Saint-Tropez, 28 décembre 2025 — Légende du cinéma français, militante infatigable pour les animaux, figure à la fois admirée et controversée, Brigitte Bardot s’est éteinte à l’aube de ce dimanche 28 décembre 2025 à l’âge de 91 ans, entourée de son époux à La Madrague, sa résidence de Saint-Tropez, a annoncé sa fondation à l’Agence France-Presse. Son parcours, marqué par une célébrité planétaire, un engagement radical et une dernière apparition publique empreinte de lucidité, laisse une empreinte profonde dans la culture française et internationale.
Ce récit retrace les derniers instants publics de Brigitte Bardot, ce qu’ils disent de sa relation à la célébrité et comment l’histoire collective retient aujourd’hui son héritage.
Un dernier éclairage public, sept mois avant sa disparition
Pour la dernière fois devant les caméras, Brigitte Bardot avait accepté de parler, non pour se raconter, mais pour faire entendre sa cause. Invitées de l’antenne de BFMTV il y a environ sept mois, elle avait ouvert les portes de sa vie retirée à Saint-Tropez, où elle vivait entre La Madrague et ce qu’elle appelait « la Garrigue ».
Durant cette interview rare, l’actrice — qui n’était plus apparue publiquement depuis longtemps — avait livré une réflexion intime sur l’emprise de sa notoriété sur son existence. « Je suis prisonnière de moi-même. De toute ma vie, je n’ai pas pu aller dans un bistrot boire un café. Les gens me reconnaissaient […]. Je ne peux pas m’évader de moi », avait-elle déclaré, saisissant avec lucidité le prix personnel de son mythe.
Face aux rumeurs récurrentes sur sa santé et sa disparition, Bardot avait également repris la parole en ligne quelques semaines avant sa mort pour démentir des fausses informations la concernant. Sur son compte X, elle avait notamment rejeté une annonce erronée de décès qui circulait, affirmant qu’elle « allait bien » et n’avait « pas l’intention de tirer sa révérence ».
Une trajectoire entre cinéma, célébrité et engagement
Née le 28 septembre 1934 à Paris, Brigitte Anne-Marie Bardot s’élève rapidement au rang de star mondiale dans les années 1950 et 1960. Sa carrière cinématographique, débutée à la fin des années 1940, prend une ampleur internationale avec Et Dieu… créa la femme (1956), qui fait d’elle l’icône d’une nouvelle époque.
Au cours de sa carrière, Bardot a travaillé avec les plus grands réalisateurs de l’époque et imposé un style et une présence qui inspireront des générations d’actrices. Sa renommée dépasse les frontières françaises, faisant d’elle un symbole de liberté, de glamour et de féminité décomplexée des années d’après-guerre.
En 1973, alors qu’elle est au sommet, elle met un terme à sa carrière pour se consacrer entièrement à la cause animale. En 1986, elle fonde la Fondation Brigitte Bardot, organisation dédiée à la protection des animaux et à la lutte contre la maltraitance, pour laquelle elle consacrera l’essentiel de sa vie jusqu’à ses derniers jours.
Une icône saluée et contestée
La mort de Brigitte Bardot a suscité une vague d’hommages en France et à l’étranger. À Saint-Tropez, la municipalité a salué « l’ambassadrice la plus éclatante » de la commune, rappelant son rôle dans la renommée mondiale du village méditerranéen depuis les années 1950 et affirmant que Bardot « appartient désormais à la mémoire collective » de la cité.
Les hommages ont afflué de tous horizons. Le président de la République a salué une existence de liberté et une « légende du siècle », tandis que des acteurs, réalisateurs et figures publiques ont évoqué la force, la spontanéité et l’impact de son œuvre. :contentReference[oaicite:8]{index=8}
Cependant, la figure de Bardot ne laisse pas place à une image univoque. Aux côtés de son combat pour les animaux, son engagement politique et certaines de ses prises de position ont suscité de fortes controverses au fil des années. Pour beaucoup, cette dualité constitue une part essentielle de l’héritage complexe d’une femme qui ne se contentait pas de suivre l’ordre établi.
La célébrité réinventée, identité, solitude et combat
La dernière présence publique de Bardot révèle autant ses contradictions que sa cohérence profonde : une femme marquée par une carrière mondiale, une solitude choisie et une énergie orientée vers une cause qui lui donnait un sens. Loin des tapis rouges et des projecteurs, elle choisit un combat quotidien aux côtés des animaux, préférant une vie retirée à l’agitation médiatique.
Son commentaire sur l’impossibilité d’un simple café en terrasse, loin d’un effet de style, illustre le prix à payer pour une célébrité devenue mythe. Une célébrité qui, paradoxalement, l’a enfermée dans une figure qu’elle a appris à apprivoiser, dans une intimité de plus en plus rare.
Un héritage en mouvement
À travers la Fondation qu’elle a créée, Brigitte Bardot laisse un héritage matériel et symbolique puissant. Son engagement a transformé la manière dont la société française, puis mondiale, considère le bien-être animal et les responsabilités humaines vis-à-vis des espèces. Le secrétaire général de sa fondation a affirmé dès l’annonce de sa disparition que « tout ce qu’elle a commencé » continuerait.
Son existence traverse l’histoire culturelle du XXe siècle et une partie du XXIe : elle symbolise les libérations sociales, les passions militantes et les contradictions humaines. Brigitte Bardot n’est plus simplement l’actrice d’un siècle passé, elle demeure une figure de référence pour ceux qui étudient l’évolution des représentations, de la célébrité et de l’engagement personnel au service d’une cause.
Alors que le monde observe le silence laissé par sa disparition, son histoire pose une question durable : comment le cinéma, l’activisme et la société se réapproprient-ils les figures emblématiques, tant par leurs éclats que par leurs zones d’ombre ?
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