En mai 2025, la cérémonie des Molière, équivalent théâtral des César, s’est tenue aux Folies Bergère sous l’animation de Caroline Vigneaux. Si la soirée a mis en lumière plusieurs talents, Clémentine Célarié, figure incontournable du théâtre français, n’a pas reçu de distinction, malgré sa prestation saluée dans Je suis la maman du bourreau. Dans son autobiographie à paraître, Ce feu qui me brûle, la comédienne livre un témoignage intime sur sa carrière et les frustrations liées à un système qui valorise rarement les parcours indépendants.
Un théâtre au cœur de sa vie
Clémentine Célarié, 67 ans, décrit le théâtre comme une composante essentielle de son existence : "Le théâtre m’a sauvée. Il nous relie instantanément à notre humanité. Il est la vérité", écrit-elle dans son livre, dont la sortie est prévue le 7 mai 2025 aux éditions du Cherche Midi.
Après avoir surmonté un cancer, la comédienne souligne la dimension spirituelle et universelle de la scène : "Il est un lieu sacré qui a besoin d'être nourri par notre générosité, notre écoute. Sur scène ou devant une caméra, je me sens vibrer dans un devenir. Une histoire qui ne finira jamais. Une quête immense qui s'étend au-delà du définissable. Parce que l'art et la recherche vont plus loin que les limites du monde."
Une mise à l’écart douloureuse
Malgré une carrière riche et passionnée, Clémentine Célarié n’a jamais été récompensée par les Molière. L’absence de nomination pour son rôle dans Je suis la maman du bourreau lui a infligé un choc : "J’ai reçu ça comme une bombe qui a longtemps continué d’exploser dans mon ventre. Je pensais vraiment que mon métier, qui ne m'a pas toujours reconnue ni encouragée, me tendrait la main cette fois. Ça n’a pas été le cas. Au contraire, le métier me ferme une porte et ne comprend manifestement pas. Je suis absolument démunie, je me sens abandonnée, rejetée, punie."
La liberté artistique, un chemin semé d’obstacles
La comédienne dénonce un système peu favorable aux choix indépendants et à la créativité personnelle : "C’est très rare que l'abnégation. La passion infinie, absolue. Le total don de soi, le sacerdoce dans le travail soient reconnus par quelque académie que ce soit. L'académie est là finalement pour nous brider. Pour nous punir. Surtout, surtout quand on sort des cases. Quand on fait des choses de façon trop indépendante ou libre. Je suis encore punie pour la liberté avec laquelle je choisis mes spectacles."
Cette réflexion s’inscrit dans un parcours marqué par la constance et la singularité. Célarié illustre le dilemme fréquent dans le monde artistique : la reconnaissance institutionnelle n’est pas toujours proportionnelle à l’investissement ou à la qualité d’une performance.
Une carrière exemplaire malgré tout
- Débuts et ascension : Clémentine Célarié commence sa carrière dans les années 1980, se forgeant une réputation de comédienne engagée et polyvalente.
- Théâtre et cinéma : Entre rôles dramatiques et comiques, elle a su imposer sa présence, tant sur scène que sur grand écran.
- Engagement personnel : Son combat contre la maladie et ses choix artistiques indépendants renforcent sa crédibilité et son humanité aux yeux du public.
- Reconnaissance critique : Même si les récompenses institutionnelles lui ont souvent échappé, son talent est salué par la critique et le public.
Le message d’une artiste libre
À travers Ce feu qui me brûle, Clémentine Célarié transmet un message clair : la liberté artistique implique parfois un coût personnel et institutionnel. Elle invite à repenser les critères de reconnaissance dans le théâtre, insistant sur la valeur des parcours indépendants et de l’engagement personnel.
Son témoignage résonne comme un appel à la transparence et à l’équité dans un milieu où la notoriété ne garantit pas toujours la juste récompense. Pour Célarié, l’essentiel demeure le lien humain et émotionnel que crée le théâtre : "Le théâtre nous relie instantanément à notre humanité."
Clémentine Célarié reste une figure emblématique du théâtre français, une artiste dont la carrière témoigne d’un engagement passionné et d’une liberté créative affirmée. Si la reconnaissance institutionnelle lui a échappé, son parcours illustre la force d’une vocation portée par l’authenticité et la résilience. Avec Ce feu qui me brûle, elle offre au public un regard intime sur le prix de la liberté artistique et la valeur de la persévérance dans un univers souvent intransigeant.
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