Animateur installé du paysage audiovisuel français, Bruno Guillon signe son retour ce mardi 16 décembre 2025 à la présentation du jeu Chacun son tour sur France 2. Pourtant, cette présence à l’antenne sera de courte durée. À l’approche des fêtes de fin d’année, la chaîne publique s’apprête à suspendre temporairement la diffusion du programme, entraînant mécaniquement l’absence de son animateur. Une situation récurrente dans la grille de France Télévisions, mais qui mérite une analyse approfondie tant elle révèle les arbitrages éditoriaux, les enjeux d’audience et la place stratégique occupée par le jeu dans la case de fin de matinée.
Un retour à l’antenne sous le signe de la continuité éditoriale
Après une brève période de remplacement, Bruno Guillon retrouve les commandes de Chacun son tour ce mardi 16 décembre 2025. Diffusé à 11h25 sur France 2, juste avant Tout le monde veut prendre sa place, le jeu s’inscrit dans une mécanique désormais bien rodée : trente candidats, des duels successifs, une cagnotte convoitée et l’épreuve emblématique du billard japonais.
Lors de l’édition précédente, marquée par la victoire de Géraldine, le programme a une nouvelle fois mis en avant son ADN : un jeu accessible, convivial, fondé sur la fidélisation des candidats et des téléspectateurs. L’ouverture de la cagnotte, après plusieurs tentatives infructueuses, a constitué un moment fédérateur, renforçant l’attachement du public à des participants identifiés et suivis dans la durée.
Ce retour de Bruno Guillon s’inscrit donc dans une stricte continuité éditoriale, sans modification de format ni inflexion notable. Un choix assumé par France 2, qui privilégie la stabilité sur une tranche horaire historiquement sensible.
Des audiences solides, malgré une érosion sur un an
Sur le plan des performances, Chacun son tour continue d’afficher des résultats robustes. Le lundi 15 décembre 2025, l’émission a rassemblé près de 881 000 téléspectateurs pour ses quatre duels, soit 22,1 % de part d’audience auprès de l’ensemble du public. France 2 s’est ainsi classée leader sur cette tranche horaire, confirmant la pertinence de son offre face à la concurrence.
Toutefois, l’analyse fine des chiffres révèle une tendance contrastée. Sur un an, le programme accuse une perte de 116 000 téléspectateurs, tout en gagnant paradoxalement 1,1 point de part de marché. Cette évolution s’explique principalement par la fragmentation croissante des audiences et la baisse globale de la consommation de télévision linéaire en journée.
En clair, Chacun son tour ne progresse pas en volume, mais résiste mieux que ses concurrents directs, ce qui renforce sa valeur stratégique pour France 2.
Performance sur les cibles commerciales : un leadership relatif
Sur les cibles dites commerciales, les résultats sont plus nuancés. Le jeu produit par Air Productions et Endemol France (Banijay) a séduit 13,1 % des femmes responsables des achats de moins de 50 ans et 13,6 % des 25-49 ans.
Si ces scores restent honorables pour une chaîne de service public, ils n’ont pas permis à France 2 de s’imposer face à M6, dont l’émission Ça peut vous arriver conserve un avantage structurel sur ces segments. Une réalité bien connue des programmateurs, qui arbitrent avant tout en fonction de l’audience globale et de la cohérence éditoriale.
Une mise en pause liée à la tradition des fêtes de fin d’année
Contrairement à ce que pourrait laisser penser le terme « privé d’antenne », l’absence prochaine de Bruno Guillon ne résulte ni d’une sanction, ni d’un recul de confiance de la chaîne. Il s’agit d’une pause strictement liée à la programmation événementielle de fin d’année.
Le jeudi 25 décembre 2025, France 2 bouleversera sa grille pour proposer la messe de Noël dans le cadre de l’émission emblématique Le Jour du Seigneur. Une diffusion patrimoniale, ancrée dans l’histoire du service public, qui s’impose chaque année comme un rendez-vous incontournable.
Une semaine plus tard, le jeudi 1er janvier 2026, la chaîne retransmettra en direct et en Eurovision le traditionnel concert du Nouvel An. Là encore, la priorité est donnée à un événement culturel fédérateur, au détriment des programmes récurrents.
Une pratique récurrente et parfaitement anticipée
Cette suspension temporaire n’a rien d’exceptionnel. Chaque année, de nombreux jeux quotidiens disparaissent momentanément de l’antenne pendant les fêtes, afin de libérer des cases pour des programmes institutionnels ou événementiels.
Pour les équipes de production comme pour l’animateur, cette pause est intégrée en amont dans le calendrier. Elle permet également d’optimiser les coûts de production sur une période où les audiences, traditionnellement plus volatiles, ne justifieraient pas nécessairement la diffusion de numéros inédits.
La place stratégique de « Chacun son tour » dans la grille de France 2
Depuis son lancement, Chacun son tour s’est imposé comme un pilier discret mais efficace de la fin de matinée sur France 2. Positionné entre l’information et les grands jeux de midi, le programme joue un rôle de transition essentiel, maintenant le public sur la chaîne avant le rendez-vous très concurrentiel de 12h.
La présence de Bruno Guillon, animateur à la fois populaire et rassurant, participe largement à cette stabilité. Son ton, son rythme et sa capacité à créer une relation durable avec les candidats constituent des atouts différenciants dans un univers de jeux souvent formatés.
Un format pensé pour la fidélisation
Le choix d’un jeu avec des candidats récurrents et une cagnotte évolutive favorise l’engagement du public sur plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Cette mécanique incite les téléspectateurs à revenir quotidiennement, un levier essentiel à l’heure où la volatilité de l’audience s’accentue.
Dans ce contexte, la pause des fêtes apparaît davantage comme une parenthèse maîtrisée que comme une rupture. Le retour du programme, début janvier, s’effectuera dans un environnement concurrentiel stabilisé, propice à la reconquête de l’audience.
Quelles perspectives pour Bruno Guillon et le programme en 2026 ?
À court terme, rien n’indique une remise en question de Chacun son tour ou de son animateur. Les performances globales restent conformes aux attentes de France 2, et la marque bénéficie d’une reconnaissance solide auprès du public.
À moyen terme, la question portera davantage sur l’évolution du format : ajustements de rythme, renouvellement des mécaniques ou intégration de dispositifs numériques complémentaires via la plateforme france.tv. Des pistes régulièrement explorées par les équipes de Banijay pour prolonger la durée de vie des jeux quotidiens.
Pour Bruno Guillon, cette pause hivernale s’inscrit dans un agenda professionnel dense, partagé entre télévision et radio. Elle ne remet nullement en cause sa position d’animateur référent sur France 2, ni la confiance que lui accorde la chaîne.
En définitive, la mise en pause prochaine de Chacun son tour et l’absence temporaire de Bruno Guillon à l’antenne relèvent d’une logique de programmation parfaitement maîtrisée. Loin d’être un signal négatif, cette suspension s’inscrit dans la tradition du service public, qui privilégie, lors des fêtes, des contenus à forte dimension culturelle et patrimoniale.
Avec des audiences solides, un animateur identifié et un format éprouvé, le jeu dispose de fondamentaux robustes pour poursuivre sa trajectoire en 2026. Les téléspectateurs retrouveront ainsi Bruno Guillon dès le début de l’année, dans un environnement concurrentiel renouvelé mais toujours exigeant.
Chacun son tour reste diffusé du lundi au samedi à 11h25 sur France 2 et accessible à tout moment sur la plateforme france.tv.
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