À quelques heures des obsèques de Brigitte Bardot, organisées ce mercredi 7 janvier à Saint-Tropez, son mari Bernard d’Ormale a livré un témoignage rare et profondément intime sur les derniers instants de l’icône du cinéma français. Au micro de BFMTV, l’homme qui partageait la vie de l’actrice depuis plus de trois décennies évoque la fin d’un amour hors norme, marqué par la pudeur, la fidélité et un attachement indéfectible, loin des projecteurs.
Disparue le dimanche 28 décembre à l’âge de 91 ans, Brigitte Bardot laisse derrière elle une empreinte culturelle et sociétale majeure. Si sa carrière d’actrice a façonné une part essentielle du cinéma français du XXe siècle, son engagement radical et constant pour la cause animale a redéfini la seconde moitié de sa vie publique. Jusqu’au bout, elle aura revendiqué la liberté de vivre et de partir selon ses propres règles.
Dans un contexte de vive émotion nationale et internationale, la parole de Bernard d’Ormale éclaire d’un jour humain et sobre les dernières heures de celle que le monde surnommait « BB ».
Les derniers instants d’une vie partagée loin du tumulte
Bernard d’Ormale était présent lorsque Brigitte Bardot s’est éteinte, dans leur maison de Saint-Tropez, là où l’actrice s’était volontairement retirée du monde depuis plusieurs décennies. Un lieu à son image : discret, protégé, loin de toute mise en scène.
« Le plus émouvant de ma vie avec Brigitte, puisqu’elle partait », confie-t-il, la voix empreinte de retenue. Loin de tout pathos, le récit s’ancre dans des détails simples, presque suspendus.
« Elle a dit “piou piou”, notre petit mot d’amour. Je dormais à moitié. Je me suis soulevé et j’ai vu qu’elle ne respirait plus », raconte-t-il. Puis vient ce moment qu’il décrit comme une forme d’apaisement : « Dans le quart d’heure qui a suivi, j’ai vu sa souffrance partir. Elle est devenue magnifique. »
Ces paroles, prononcées sans emphase, témoignent d’une relation construite sur la durée, la complicité et une intimité préservée. Mariés depuis 1992, Bernard d’Ormale et Brigitte Bardot formaient un couple volontairement éloigné des mondanités, fidèle à une certaine idée de la liberté.
Une maladie affrontée dans la dignité et le silence
Depuis plusieurs mois, Brigitte Bardot luttait contre la maladie. Une épreuve qu’elle avait choisie de traverser à l’abri des regards, fidèle à son refus constant de l’exhibition de l’intime.
« Elle ne méritait pas de souffrir », souffle Bernard d’Ormale, résumant en quelques mots l’injustice ressentie face à la douleur endurée par celle qui avait tant donné, tant aimé, tant combattu.
À 91 ans, l’actrice avait depuis longtemps quitté les plateaux de cinéma, mais n’avait jamais cessé de se battre pour les causes qui lui tenaient à cœur. Jusqu’à ses derniers mois, elle suivait de près les combats menés par sa fondation pour la protection animale, intervenant régulièrement par lettres ouvertes et communiqués.
Sa disparition marque la fin d’un chapitre singulier de la vie culturelle française : celui d’une femme qui, après avoir incarné la liberté à l’écran, avait choisi de la défendre dans le réel, parfois au prix de polémiques et d’incompréhensions.
Le refus d’un hommage national, fidèle à ses convictions
Rapidement après l’annonce de sa mort, l’hypothèse d’un hommage national a émergé. Une reconnaissance institutionnelle à la hauteur de l’influence de Brigitte Bardot sur le cinéma, la mode et l’image de la France à l’étranger.
Une option immédiatement écartée par ses proches.
« On les a envoyés balader », lâche Bernard d’Ormale, sans acrimonie, mais avec une fermeté assumée. « Ce n’est pas son truc. »
Ce refus s’inscrit dans une cohérence totale avec le parcours de l’actrice. Brigitte Bardot n’avait jamais cherché les honneurs officiels. Bien qu’elle ait été décorée de la Légion d’honneur, elle n’était jamais allée la recevoir.
Pour elle, la reconnaissance passait par l’action, non par les cérémonies. Une philosophie que son mari s’efforce aujourd’hui de respecter scrupuleusement.
Des obsèques à Saint-Tropez, en toute sobriété
Les obsèques de Brigitte Bardot se déroulent ce mercredi 7 janvier à Saint-Tropez, dans l’intimité voulue par la famille. La cérémonie, sans faste ni protocole excessif, doit refléter la personnalité d’une femme qui n’a jamais cessé de revendiquer son indépendance.
Quelques personnalités politiques ont néanmoins confirmé leur présence, parmi lesquelles Marine Le Pen et la ministre Aurore Bergé. Une diversité de profils qui illustre l’ampleur transversale de l’influence de Brigitte Bardot, au-delà des clivages.
Saint-Tropez, lieu emblématique de sa vie, apparaît comme une évidence. C’est là que l’actrice avait trouvé refuge, loin de Paris et des plateaux, pour se consacrer à ses combats et à sa vie privée.
Que restera-t-il de Brigitte Bardot ?
Interrogé sur l’héritage que devrait retenir le public, Bernard d’Ormale ne cite ni les films cultes ni les couvertures de magazines.
« J’aimerais que les Français se souviennent de sa générosité, de son caractère, mais surtout de ses actions », insiste-t-il.
Si Brigitte Bardot restera à jamais associée à des œuvres majeures du cinéma français, son engagement pour la cause animale constitue sans doute son legs le plus durable. La fondation qu’elle a créée continue d’agir en France et à l’international, influençant durablement le débat public sur la condition animale.
Personnalité complexe, parfois controversée, elle aura toujours assumé ses prises de position, quitte à choquer. Une liberté de ton et d’action qui fait aujourd’hui partie intégrante de son héritage.
Une figure hors norme, entre mythe et humanité
Au fil des décennies, Brigitte Bardot est devenue bien plus qu’une actrice : un symbole. Symbole de l’émancipation féminine, de la liberté des mœurs, puis d’un engagement radical et sans compromis.
Le témoignage de Bernard d’Ormale rappelle toutefois que derrière l’icône se trouvait une femme vulnérable, aimante, attentive aux siens. Une femme qui, jusqu’à son dernier souffle, aura choisi la discrétion et la fidélité à ses convictions.
Dans un paysage médiatique souvent en quête de spectaculaire, ces paroles sobres et sincères offrent une respiration rare : celle d’un adieu digne, à l’image de la vie que Brigitte Bardot avait décidé de mener.
Commentaires
Soyez le premier à commenter cet article !