Saint-Tropez, le 7 janvier. Brigitte Bardot a été inhumée mercredi dans l’intimité, fidèle jusqu’au dernier geste à la cause qui a redéfini sa vie publique après le cinéma. L’icône française repose désormais vêtue d’un tee-shirt noir orné d’un phoque en strass et d’une broche représentant le même animal, emblème absolu de son engagement pour la défense des animaux. Un symbole fort, assumé, qui scelle l’un des parcours militants les plus marquants du XXe siècle.
La Fondation Brigitte Bardot l’a confirmé jeudi à l’AFP : ce choix vestimentaire n’avait rien d’anecdotique. Il raconte une histoire, celle d’une femme dont la notoriété mondiale a été mise au service d’un combat viscéral contre la souffrance animale.
Un dernier hommage à l’animal qui a tout changé
Le phoque n’est pas un motif décoratif parmi d’autres dans l’univers de Brigitte Bardot. Il est le point de bascule de son existence publique. En 1977, alors qu’elle est déjà une star internationale, l’actrice se rend sur la banquise canadienne pour dénoncer la chasse aux bébés phoques. Les images de cette campagne, où elle apparaît vêtue de blanc, un blanchon dans les bras, font le tour du monde.
La photographie choisie pour le faire-part de décès et exposée en grand format noir et blanc dans l’église de Saint-Tropez lors des obsèques est issue de cette opération. Un choix lourd de sens, qui rappelle que cette séquence a définitivement ancré Bardot dans le rôle de militante, bien au-delà de son statut d’ancienne actrice.
« Ce n’était pas une posture, ni une parenthèse médiatique », souligne la Fondation. « Le phoque est devenu le symbole d’une révolte profonde face à la cruauté infligée aux animaux. »
Une inhumation fidèle à une vie de convictions
Selon la Fondation Brigitte Bardot, l’actrice reposait dans un « tee-shirt noir avec un phoque stylisé en strass », accompagné d’une broche identique. Cette dernière a été ajoutée par son époux, Bernard d’Ormale, ultime geste personnel dans une cérémonie volontairement sobre.
Ce choix tranche avec les usages habituels des funérailles de personnalités publiques. Il reflète une constante chez Brigitte Bardot : le refus des codes, des honneurs et de toute forme de récupération symbolique qui ne soit pas directement liée à son combat.
Dans un message publié sur le réseau X, la Fondation a rappelé que « ce qui la guidait avant tout, ce n’était pas les honneurs, mais son combat pour les animaux ». Une ligne de conduite qu’elle n’a jamais déviée, même lorsque ses prises de position suscitaient controverses et incompréhensions.
De l’icône du cinéma à la figure centrale de la cause animale
Réduire Brigitte Bardot à ses rôles mythiques serait passer à côté de l’essentiel de son héritage. Certes, elle fut l’incarnation de la liberté féminine à l’écran dans les années 1950 et 1960, une star planétaire dont l’image a profondément marqué la culture populaire. Mais dès les années 1970, elle tourne le dos au cinéma pour se consacrer presque exclusivement à la défense animale.
La création de la Fondation Brigitte Bardot en 1986 institutionnalise un engagement déjà ancien. Depuis, l’organisation est devenue un acteur majeur de la protection animale en France et à l’international, intervenant sur des dossiers aussi variés que :
- la lutte contre la maltraitance domestique,
- la dénonciation des élevages intensifs,
- l’opposition à certaines pratiques de chasse,
- la protection des espèces sauvages menacées.
Le phoque, toutefois, reste l’animal-totem de Bardot, celui par lequel son combat a pris une dimension mondiale.
Saint-Tropez, lieu de repos et de mémoire
Brigitte Bardot repose désormais au cimetière marin de Saint-Tropez, le village qui a façonné sa légende autant qu’elle a contribué à sa renommée internationale. C’est là, non loin de la maison de pêcheur où elle a vécu ses dernières années, qu’elle a été inhumée mercredi.
Le choix de ce lieu n’a rien de fortuit. Saint-Tropez représente à la fois l’ancrage intime de Bardot et le théâtre de son retrait progressif du monde médiatique. Elle y menait une vie volontairement discrète, entourée d’animaux, loin des projecteurs qu’elle avait pourtant contribué à attirer sur le village dès les années 1950.
Décédée le 28 décembre à l’âge de 91 ans des suites d’un cancer, Brigitte Bardot s’est éteinte dans ce même décor méditerranéen, fidèle à son refus de l’exil et à son attachement viscéral à ce territoire.
Un héritage militant appelé à durer
Au-delà de l’émotion suscitée par sa disparition, la question de l’héritage de Brigitte Bardot se pose avec acuité. Son combat, souvent radical, parfois clivant, a contribué à faire évoluer le regard porté sur la condition animale en France.
Bien avant que la protection animale ne devienne un sujet central du débat public, Bardot dénonçait déjà :
- la banalisation de la souffrance animale,
- l’industrialisation de l’élevage,
- l’hypocrisie des politiques publiques sur le bien-être animal.
Sa parole, portée par une notoriété exceptionnelle, a ouvert des brèches que de nombreuses associations et militants ont ensuite élargies. Si ses méthodes et ses prises de position ont parfois divisé, leur impact, lui, demeure indéniable.
Le phoque comme fil rouge d’une vie engagée
Que Brigitte Bardot repose aujourd’hui avec un phoque sur le cœur n’est pas un détail esthétique. C’est un message. Celui d’une femme qui a choisi d’être définie, jusque dans la mort, par ce combat plutôt que par sa gloire passée.
Dans l’imaginaire collectif, cette image résonne comme une synthèse parfaite de son parcours : une ancienne star devenue militante, une figure controversée mais indissociable de la cause animale, une voix qui, qu’on l’ait approuvée ou non, n’a jamais cessé de déranger.
À Saint-Tropez, face à la mer, Brigitte Bardot repose désormais sous le signe de l’animal qui a changé sa vie — et, à bien des égards, contribué à changer le regard de toute une société.
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