À 91 ans, l’icône absolue du cinéma français accepte enfin de répondre sans détour à la question qui la poursuit depuis plus de trente ans : est-elle raciste ? Dans le documentaire événement Bardot, réalisé par Elora Thevenet et Alain Berliner, Brigitte Bardot prête sa voix et livre des excuses, des regrets, mais aussi des explications sur son tempérament explosif. Décryptage complet.
Le documentaire « Bardot », un portrait sans concession de l’icône à 91 ans
Présenté en avant-première au Festival de Cannes 2025, le film Bardot sort en salles ce mercredi 3 décembre 2025. Refusant d’apparaître à l’image (à l’exception d’un bref plan de profil), Brigitte Bardot a néanmoins accepté de commenter elle-même, de sa voix légendaire, les archives et les témoignages qui retracent sa vie.
Des débuts fulgurants à 15 ans dans Et Dieu… créa la femme jusqu’à son retrait du cinéma à seulement 39 ans, en passant par ses combats pour les animaux, le documentaire ne cache rien : ni les tentatives de suicide, ni les scandales, ni les polémiques liées à ses prises de position politiques et sociétales.
Brigitte Bardot et les accusations de racisme, retour sur 30 ans de controverses
Depuis les années 1990, Brigitte Bardot a été condamnée à cinq reprises pour « provocation à la haine raciale ». Ses cibles récurrentes : l’abattage rituel halal et casher, l’immigration, et certaines pratiques culturelles qu’elle associe à la maltraitance animale.
Le point d’orgue reste sa lettre ouverte au préfet de La Réunion en avril 2019, dans laquelle elle qualifiait les Réunionnais d’« autochtones sauvages » ayant conservé « leurs gènes de sauvages » et vivant sur une « île du diable » à la « population dégénérée encore imprégnée des traditions barbares ».
Cette lettre avait provoqué un tollé national. Le parquet avait requis 25 000 € d’amende.
« On lui a posé la question frontalement », les réalisateurs racontent
Interrogés par Le Parisien, Elora Thevenet et Alain Berliner sont unanimes : Brigitte Bardot n’a éludé aucun sujet, même les plus brûlants.
« On lui a posé la question frontalement sur ses propos racistes. Elle s’excuse, elle regrette ces mots, elle reconnaît être impulsive et dit qu’elle ne veut pas faire de généralités. Avec elle, tout le monde prend cher quand des animaux sont maltraités. Elle s’en fiche complètement de la couleur de peau. »
Les réalisateurs insistent : pour BB, la cause animale passe avant toute considération humaine, quelle que soit l’origine des personnes mises en cause.
Les excuses officielles de Brigitte Bardot dans le documentaire
Dans Bardot, l’actrice légendaire déclare (voix off) :
- Avoir été « trop violente » dans ses propos
- Regretter « les mots excessifs » employés en 2019
- Ne jamais avoir voulu « viser une population entière »
- Reconnaître son « caractère de chien » et son impulsivité
- Réaffirmer que la souffrance animale la rend « folle » au point de perdre parfois tout contrôle
Ces excuses, bien que tardives pour certains, sont les plus claires jamais formulées publiquement par Brigitte Bardot sur ce sujet.
Chronologie des condamnations pour propos racistes de Brigitte Bardot
| Année | Motif | Amende |
|---|---|---|
| 1997 | Propos sur l’abattage rituel | 10 000 F |
| 2000 | Livre Le Carré de Pluton | 30 000 F |
| 2004 | Livre Un cri dans le silence | 5 000 € |
| 2008 | Lettre sur l’Aïd el-Kébir | 15 000 € |
| 2021 | Lettre à la Réunion (2019) | 5 000 € (condamnation définitive) |
Une partie des recettes reversée à la Fondation Brigitte Bardot
Comme l’a révélé Elora Thevenet, une partie des bénéfices du documentaire sera directement reversée à la Fondation Brigitte Bardot pour la protection animale. Un geste symbolique qui rappelle que, malgré les polémiques, l’engagement de l’icône pour les animaux reste intact à 91 ans.
Pour les uns, ces regrets exprimés à voix haute dans Bardot sont une forme de rédemption tardive. Pour les autres, ils arrivent trop tard et restent trop conditionnels (« j’ai été trop violente » plutôt que « j’ai été raciste »).
Une chose est sûre : à 91 ans, Brigitte Bardot continue de diviser la France comme personne. Le documentaire Bardot, en salles le 3 décembre 2025, offre enfin l’opportunité d’entendre sa propre version, sans filtre et sans intermédiaire.
À voir absolument pour se faire sa propre opinion.
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