La série R.I.P. Aimons-nous vivants !, diffusée à l’été 2024 sur TF1, devait être une comédie légère abordant le thème du deuil avec humour. Pourtant, derrière ce projet, une bataille judiciaire a éclaté. L’actrice Catherine Jacob, initialement pressentie pour le rôle principal, a été remplacée par l’humoriste Claudia Tagbo, provoquant un litige de plusieurs mois avec la société de production Alef Two, dirigée par Arthur. Retour sur cette affaire marquante qui a mêlé coulisses de la télévision et contentieux juridique.
Une série pensée comme une comédie familiale
En 2023, Arthur s’associe à Nora Melhli, Varante Soudjian et Thomas Pone pour fonder Alef Two, une société de production ambitieuse. Leur premier projet, R.I.P. Aimons-nous vivants !, avait pour objectif de traiter le sujet sensible du deuil de manière légère et accessible.
Pour incarner l’héroïne, les producteurs se tournent vers Catherine Jacob, actrice reconnue qui a marqué le cinéma français avec son César en 1989 pour La vie est un long fleuve tranquille. Après plusieurs discussions, l’actrice accepte le rôle, mais rapidement, les négociations s’interrompent brutalement.
La production choisit alors Claudia Tagbo, proche collaboratrice d’Arthur depuis l’émission Ce soir avec Arthur. Enthousiasmée, l’humoriste quitte même un projet en cours sur France 2 pour rejoindre TF1, donnant ainsi une nouvelle dynamique à la série.
Le conflit Catherine Jacob contre Alef Two
Catherine Jacob estime avoir été écartée de manière injustifiée et considère qu’un accord verbal équivalait à un contrat de travail. Elle saisit donc le conseil des prud’hommes, réclamant plus de 90 000 euros pour préjudices matériel et moral, auxquels s’ajoutaient des frais annexes.
De son côté, la société Alef Two nie toute obligation contractuelle, arguant qu’aucun document officiel n’avait été signé. L’entreprise va même plus loin en accusant Catherine Jacob d’avoir elle-même rompu les négociations, réclamant à son tour 30 000 euros de dommages.
Le 8 octobre 2024, le conseil de prud’hommes estime que les preuves présentées sont insuffisantes et renvoie l’affaire devant le tribunal judiciaire. Face à un processus long et coûteux, Catherine Jacob finit par abandonner ses poursuites en juin 2025.
| Événement | Date | Détails |
|---|---|---|
| Lancement d’Alef Two | 2023 | Arthur fonde la société avec trois associés |
| Négociations avec Catherine Jacob | 2023 | Discussions entamées puis interrompues |
| Remplacement par Claudia Tagbo | 2024 | L’humoriste rejoint la série de TF1 |
| Audience aux prud’hommes | Octobre 2024 | Affaire renvoyée devant le tribunal judiciaire |
| Abandon des poursuites | Juin 2025 | Catherine Jacob retire sa plainte |
Un bras de fer à 90 000 euros
Le cœur du litige reposait sur la question de savoir si un accord oral pouvait valoir contrat. Catherine Jacob misait sur cette interprétation pour réclamer une indemnisation. De son côté, Alef Two défendait la stricte légalité contractuelle.
Le montant demandé – 90 000 euros – illustre l’ampleur du désaccord, tandis que la contre-attaque d’Alef Two à hauteur de 30 000 euros révélait la fermeté de la société. Finalement, faute de preuves solides et face à un rapport de force déséquilibré, l’actrice renonce à poursuivre.
Un succès d’audience malgré les tensions
Diffusée à l’été 2024, la série attire 3,58 millions de téléspectateurs, représentant près de 22 % de part d’audience, et dépasse les 24 % sur la cible stratégique des femmes de moins de 50 ans.
Ce succès conforte TF1 dans son choix et permet le lancement d’une saison 2, tournée au printemps 2025. Cependant, la date de diffusion n’a pas encore été communiquée. En parallèle, Alef Two produit le film Challenger, sorti en octobre 2024, qui n’a réuni qu’environ 286 000 spectateurs, confirmant les incertitudes économiques du secteur audiovisuel.
Un conflit révélateur des fragilités du secteur
Si R.I.P. Aimons-nous vivants ! a trouvé son public, l’affaire Catherine Jacob a mis en lumière les difficultés récurrentes du monde audiovisuel français : négociations instables, contrats fragiles et rapports de force entre acteurs et producteurs.
Claudia Tagbo a su séduire le public grâce à son énergie et son humour, mais l’ombre du conflit avec Catherine Jacob reste indissociable de l’histoire de la série. Un rappel que derrière les sourires des comédies, se cachent parfois des batailles juridiques aux enjeux financiers considérables.
L’exclusion de Catherine Jacob au profit de Claudia Tagbo restera un épisode marquant dans les coulisses de TF1. Entre ambitions artistiques, enjeux financiers et litiges juridiques, l’affaire illustre la complexité du monde de la production télévisuelle.
Si la série a su séduire le public, le bras de fer à 90 000 euros rappelle que le succès à l’écran se construit parfois au prix de tensions en coulisses. Une affaire qui marquera durablement la mémoire des téléspectateurs et des professionnels du secteur.
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