Du lundi 29 décembre 2025 au dimanche 4 janvier 2026, les chaînes françaises ont entamé l’année sous le signe du retour à la normale après la parenthèse des fêtes. Dans ce paysage audiovisuel en recomposition, M6 signe la meilleure dynamique hebdomadaire grâce à ses valeurs sûres de l’access, tandis que TMC accuse un net repli privé de ses téléfilms de Noël. France 2, de son côté, profite pleinement des événements de fin d’année et d’un journal performant. Décryptage détaillé d’une semaine charnière pour les audiences.
Chaque début d’année constitue un moment stratégique pour les diffuseurs. Finies les grilles atypiques de Noël, place au retour des marques fortes, aux rendez-vous d’information structurants et à la bataille quotidienne pour l’attention des téléspectateurs. Les chiffres publiés pour la semaine 1 de 2026 offrent ainsi un indicateur précieux de la santé réelle des chaînes en ce début de saison hivernale.
Une semaine de transition après la trêve des fêtes
La période comprise entre la fin décembre et les premiers jours de janvier est toujours particulière. Pendant les vacances scolaires, les habitudes d’écoute sont bouleversées : davantage de télévision en journée, un public familial plus présent, et une programmation largement composée de divertissements, de films et de spectacles événementiels.
À partir du 1er janvier, la plupart des chaînes amorcent un retour progressif à leurs grilles classiques : journaux renforcés, talks sur la TNT, feuilletons quotidiens, magazines d’information. Cette bascule explique en grande partie les mouvements observés cette semaine, avec des chaînes qui capitalisent sur leurs piliers éditoriaux… et d’autres qui peinent à maintenir l’élan acquis pendant les fêtes.
M6 : une stratégie d’access gagnante et une dynamique solide
La performance la plus commentée de la semaine est sans conteste celle de M6. La chaîne privée atteint 8,2 % de part d’audience (PDA) auprès de l’ensemble du public (4 ans et plus), soit une progression de 0,5 point sur une semaine et de 0,6 point sur un an.
Ce résultat est d’autant plus notable qu’il s’inscrit dans un contexte contrasté. Sur le terrain du prime time, certains choix éditoriaux n’ont pas rencontré le succès espéré, à l’image de Pandore ou de la rediffusion de Mary Poppins, qualifiés de déceptions d’audience. Pourtant, la chaîne a su compenser ces fragilités grâce à un levier stratégique majeur : l’access.
Entre 17 heures et 21 heures, M6 a consolidé une tranche devenue centrale dans sa politique de programmation. Deux marques en particulier ont joué un rôle moteur :
- La Roue de la Fortune, relancée avec succès, continue de séduire un public large et familial, combinant nostalgie et accessibilité.
- Scènes de ménages, toujours très performante, confirme son statut de valeur refuge capable de fédérer quotidiennement plusieurs millions de fidèles.
Ce duo assure à M6 une stabilité précieuse à un moment où la concurrence sur l’access est particulièrement intense. Dans un environnement où la fidélité des téléspectateurs devient rare, cette régularité constitue un atout stratégique majeur pour la chaîne du groupe M6.
France 2 : l’effet événements et la force de l’information
Autre grande gagnante de cette première semaine de 2026 : France 2. La chaîne publique enregistre une progression de 1,3 point sur une semaine, une évolution significative qui s’explique par une combinaison de facteurs éditoriaux.
Comme chaque année, les événements de fin d’année ont joué un rôle structurant dans la performance de la chaîne :
- Le concert du Nouvel An, rendez-vous culturel incontournable, a rassemblé un public fidèle et souvent plus âgé, traditionnellement très attaché à France Télévisions.
- La soirée du 31 décembre a bénéficié d’un positionnement fédérateur, capable de concurrencer efficacement les offres de divertissement des chaînes privées.
Mais au-delà de ces rendez-vous ponctuels, c’est surtout la solidité de la tranche 18h-21h qui retient l’attention. Le journal de 20 heures de France 2 aurait atteint, selon les données communiquées, son plus haut niveau depuis début octobre. Un signal fort à l’heure où l’information télévisée demeure un pilier de crédibilité et de fidélisation.
Cette dynamique illustre également une tendance de fond : dans un contexte d’actualité dense et parfois anxiogène, les téléspectateurs continuent de se tourner massivement vers les grandes chaînes historiques pour s’informer, au détriment des plateformes et des réseaux sociaux jugés moins fiables.
TMC : la fin des téléfilms de Noël provoque une chute brutale
À l’inverse, la désillusion de la semaine concerne TMC. La chaîne TNT du groupe TF1, qui avait profité d’une dynamique exceptionnelle pendant les fêtes grâce à ses téléfilms de Noël, voit sa part d’audience retomber à 2,6 % auprès des 4 ans et plus, soit une perte de 0,7 point en une semaine.
Cette baisse n’a rien d’anecdotique. Elle illustre la fragilité des performances construites sur des événements saisonniers. Les téléfilms de Noël, souvent redoutablement efficaces sur le plan des audiences, créent un effet de pic… mais aussi un effet de creux lorsque la programmation reprend un rythme plus classique.
La chute intervient en outre juste avant le retour de Quotidien, émission emblématique de la chaîne. Ce timing souligne une réalité bien connue des professionnels : sans locomotive quotidienne, une chaîne TNT peine à maintenir une part d’audience stable sur la durée.
Pour TMC, l’enjeu des prochaines semaines sera donc clair : transformer le regain de notoriété acquis pendant les fêtes en fidélité durable, notamment grâce à ses marques fortes du début de soirée.
France Télévisions en retrait sur un an malgré la bonne santé de France 2
Le paradoxe de la semaine réside dans la situation globale du groupe France Télévisions. Si France 2 progresse nettement, l’ensemble du groupe affiche pourtant un recul de 0,8 point de part d’audience sur un an.
Cette contre-performance relative met en lumière plusieurs enjeux structurels :
- La fragmentation croissante de l’audience entre les nombreuses chaînes du groupe (France 2, France 3, France 4, France 5, Franceinfo).
- La concurrence accrue des plateformes de streaming, qui capte une part significative du public, notamment chez les moins de 50 ans.
- Des performances inégales selon les antennes, certaines peinant à imposer des rendez-vous forts et identifiables.
Dans le même temps, les groupes privés affichent une dynamique inverse. Le groupe M6 progresse de 0,2 point sur un an, tandis que le groupe TF1 gagne 0,5 point. Un écart qui, s’il reste modéré, confirme une tendance de fond : les chaînes commerciales parviennent actuellement mieux à capitaliser sur leurs marques fortes et à optimiser leurs grilles pour séduire le public global.
Ce que révèlent vraiment ces audiences sur les comportements des téléspectateurs
Au-delà des chiffres bruts, cette première semaine de 2026 offre un éclairage intéressant sur l’évolution des usages.
D’abord, elle confirme l’importance stratégique de l’access prime time. Les succès de M6 reposent moins sur ses primes que sur sa capacité à installer des rendez-vous quotidiens fédérateurs. Dans un univers où le téléspectateur peut zapper à tout moment ou basculer vers une plateforme, la régularité devient un facteur clé de performance.
Ensuite, elle montre que les événements restent puissants. Concert du Nouvel An, soirées spéciales, programmes liés au calendrier : ces contenus continuent de créer du rendez-vous et de la valeur d’audience, notamment pour les chaînes historiques.
Enfin, elle met en évidence la volatilité des audiences de la TNT. Le cas de TMC est emblématique : une programmation événementielle peut booster fortement la chaîne sur quelques semaines, mais sans stratégie de continuité, l’effet s’estompe rapidement.
Un début d’année révélateur des batailles à venir
Si cette semaine 1 ne préjuge pas à elle seule de l’année 2026, elle en dessine déjà certaines lignes de force.
Pour M6, l’enjeu sera de consolider cette dynamique et de transformer la réussite de l’access en levier pour renforcer ses soirées. La chaîne devra notamment réussir à proposer des fictions et divertissements événementiels capables de rivaliser avec les grandes marques de TF1 et France 2.
Pour France 2, la priorité sera de prolonger l’élan de début d’année en capitalisant sur la crédibilité de son information et la force de ses grands rendez-vous. La question centrale demeure : comment attirer davantage les publics plus jeunes, aujourd’hui plus enclins à consommer l’information ailleurs ?
Pour TMC enfin, le défi est celui de la fidélisation. Le retour de Quotidien sera scruté de près, tant l’émission de Yann Barthès constitue un pilier de l’identité de la chaîne. Sa capacité à enrayer la baisse et à reconstruire une dynamique durable sera déterminante pour la suite de la saison.
Une semaine qui rappelle que la télévision reste un média vivant
Malgré la montée en puissance des plateformes et la transformation des usages, ces audiences démontrent que la télévision linéaire conserve une force considérable. Les programmes capables de créer de l’événement, de la proximité ou de l’habitude continuent de rassembler massivement.
Le début de l’année 2026 s’ouvre donc sur un paysage contrasté mais riche d’enseignements : une M6 solide sur ses fondamentaux, une France 2 portée par l’événement et l’information, et une TNT toujours plus dépendante de ses locomotives éditoriales. Autant d’indicateurs qui donnent déjà le ton des batailles médiatiques à venir dans les prochains mois.
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