Catherine Lara : une liberté amoureuse assumée dès l’enfance

Catherine Lara : une liberté amoureuse assumée dès l’enfance

Auteur : Julien Baudry

Date : 10 janvier 2026 à 23:02

Invitée de l’émission La boîte à secrets sur France 3, diffusée le 9 janvier 2026, Catherine Lara a livré un témoignage rare sur son rapport intime à l’amour et à l’identité. À 80 ans, l’autrice-compositrice-interprète est revenue avec précision et constance sur une conscience précoce de son attirance pour les êtres humains, indépendamment du genre, affirmant une liberté personnelle qu’elle refuse, depuis toujours, de voir réduite à une catégorie. Une parole mesurée, cohérente et profondément ancrée dans son parcours artistique et personnel.

 

Un témoignage livré sur un plateau intimiste

 

 

Vendredi 9 janvier, Catherine Lara figurait parmi les invitées de Faustine Bollaert dans La boîte à secrets, aux côtés de François-Xavier Demaison et de Jean-Pierre Castaldi. Le principe de l’émission, fondé sur la confidence et la mise en lumière d’instants de vie souvent méconnus du grand public, a offert à la musicienne un cadre propice à une prise de parole sincère et sans détour.

Interrogée sur les marqueurs de son identité, l’artiste n’a pas esquivé les questions relatives à sa vie intime. Connue depuis plusieurs décennies pour son franc-parler et son refus des conventions, Catherine Lara a réaffirmé une position qu’elle n’a jamais reniée : son rapport à l’amour s’est construit très tôt, bien avant que les mots, les catégories ou les débats sociétaux ne tentent de l’enfermer.

 

Une conscience précoce de l’attirance, dès l’enfance

 

 

Au fil de l’entretien, Catherine Lara a rappelé avoir pris conscience de son attirance pour les êtres humains dès l’âge de cinq ans. Une affirmation qu’elle avait déjà formulée publiquement, notamment en 2023 lors de son passage dans Un dimanche à la campagne. Face à Philippe Lellouche, elle déclarait alors, avec une pointe d’humour assumée : « J’ai fait mon coming-out à l’âge de 5 ans. J’ai démarré très tôt ! »

Loin d’une provocation ou d’une posture militante, cette déclaration s’inscrit dans une continuité de pensée. Pour Catherine Lara, il ne s’agit pas d’une revendication identitaire au sens contemporain du terme, mais d’un constat intime, presque instinctif, formulé avec le recul de plusieurs décennies.

Elle précise ainsi avoir toujours été attirée par des personnes, sans distinction de genre. Une vision de l’amour qui, selon elle, ne s’est jamais construite en opposition, mais dans une forme d’évidence personnelle. « C’est un être qui m’attire. J’ai toujours vu l’amour comme ça. J’aime l’être humain », expliquait-elle déjà, reprenant presque mot pour mot une philosophie qu’elle continue d’assumer aujourd’hui.

 

Refuser les étiquettes, préserver la complexité

 

 

Sur le plateau de France 3, Faustine Bollaert évoque le terme d’« homosensualité » pour qualifier son parcours. Une formulation que Catherine Lara tient immédiatement à nuancer. Sans polémique ni crispation, elle rappelle son attachement à une approche non catégorielle de l’amour.

La musicienne insiste sur une distinction qu’elle juge essentielle : aimer une femme ne signifie pas aimer « les femmes » au sens générique, pas plus qu’aimer un homme ne saurait résumer une identité figée. « Je n’aime pas les femmes, j’aime une femme, et j’aime les hommes aussi », précise-t-elle, refusant toute réduction sémantique de son vécu.

À ses yeux, certains termes, bien que nécessaires dans le débat public, peuvent devenir limitants lorsqu’ils tentent de résumer des trajectoires individuelles complexes. Elle évoque ainsi le mot « homosexualité », qu’elle considère comme « réducteur » au regard de son rapport global à la vie, à l’amour et aux rencontres.

Cette position, loin d’être nouvelle, traverse l’ensemble de ses prises de parole depuis les années 1980. Elle témoigne d’un rapport à l’intime fondé sur la liberté individuelle, sans volonté d’assignation ni de revendication identitaire excessive.

 

Une cohérence entre vie personnelle et œuvre artistique

 

 

La constance du discours de Catherine Lara trouve un écho direct dans son œuvre. Artiste majeure de la scène musicale française, elle a toujours cultivé une écriture sensible, tournée vers l’émotion, la mélancolie et la complexité des sentiments.

En 1983, la chanson Automne, écrite par Luc Plamondon, illustre déjà cette approche universelle de l’amour et de l’attachement. Sans jamais revendiquer explicitement une orientation, Catherine Lara y exprime une intensité émotionnelle qui dépasse les cadres traditionnels du couple hétérosexuel tel qu’il était alors majoritairement représenté dans la chanson populaire.

Sa musique, à l’image de sa parole publique, privilégie l’émotion à la démonstration, l’expérience vécue à l’idéologie. Cette cohérence contribue à la crédibilité de son témoignage, aujourd’hui encore, auprès d’un public intergénérationnel.

 

Une vie sentimentale stable, loin des clichés

 

 

Si Catherine Lara revendique une liberté affective dans sa définition de l’amour, sa trajectoire personnelle est marquée par une grande stabilité sentimentale. Après une relation très médiatisée avec l’humoriste Muriel Robin entre 1990 et 1995, l’artiste partage depuis près de trois décennies la vie de Samantha.

Leur rencontre s’est faite dans un cadre professionnel : Samantha dirigeait alors les éditions musicales de TF1. Une relation que Catherine Lara évoque régulièrement avec pudeur et reconnaissance, sans jamais la transformer en symbole ou en étendard.

Sur la chaîne YouTube de Laurence Boccolini, elle confiait déjà : « Il se trouve que je vis depuis 28 ans avec une merveilleuse femme, qui me donne beaucoup de bonheur ». Avant d’ajouter, avec lucidité : « À 50 ans, j’ai rencontré la femme de ma vie. Ou plutôt l’être de ma vie ».

Ces mots traduisent une vision de l’attachement fondée sur la rencontre singulière plutôt que sur l’identité collective. Une approche qui, là encore, s’inscrit dans la continuité de son discours.

 

Une parole rare dans le paysage médiatique actuel

 

 

À l’heure où les questions d’identité sexuelle et de genre occupent une place centrale dans le débat public, la parole de Catherine Lara se distingue par sa sobriété et sa profondeur. Elle ne cherche ni à provoquer, ni à théoriser, ni à s’inscrire dans une actualité militante immédiate.

Son témoignage repose sur l’expérience vécue, le temps long et la fidélité à soi-même. À 80 ans, elle ne livre pas un récit rétrospectif destiné à surprendre, mais une confirmation de ce qu’elle a toujours été : une artiste libre, cohérente et profondément attachée à l’idée que l’amour ne se laisse pas enfermer.

Cette prise de parole, diffusée dans un cadre grand public, contribue à enrichir le débat sans l’alimenter artificiellement. Elle rappelle que certaines trajectoires individuelles échappent aux classifications, sans pour autant nier leur existence.

 

Une figure durable de liberté assumée

 

 

En revenant sur son enfance et sur une conscience précoce de son rapport à l’amour, Catherine Lara n’écrit pas un nouveau chapitre de sa vie publique. Elle en souligne la continuité. Une continuité faite de choix personnels assumés, de fidélité à ses valeurs et d’un refus constant des injonctions, qu’elles soient sociales, médiatiques ou culturelles.

Son témoignage, loin d’être anecdotique, éclaire une trajectoire artistique et humaine qui traverse plus de cinquante ans de carrière. Il rappelle que la liberté intime peut être vécue sans revendication tapageuse, dans une cohérence silencieuse mais profondément ancrée.

Aujourd’hui encore, Catherine Lara incarne une forme rare de constance : celle d’une artiste qui, depuis l’enfance, a choisi d’aimer sans se définir autrement que par la rencontre.

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