Contexte de la convocation d'Alexandra Gonzalez
Le lundi 6 octobre 2025, la Société des journalistes (SDJ) de BFMTV a publié un communiqué de soutien à Alexandra Gonzalez, cheffe adjointe du service police-justice. Elle avait été convoquée par Camille Langlade, directrice de la rédaction, suite à son intervention à l'antenne lors de la condamnation de Nicolas Sarkozy pour son implication dans l'affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007. Les reproches portaient sur un supposé parti pris envers les magistrats ayant conduit l'instruction.
Les accusations et le rôle des journalistes
Selon Mediapart, il a été reproché à Alexandra Gonzalez un « positionnement jugé trop favorable aux magistrats et au jugement ». Puremédias a confirmé cette information. La SDJ a réagi rapidement, rappelant que le rôle des journalistes consiste à rapporter les faits de manière rigoureuse et impartiale.
Le communiqué de la SDJ, rappel des principes journalistiques
Dans son communiqué, la SDJ souligne : « La SDJ de BFMTV tient à rappeler que le travail des journalistes est de rapporter et de rappeler les faits, de manière non partisane et rigoureuse. » Elle affirme également soutenir Alexandra Gonzalez et refuse que la simple présentation de faits dans un contexte de débat soit interprétée comme un parti pris.
Extrait de l'échange en plateau
L’échange qui a suscité la polémique concernait la fameuse note libyenne publiée par Mediapart en 2012. Olivier Truchot avait évoqué le caractère « probablement faux » de ce document. Alexandra Gonzalez avait répondu :
« Ce qui compte, c'est quand même dix ans d'instruction menée par des juges indépendants, pas par des journalistes. Elle ne repose pas sur une note qui est fausse. »
Elle a également rappelé le rôle fondamental des journalistes pour publier les informations disponibles, y compris en période électorale.
Contexte concurrentiel des chaînes d'information
Cette controverse survient alors que BFMTV subit la pression de la concurrence, notamment face à CNews. En septembre, CNews a atteint un niveau historique de 3,9 % de part d’audience contre 2,9 % pour BFMTV.
Comparatif des audiences (Septembre 2025)
| Chaîne | Part d’audience | Commentaire |
|---|---|---|
| CNews | 3,9 % | Record historique |
| BFMTV | 2,9 % | En baisse face à CNews |
La fameuse « note libyenne » au cœur de la polémique
La note libyenne, signée par l'ex-chef du renseignement libyen, évoquait un financement potentiel de 50 millions d’euros pour la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Le tribunal correctionnel, lors du jugement, a estimé que ce document était probablement un faux, faute de preuves suffisantes. Cependant, le cofondateur de Mediapart, Edwy Plenel, rappelle que la justice française a validé le travail journalistique du site à plusieurs reprises, confirmant le non-lieu pour Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux.
Réactions dans le monde journalistique
Alain Duhamel, éditorialiste reconnu, a critiqué la diffusion de présomptions entre les tours de l’élection présidentielle de 2012. Alexandra Gonzalez a défendu la nécessité de fournir au public toutes les informations disponibles, soulignant l’importance de la transparence journalistique.
Conséquences et perspectives pour BFMTV
Cette affaire illustre les tensions internes entre direction et rédaction et reflète la pression médiatique exercée par la concurrence. La SDJ, en soutenant sa journaliste, affirme l’importance de protéger l’indépendance éditoriale et le respect des principes fondamentaux du journalisme.
La convocation d’Alexandra Gonzalez et le soutien public de la SDJ soulignent un enjeu majeur pour les médias français : concilier rigueur journalistique et pressions internes ou externes. Cette affaire est un rappel que le journalisme exige impartialité, transparence et courage, même dans les contextes médiatiques et politiques les plus sensibles.
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