interview exclusive avec l'humoriste Dany Boon, le JT n'a pas réussi à inverser la tendance à la baisse. Cette édition illustre les défis persistants du format traditionnel face à la concurrence féroce de TF1 et des talk-shows de TMC et W9.
Depuis son arrivée à la tête du JT en septembre 2025, succédant à Anne-Sophie Lapix, Léa Salamé peine à reconquérir un public fidèle. Les chiffres de Médiamétrie pour cette soirée confirment une érosion continue, particulièrement chez les jeunes adultes, au profit de programmes plus dynamiques et interactifs. Explorons en détail ces performances, les facteurs explicatifs et les perspectives pour France 2 dans un contexte de fragmentation des habitudes de consommation médiatique.
Le Parcours Exceptionnel de Léa Salamé, De France Inter au JT de France 2
Léa Salamé, née Hala Léa Salamé le 27 octobre 1979 à Beyrouth au Liban, incarne le parcours exemplaire d'une journaliste franco-libanaise qui a su gravir les échelons du journalisme avec une détermination sans faille. Fille de Ghassan Salamé, éminent politologue et ancien ministre de la Culture libanais, elle s'installe en France à l'âge de cinq ans et naturalisée française à dix ans. Diplômée de Sciences Po Paris en 2002, après une licence de droit à l'université Panthéon-Assas et un séjour à New York University marqué par les attentats du 11 septembre 2001, elle entame une carrière fulgurante.
Ses débuts se font sur LCP-Public Sénat en 2006, aux côtés de Jean-Pierre Elkabbach, où elle passe de stagiaire à présentatrice. Elle rejoint ensuite France 24 pour les infos du soir, puis iTélé (devenue CNews) de 2011 à 2014. C'est sur France Inter, à partir de 2014, qu'elle explose avec l'interview de 7h50, puis la matinale 7/10 aux côtés de Nicolas Demorand en 2017. Son style incisif et son franc-parler font d'elle une figure incontournable, récompensée par le prix Philippe-Caloni de la meilleure intervieweuse en 2015.
Sur France 2, son ascension est tout aussi remarquable. De 2014 à 2016, elle est chroniqueuse dans On n'est pas couché avec Laurent Ruquier, puis anime L'Émission politique et Quelle époque ! depuis 2022. En juin 2025, malgré une offre mirobolante de BFM TV à 50 000 euros mensuels, elle refuse pour succéder à Anne-Sophie Lapix au JT 20h, à 25 000 euros, conservant son talk-show du samedi. À 46 ans, Léa Salamé représente la nouvelle génération du journalisme : multiculturelle, audacieuse et digitale, avec un engagement pour des causes comme le climat, visible dans Aux arbres citoyens (2022) ou Urgence océan (2025).
Cette nomination visait à dynamiser un JT en perte de vitesse, mais les audiences fluctuantes soulignent les défis d'adaptation d'une experte radio à la télévision linéaire. Pourtant, son duo avec Raphaël Glucksmann, député européen et père de son fils Gabriel né en 2017, en fait un "power couple" influent, sans compromettre son impartialité professionnelle.
Analyse Détaillée des Audiences du 11 Décembre 2025, Une Baisse Inquiétante
Le JT de 20 Heures du 11 décembre 2025, structuré en trois parties comme depuis la rentrée, a enregistré des scores décevants malgré des sujets d'actualité brûlants. La première partie (19h57-20h28) a attiré 3,58 millions de téléspectateurs, pour 18,9 % de part d'audience (PDA) sur les 4 ans et plus – une perte de 0,4 point sur une semaine. La seconde (20h28-20h42) fait pire avec 3,49 millions et 17,9 % PDA, en recul de 0,7 point. Enfin, la troisième, boostée par Dany Boon, n'a rassemblé que 2,83 millions pour 14,6 % PDA, perdant 0,4 point hebdomadaire.
Chez les 25-49 ans, cible commerciale clé, les performances sont encore plus alarmantes : 9,2 %, 8,4 % et 6,5 % respectivement, plaçant France 2 en cinquième position derrière TF1, M6, W9 et TMC. Ces chiffres, publiés par Médiamétrie, confirment une tendance à la baisse observée depuis novembre 2025, où les audiences moyennes stagnent autour de 3,7 millions contre 4 millions pour Lapix en 2024.
| Partie du JT | Téléspectateurs (millions) | PDA (4 ans+) | PDA 25-49 ans | Évolution hebdo (PDA) |
|---|---|---|---|---|
| Première (19h57-20h28) | 3,58 | 18,9 % | 9,2 % | -0,4 pt |
| Seconde (20h28-20h42) | 3,49 | 17,9 % | 8,4 % | -0,7 pt |
| Troisième (avec Dany Boon) | 2,83 | 14,6 % | 6,5 % | -0,4 pt |
Ce tableau met en lumière la volatilité des scores : une entrée solide suivie d'un affaissement, typique d'un public familial qui zappe vers des divertissements plus légers en fin de journal. Globalement, le JT perd du terrain face à une fragmentation accrue : 45 % des Français multitentent, zappant entre TV et mobiles, selon Médiamétrie 2025.
Dany Boon, L'Invité Star qui n'a pas Suffi à Booster les Audiences
Malgré la présence de Dany Boon, icône de l'humour français, dans la troisième partie, le JT n'a pas connu le sursaut espéré. L'humoriste nordiste, de retour sur scène après sept ans avec Clown n'est pas un métier (tournée de novembre 2025 à mars 2026), a évoqué son spectacle mêlant humour, musique et réflexions sur l'époque moderne : addictions au portable, sécurité aéroportuaire et hommages à Raymond Devos. "Faire rire est essentiel dans ma vie", confie-t-il à Léa Salamé, soulignant le besoin de légèreté dans un monde saturé de mauvaises nouvelles.
Âgé de 58 ans, Dany Boon, fils d'ouvrier kabyle et d'une mère rejetée par sa belle-famille, a transformé un bulletin scolaire annoté "Clown n'est pas un métier" en fierté. Succès planétaire avec Bienvenue chez les Ch'tis (20 millions d'entrées en France), il refuse les rôles stéréotypés pour explorer des thèmes profonds. Pourtant, son passage, incluant un extrait hilarant sur les agents de sécurité, n'a attiré que 2,83 millions de curieux, illustrant l'échec du "effet invité" face à la concurrence des talks.
En comparaison, des invités comme François Hollande ou Marion Cotillard avaient boosté les scores en septembre-octobre 2025, atteignant 4,15 millions lors de manifestations nationales. Ici, l'humour n'a pas compensé la fatigue du format : les téléspectateurs préfèrent les one-man-shows en streaming ou les lives Twitch.
Les Reportages Phares, Liquidation de Brandt et Loi des Gangs à Mayotte
Le sommaire du JT s'ouvrait sur deux enquêtes terrain qui, malgré leur gravité, n'ont pas captivé le grand public. D'abord, la liquidation judiciaire de Brandt, fleuron de l'électroménager français fondé en 1924. Avec 700 emplois supprimés dans l'Aube, ce choc industriel touche 700 salariés sous le choc, symbolisant la désindustrialisation persistante. Le reportage met en lumière les luttes désespérées des syndicats et les impacts socio-économiques : hausse du chômage local de 12 % et familles dévastées. "C'est la fin d'une ère pour l'industrie tricolore", commente un ouvrier anonyme, évoquant des décennies de délocalisations.
Ensuite, un sujet poignant sur Mayotte, un an après le cyclone Chido (14 décembre 2024). L'archipel, 101e département, fait face à l'expansion des gangs favorisée par la reconstruction lente. Le reportage suit des recenseurs de l'Insee dans les bidonvilles : 700 agents mobilisés jusqu'en janvier 2026 pour un décompte crucial, entre 329 000 (Insee) et 500 000 habitants estimés. Les "bangas" précaires abritent des familles sans-papiers, craignant les expulsions, tandis que les gangs imposent leur loi, contrôlant 40 % du commerce illicite. "La reconstruction patine, laissant place au chaos", analyse un expert local.
Ces sujets, diffusés dans Envoyé spécial le même soir, soulignent les enjeux nationaux : inégalités territoriales et précarité économique. Pourtant, leur ton grave n'a pas fidélisé un public en quête d'évasion, préférant les fictions de France 3 comme Un si grand soleil (2,07 millions, 10,7 % PDA).
La Concurrence Implacable, TF1, TMC et W9 en Forme
Face à France 2, TF1 domine avec Gilles Bouleau : son JT du 11 décembre réunit 5,19 millions (25,5 % PDA), en tête malgré un léger recul. La Une excelle par sa production rodée et ses reportages sensationnalistes, creusant l'écart à 1,45 million de téléspectateurs. Sur un an, TF1 gagne 2 points de PDA, profitant d'une audience fidèle et d'innovations comme les directs interactifs.
Les talk-shows de la TNT progressent chez les 25-49 ans : Quotidien de Yann Barthès sur TMC culmine à 2,35 millions (11,5 % PDA) pour sa dernière partie, leader avec 21,8 % chez les ménagères. Tout beau, tout n9uf de Cyril Hanouna sur W9 frôle les 9 % (1,72 million), surpassant C à vous sur France 5 (1,07 million, 5,2 %). M6 suit avec son 19.45 (2,19 millions, 11,7 %), tandis que France 3 maintient Un si grand soleil.
| Chaîne/Programmes | Téléspectateurs (millions) | PDA (4 ans+) | PDA 25-49 ans |
|---|---|---|---|
| TF1 - JT Gilles Bouleau | 5,19 | 25,5 % | 15,2 % |
| TMC - Quotidien (partie finale) | 2,35 | 11,5 % | 21,8 % |
| W9 - Tout beau, tout n9uf | 1,72 | 8,9 % | 18,5 % |
| France 2 - JT Léa Salamé (moyenne) | 3,30 | 17,1 % | 8,0 % |
Ce comparatif révèle la suprématie de TF1 en volume et des TNT en engagement jeune. La baisse globale des JT (-8 % en 2025) s'explique par le streaming : 62 % des 18-34 ans consomment l'info via mobile.
Évolution des Audiences du JT France 2 en 2025, Une Courbe en Berne
Depuis septembre 2025, les audiences de Léa Salamé oscillent entre espoirs et déceptions. Sa première édition réunit 4,02 millions (19,8 % PDA), boostée par l'actualité. Un pic à 4,15 millions le 10 septembre lors de manifestations nationales, mais des creux comme le 25 novembre (3,54 millions, 18,8 %). Sur novembre (8-27), moyenne de 3,78 millions (19,7 % PDA), contre 4 millions (20,1 %) pour Lapix en 2024 – une perte de 228 000 téléspectateurs.
Facteurs : format rigide vs. talks dynamiques ; multitention (45 % zappent) ; concurrence des JO 2024 résiduelle (pics à 5,84 millions). Positif : +2 points PDA sur la seconde partie vs. 2024. France 2 explore des hybrides : chroniques IA, partenariats européens pour reportages exclusifs en 2026.
| Période | Audience Moyenne (millions) | PDA Moyenne | Comparaison 2024 |
|---|---|---|---|
| Septembre 2025 (début Salamé) | 3,90 | 19,5 % | +0,5 pt |
| Novembre 2025 | 3,78 | 19,7 % | -0,4 pt |
| Décembre 2025 (jusqu'au 11) | 3,65 | 18,2 % | -1,9 pt |
Perspectives et Stratégies pour Relancer le JT de Léa Salamé
Pour inverser la tendance, France Télévisions mise sur l'innovation. Léa Salamé, "pas satisfaite" après un mois, appelle à plus d'interactivité : lives Twitter, podcasts post-JT. La chaîne prépare pour 2026 des formats hybrides mêlant info et divertissement, comme des chroniques humour ou IA news tech. Des partenariats avec médias européens pour exclusivités, et une promotion accrue sur réseaux (TikTok News pour jeunes).
Historiquement, des présentateurs comme PPDA ou Élise Lucet ont rebondi après des creux. Salamé, avec sa crédibilité, peut adapter son approche sans renier la rigueur : plus de narratif, moins de solennité. L'enjeu : hybrider pour contrer la baisse de 12 % chez les 18-34 ans. Succès comme les 4,1 millions du 8 décembre montrent le potentiel lors d'événements forts.
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