Bernard Larmande : Qui était sa femme, la talentueuse comédienne Sylvie Genty ? Hommage après son décès à 85 ans

Bernard Larmande : Qui était sa femme, la talentueuse comédienne Sylvie Genty ? Hommage après son décès à 85 ans

Auteur : Aurore BAUDRY

Date : 18 novembre 2025 à 20:41

Le monde du spectacle français pleure la disparition d'une figure emblématique. Le 17 novembre 2025, Bernard Larmande, acteur charismatique connu pour son rôle inoubliable de médecin légiste dans la série culte Navarro, s'est éteint à l'âge de 85 ans. Né dans le sud de l'Ardèche, cet homme au parcours riche a non seulement marqué le petit écran par ses performances nuancées, mais il a aussi partagé sa vie avec une autre artiste talentueuse : Sylvie Genty. Cette comédienne, écrivaine et voix légendaire du doublage, a accompagné Bernard dans une union artistique et personnelle profonde jusqu'à son propre décès en 2022. Dans cet article détaillé, nous retraçons leur histoire commune, leurs carrières respectives et l'héritage qu'ils laissent derrière eux. Un récit qui célèbre l'amour, le talent et la passion pour le théâtre et la télévision.

Pourquoi Bernard Larmande et Sylvie Genty fascinent-ils encore aujourd'hui ? Leur duo n'était pas seulement un partenariat marital ; c'était une symbiose créative qui a illuminé les scènes et les écrans français pendant des décennies. De Navarro à Tribunal, en passant par les planches du théâtre, explorons ensemble les facettes de ces deux âmes d'artistes.

 

Les origines ardéchoises de Bernard Larmande, Un talent repéré dès la jeunesse

 

Bernard Larmande voit le jour le 6 octobre 1941 à Villeneuve-de-Berg, un petit village niché dans les collines verdoyantes de l'Ardèche. Fils de la terre provençale, il grandit au rythme des marchés locaux et des contes populaires qui imprègnent la culture du Sud. Dès son adolescence, une passion pour les mots et les personnages le pousse vers le théâtre amateur. C'est à la fin des années 1960 que son destin bascule : Jean Vilar, le légendaire fondateur du Festival d'Avignon, le repère lors d'une représentation locale. Ce moment pivotal l'emmène directement au Centre dramatique national de Nice, sous la direction éclairée de Gabriel Monnet.

À Nice, Bernard affine son art, apprenant à insuffler une authenticité brute à ses rôles. Ses premiers pas professionnels le mènent sur les planches dans des classiques intemporels, où sa présence physique imposante et sa voix chaude captivent le public. Mais c'est au théâtre qu'il forge son style : une interprétation viscérale, ancrée dans l'humain, qui deviendra sa signature. Des années plus tard, en 2011, lors d'une interview accordée au Dauphiné Libéré, Bernard confie : "Dans le Sud Ardèche, j'ai retrouvé ma vraie nature. C'est là que les racines nourrissent l'âme de l'artiste."

Son ascension n'est pas linéaire. Comme beaucoup de comédiens de sa génération, il jongle entre petits rôles et engagements sporadiques. Pourtant, sa persévérance paie. À la fin des années 1970, il commence à s'imposer au théâtre avec des collaborations marquantes, notamment dans des adaptations de Marcel Pagnol. C'est d'ailleurs lors de ces répétitions qu'il tisse des liens indéfectibles avec des figures comme Roger Hanin, qui deviendra non seulement un collègue, mais un ami fidèle.

La transition vers la télévision se fait naturellement. Bernard, avec son charisme discret, excelle dans les seconds rôles qui volent la vedette. Son arrivée dans Navarro en 1989 marque un tournant. Mais avant cela, explorons les fondations de sa carrière théâtrale plus en profondeur.

Durant les années 1970, Bernard participe à une dizaine de productions théâtrales majeures. Parmi elles, des mises en scène contemporaines qui explorent les thèmes de la famille et de la société rurale, inspirées de ses origines ardéchoises. Il n'hésite pas à revisiter des auteurs comme Molière ou Ionesco, apportant une touche provençale à des dialogues universels. Ces expériences forgent en lui une polyvalence rare : capable d'incarner un paysan bourru comme un intellectuel tourmenté.

Son engagement au Festival d'Avignon, sous l'égide de Vilar, lui ouvre les portes d'un réseau prestigieux. Il y côtoie des talents émergents et des vétérans, absorbant les leçons d'une dramaturgie vivante. Aujourd'hui, en repensant à ces débuts, on mesure à quel point l'Ardèche a été le terreau fertile de son génie. Sans ces racines, aurait-il su transmettre cette authenticité qui touchait tant de cœurs ?

 

La carrière télévisuelle fulgurante de Bernard Larmande, De Navarro à Plus belle la vie

 

Si le théâtre a été l'école de Bernard Larmande, la télévision en a fait une star nationale. Dès les années 1980, il enchaîne les apparitions dans des feuilletons populaires. Son premier rôle marquant arrive avec Les dames de la côte, où il incarne un personnage ambigu, mi-méchant mi-victime, démontrant sa capacité à nuancer les antagonistes.

Mais c'est Navarro, diffusé de 1989 à 2007 sur TF1, qui le propulse au panthéon des séries policières françaises. Dans cette saga culte créée par Marcel Bluwal et Gilles Béhat, Bernard prête ses traits au Dr Salvo Carlo, le médecin légiste au franc-parler et à l'humour pince-sans-rire. À ses côtés, Roger Hanin en commissaire Navarro forme un duo iconique, alliant enquête musclée et dialogues ciselés. Pendant 18 saisons et plus de 170 épisodes, Salvo Carlo dissèque non seulement les corps, mais aussi les âmes tourmentées des suspects.

Le succès de Navarro est phénoménal : audiences records, rediffusions interminables, et un impact culturel durable. Bernard Larmande, avec sa moustache distinguée et son regard perçant, devient le visage rassurant de la justice scientifique. Les fans adorent ses répliques acerbes, comme celle où il lance à Navarro : "Les morts ne mentent pas, mais les vivants, eux..." Cette série non seulement booste sa popularité, mais consolide son amitié avec Hanin, avec qui il collaborera plus tard sur l'adaptation télévisée de La trilogie marseillaise de Pagnol.

Après Navarro, Bernard ne ralentit pas. Dans Tribunal (1990-1993), il joue le maître Labrousse, un avocat chevronné aux plaidoiries imparables. Puis vient Le retour d'Arsène Lupin, où il effleure le mystère avec finesse. Les années 2000 le voient briller dans Plus belle la vie, le soap opera marseillais de France 3. De 2004 à 2010, il incarne Henri Cantorel, un pharmacien au cœur des intrigues familiales et amoureuses. Son arrivée dans la série rafraîchit le casting, apportant une maturité bienvenue aux arcs narratifs.

Plus récemment, jusqu'en 2022, Bernard rejoint En famille sur M6, dans le rôle de René, un patriarche espiègle aux côtés de Marie-Pierre Casey. Ce personnage, mélange de tendresse et de gouaille, reflète parfaitement son héritage provençal. Au total, sa filmographie télévisuelle compte plus de 50 apparitions, chacune marquée par une intensité personnelle.

Pour illustrer la diversité de ses rôles, voici un tableau récapitulatif des productions phares de Bernard Larmande :

Série/Film Rôle Années Chaîne
Navarro Dr Salvo Carlo (médecin légiste) 1989-2007 TF1
Tribunal Maître Labrousse 1990-1993 France 2
Plus belle la vie Henri Cantorel 2004-2010 France 3
En famille René 2018-2022 M6
Les dames de la côte Personnage secondaire 1980s Antenne 2

 

Ce tableau met en lumière la longévité de sa carrière, couvrant plus de quatre décennies. Chaque rôle a contribué à bâtir une image d'acteur fiable, capable de s'adapter à tous les genres.

 

Sylvie Genty, La voix iconique et l'épouse complice de Bernard Larmande

 

Derrière chaque grand homme se cache une grande femme, dit-on. Pour Bernard Larmande, cette femme était Sylvie Genty, une artiste aux multiples talents qui a su conjuguer théâtre, écriture et doublage avec une grâce incomparable. Née le 12 novembre 1951 dans le 11e arrondissement de Paris, Sylvie grandit dans l'effervescence culturelle de la capitale. Passionnée de littérature dès l'enfance, elle s'oriente naturellement vers le Conservatoire de Nice, où elle rencontre son futur époux, puis vers le prestigieux Conservatoire national supérieur d'art dramatique (CNSAD).

Ses débuts sur scène sont fulgurants. Dès les années 1970, elle excelle dans des pièces comme Dialogues des Carmélites de Georges Bernanos, où sa voix claire et émouvante porte les tourments spirituels des nonnes. Suivent des adaptations audacieuses, telles que Candide de Voltaire, où elle infuse une ironie mordante à ses répliques. Mais Sylvie ne se limite pas aux planches : elle est aussi une plume affûtée. En 1994, elle signe La Palatine ou les Jours de rien, une pièce originale qui explore les silences de l'Histoire à travers le regard d'Élisabeth-Charlotte de Bavière. Cette œuvre, jouée dans plusieurs théâtres parisiens, révèle son talent d'écrivaine, mêlant poésie et introspection.

Le doublage devient rapidement son domaine de prédilection. Dès les années 1980, Sylvie prête sa voix à des icônes internationales. C'est elle qui donne vie à Sigourney Weaver en français dans la saga Alien, capturant la force farouche de l'héroïne Ripley. Son timbre grave et assuré colle parfaitement à l'actrice américaine, faisant d'elle la voix attitrée pour des films comme Avatar (2009 et sa suite en 2022), Ghostbusters ou encore Working Girl. Des milliers de spectateurs français ont découvert Weaver grâce à Sylvie, qui a doublé plus de 50 productions hollywoodiennes.

À la télévision, Sylvie brille dans Tribunal, où elle incarne la maître Bataille, une avocate intrépide. Ironie du sort, son mari Bernard y joue Labrousse, créant un duo conjugal à l'écran qui reflète leur complicité réelle. Ensemble, ils naviguent les méandres judiciaires fictifs avec une alchimie palpable, rendant les épisodes inoubliables.

Sylvie Genty s'éteint le 16 décembre 2022 dans le 18e arrondissement de Paris, à 71 ans. Son décès, survenu après une carrière éblouissante, laisse un vide immense. Comme le soulignent ses pairs, elle était une "voix d'or" qui transcendait les frontières linguistiques.

Pour mieux appréhender son apport au doublage, examinons ce tableau des rôles vocaux emblématiques :

Actrice doublée Film/Série Années Impact notable
Sigourney Weaver Alien (saga) 1979-1997 Voix française d'Ellen Ripley
Sigourney Weaver Avatar 2009-2022 Grace Augustine dans les suites
Autres (divers) Ghostbusters 1984 Rôles secondaires forts
Autres Working Girl 1988 Tess McGill ambitieuse

 

Ces doublages ont non seulement popularisé Sylvie, mais ont aussi influencé des générations de fans de science-fiction et de drames.

 

Une union artistique, La rencontre et la vie commune de Bernard et Sylvie

 

L'histoire d'amour entre Bernard Larmande et Sylvie Genty est un conte de fées moderne, né des feux de la rampe. Leur rencontre au Centre dramatique de Nice, dans les années 1970, est un coup de foudre professionnel autant qu'amoureux. Partageant des répétitions intenses et des discussions nocturnes sur l'art, ils se découvrent une vision commune : le théâtre comme miroir de l'âme humaine.

Leur mariage, discret mais solide, donne naissance à un fils, Adrien Larmande, qui perpétue la dynastie artistique en se spécialisant dans le doublage. Adrien, avec sa voix polyvalente, a travaillé sur des productions internationales, honorant l'héritage parental.

Professionnellement, leur complicité culmine dans Tribunal, où leurs personnages s'affrontent et se complètent. Hors caméra, ils soutiennent mutuellement leurs projets : Bernard encourage les écrits de Sylvie, tandis qu'elle affine ses interprétations télévisuelles. Ensemble, ils participent à des festivals, comme Avignon, où ils revivent leurs débuts.

Malgré les défis – tournages éloignés, pressions médiatiques – leur lien reste inébranlable. Sylvie, décédée en 2022, laisse Bernard dans un deuil profond, qu'il porte avec dignité jusqu'à son propre départ en 2025. Des témoignages d'amis, comme ceux publiés sur les réseaux sociaux suite à son décès, rappellent : "Bernard et Sylvie étaient l'incarnation de l'amour artiste."

Leur fils Adrien, dans une rare interview, évoque un foyer empli de rires et de répliques improvisées, où le métier n'était pas un fardeau, mais une joie partagée.

 

L'héritage durable de Bernard Larmande et Sylvie Genty, Un impact sur le spectacle français

 

Aujourd'hui, trois ans après le décès de Sylvie et à peine un jour après celui de Bernard, leur legs résonne plus fort que jamais. Navarro continue d'être rediffusée, introduisant Salvo Carlo à de nouvelles générations. Les doublages de Sylvie pour Sigourney Weaver persistent dans les streaming, immortalisant sa voix iconique.

Le couple a influencé une vague de comédiens : leur approche authentique inspire les jeunes talents à valoriser les racines régionales. Des associations théâtrales en Ardèche portent désormais leur nom, organisant ateliers et spectacles en leur honneur.

Sur les réseaux, les hommages affluent. Des posts récents sur X (anciennement Twitter) expriment la tristesse des fans : "Bernard Larmande, c'était la voix de mon enfance devant Navarro. Repose en paix." De même pour Sylvie : "Sa voix pour Weaver dans Alien m'a marquée à vie."

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