La rentrée télévisuelle de ce lundi 5 janvier 2026 a donné lieu à une bataille serrée en première partie de soirée. Entre la fiction historique ambitieuse de France 2, le cinéma populaire de TF1 et la valeur sûre de M6 incarnée par Philippe Etchebest, les grandes chaînes généralistes ont chacune défendu un positionnement éditorial affirmé. Verdict des chiffres Médiamétrie : TF1 décroche un leadership relatif, M6 crée l’événement avec un record de saison, tandis que France 3 confirme la solidité de sa case cinéma.
Dans un contexte de fragmentation accrue des audiences et de concurrence renforcée par les usages numériques, cette soirée constitue un indicateur instructif des équilibres actuels du paysage audiovisuel français.
TF1, leader sans triomphe avec Kad Merad
TF1 a fait le choix du cinéma grand public pour entamer l’année 2026. La chaîne privée proposait Le gendre de ma vie, comédie française sortie en salles en 2018, portée par Kad Merad et Julie Gayet.
Le film a rassemblé 2,33 millions de téléspectateurs, soit 14,2 % de part d’audience auprès des 4 ans et plus. Un score suffisant pour placer TF1 en tête des audiences de la soirée, mais qui traduit néanmoins un léger recul par rapport aux performances habituelles de la chaîne sur ce créneau.
Ce leadership qualifié de « petit » illustre une réalité structurelle : même en position dominante, TF1 ne parvient plus à fédérer massivement l’audience linéaire comme par le passé. Le film, déjà largement exposé sur les antennes et plateformes, a bénéficié de la notoriété de son casting mais n’a pas déclenché d’effet événementiel majeur.
D’un point de vue stratégique, la chaîne conserve toutefois l’essentiel : la première place, un socle d’audience stable et une offre cohérente avec son ADN éditorial.
France 2, un lancement prudent pour « Mitterrand, confidentiel »
France 2 jouait une carte plus ambitieuse sur le plan éditorial avec le lancement de la série Mitterrand : confidentiel. Après le succès de Meurtres au paradis, la chaîne publique proposait une fiction politique incarnée par Denis Podalydès, dans le rôle de François Mitterrand.
Les deux premiers épisodes ont respectivement réuni 2,00 millions puis 1,65 million de téléspectateurs, pour des parts de marché de 10,9 % et 10,8 % auprès de l’ensemble du public.
Un démarrage correct mais en deçà des ambitions initiales, qui ne permet pas à France 2 de s’imposer face à la concurrence directe. La série, saluée pour sa rigueur historique et son interprétation, pâtit sans doute d’un sujet exigeant et d’un ton introspectif, moins fédérateur en prime time.
La prise de parole médiatique de Mazarine Pingeot autour de la fiction a contribué à nourrir l’intérêt éditorial, sans toutefois générer un surcroît d’audience significatif. France 2 privilégie ici une logique de prestige et de service public, assumant un positionnement moins consensuel mais plus identitaire.
M6 frappe fort, record de saison pour « Cauchemar en cuisine »
La performance la plus marquante de la soirée est sans conteste à mettre au crédit de M6. La chaîne a temporairement délaissé le jeu Pandore pour proposer un inédit de Cauchemar en cuisine, l’un de ses programmes emblématiques.
Philippe Etchebest s’est rendu à Beussent, dans le Pas-de-Calais, pour venir en aide à des restaurateurs en difficulté. Un cadre rural, une détresse économique tangible et une mécanique narrative parfaitement rodée : la recette a une nouvelle fois fonctionné.
L’émission a rassemblé 2,02 millions puis 1,74 million de téléspectateurs, correspondant à 11 % et 11,6 % de part d’audience. Il s’agit du meilleur score de la saison pour le programme.
Au-delà des chiffres, ce succès confirme la puissance d’incarnation de Philippe Etchebest et la pertinence d’un format mêlant émotion, confrontation et accompagnement. Dans un paysage fragmenté, Cauchemar en cuisine demeure l’une des rares marques capables de créer un rendez-vous fédérateur sur M6.
France 3 confirme la solidité de sa case cinéma
France 3 n’est pas en reste. Après deux semaines de pause, la chaîne proposait le film Les apparences, avec Karin Viard et Benjamin Biolay, juste après Un si grand soleil.
Le long-métrage a attiré 1,98 million de téléspectateurs, pour une part d’audience de 11,9 %. Une performance notable qui permet à France 3 de se classer deuxième chaîne nationale de la soirée, en nette progression par rapport à la semaine précédente.
Ce résultat illustre la fidélité du public de la chaîne à une offre cinématographique exigeante mais accessible, souvent portée par des acteurs reconnus. France 3 consolide ainsi son positionnement de chaîne culturelle et populaire, capable de rivaliser ponctuellement avec les mastodontes du prime time.
Sur la TNT, W9 tire son épingle du jeu
Du côté de la TNT, W9 se distingue avec la rediffusion du film Insaisissables. Diffusé quelques semaines seulement après son passage sur M6, le premier volet de la saga a fédéré 700 000 téléspectateurs, soit 4,6 % de part d’audience.
La chaîne du groupe M6 devance ainsi TMC et son film Expendables : Unité spéciale, confirmant l’attrait persistant du cinéma spectaculaire sur les chaînes secondaires.
Tableau récapitulatif des audiences – Prime time du lundi 5 janvier 2026
| Chaîne | Programme | Téléspectateurs | PDA 4+ |
|---|---|---|---|
| TF1 | Le gendre de ma vie | 2 334 000 | 14,2 % |
| France 2 | Mitterrand : confidentiel | 2 001 000 | 10,9 % |
| France 3 | Les apparences | 1 982 000 | 11,9 % |
| M6 | Cauchemar en cuisine | 2 021 000 | 11 % |
| W9 | Insaisissables | 700 000 | 4,6 % |
Une rentrée révélatrice des équilibres du paysage audiovisuel
Cette soirée du 5 janvier 2026 illustre avec acuité les dynamiques actuelles de la télévision française. TF1 conserve son statut de leader, mais sans écrasement. France 2 poursuit une stratégie de contenus ambitieux, au risque d’audiences plus mesurées. M6 capitalise sur ses marques fortes, tandis que France 3 confirme la pertinence de son offre cinématographique.
Dans un environnement marqué par la concurrence des plateformes et la volatilité des usages, la capacité à proposer des programmes identifiables, incarnés et émotionnellement engageants demeure un facteur clé de performance.
Les prochaines semaines permettront de mesurer la tenue dans la durée de ces choix éditoriaux, alors que la bataille de l’attention ne cesse de s’intensifier.
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