Condamnation de Cédric Jubillar : La Polémique de Patrick Sébastien sur BFMTV et les Enjeux des Féminicides en France

Condamnation de Cédric Jubillar : La Polémique de Patrick Sébastien sur BFMTV et les Enjeux des Féminicides en France

Auteur : Aurore BAUDRY

Date : 17 octobre 2025 à 22:04

Le 17 octobre 2025 marque un tournant dans l'affaire qui a tenu en haleine la France entière depuis près de cinq ans : la condamnation de Cédric Jubillar à trente ans de réclusion criminelle pour le meurtre de sa femme, Delphine Jubillar. Disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn, Delphine n'a jamais été retrouvée, et son corps reste introuvable. Ce verdict, rendu par la cour d'assises du Tarn après quatre semaines d'un procès intense, repose sur l'intime conviction des jurés, face à un faisceau d'indices accablants malgré l'absence de preuves matérielles directes.

Ce jour-là, BFMTV, chaîne d'information en continu, consacre une large partie de son antenne à cette décision judiciaire historique. Parmi les invités, Patrick Sébastien, l'ancien animateur vedette de France 2, connu pour son franc-parler et ses émissions populaires comme Le Plus grand cabaret du monde, est interrogé sur l'affaire. Initialement présent pour promouvoir ses projets, dont son livre Même pas peur et son mouvement politique naissant "Ça suffit", il se retrouve au cœur d'un débat houleux. Ses propos, qualifiant l'homicide de "crime passionnel banal", provoquent un malaise immédiat sur le plateau et enflamment les réseaux sociaux. Recadré par la journaliste Peola Puerari, cet échange met en lumière un enjeu sociétal profond : le choix des mots dans la description des violences faites aux femmes.

Dans cet article exhaustif, nous décortiquons les contours de cette polémique, le contexte du procès Jubillar, la distinction cruciale entre "crime passionnel" et "féminicide", et les statistiques alarmantes qui soulignent l'urgence d'une prise de conscience collective. Avec plus de 1500 mots, cette analyse vise à informer, sensibiliser et optimiser la visibilité sur les moteurs de recherche pour des termes comme "procès Jubillar", "Patrick Sébastien BFMTV" et "féminicides France 2025".

 

Le Procès Jubillar, Un Verdict sans Corps, mais avec Conviction

 

L'affaire Jubillar est l'une des plus médiatisées de ces dernières années en France. Delphine Jubillar, infirmière de 33 ans et mère de deux enfants, disparaît mystérieusement de son domicile conjugal. Cédric Jubillar, son mari, peintre-plaquiste de 38 ans, alerte les autorités en affirmant s'être réveillé au milieu de la nuit pour découvrir le lit vide. Rapidement, les soupçons se portent sur lui : incohérences dans ses déclarations, absence de recherches actives pour retrouver sa femme, et un historique de tensions conjugales révélé par des témoignages.

Le procès, qui s'ouvre le 22 septembre 2025 à Albi, dure quatre semaines. L'accusation, représentée par les avocats généraux Pierre Aurignac et Marie-Laure Forestier, brosse le portrait d'un homme manipulateur. Ils évoquent un mobile lié à une séparation imminente – Delphine avait confié à des proches son désir de divorcer – et décrivent un scénario où Cédric aurait étranglé sa femme pour la faire taire, avant de dissimuler le corps. "On a beau prendre ce dossier par tous les bouts, on arrive au même résultat : la culpabilité", assène l'avocat général Aurignac dans son réquisitoire, réclamant trente ans de prison.

La défense, menée par Me Emmanuelle Franck et Me Alexandre Martin, plaide l'acquittement. Ils dénoncent une "instruction à charge", soulignant l'absence de corps, de scène de crime et de preuves ADN ou sanguines. "Vous ne pouvez pas condamner Cédric Jubillar sans éléments flagrants", argue Me Martin, évoquant des précédents comme l'acquittement de Jacques Viguier en 2006. Cédric Jubillar maintient son innocence jusqu'au bout : "Je n'ai absolument rien fait à Delphine", déclare-t-il lors de ses derniers mots avant le délibéré.

Après six heures de délibération, le verdict tombe à 15h15 : coupable, avec trente ans de réclusion. Les jurés, au nombre de six plus trois magistrats, ont voté à une voix près selon des sources proches du dossier. La peine est lourde, reflétant non seulement les faits reprochés mais aussi l'attitude de l'accusé, jugée incohérente et dépourvue d'empathie. Les avocats de la défense annoncent immédiatement l'appel, prévoyant un nouveau procès en 2026 à Toulouse. Les parties civiles, dont les enfants du couple représentés par Me Malika Chmani et Me Laurent Boguet, expriment un soulagement teinté de tristesse : "C'est une victoire pour la vérité, mais les enfants restent privés de leur mère", confie Me Chmani.

Ce procès hors norme, sans corps ni arme du crime, repose sur la "théorie du faisceau d'indices" : mensonges répétés, alibis bancals, et un comportement jugé suspect par les experts psychologiques. Il illustre les défis de la justice française face aux disparitions suspectes et pose la question de la présomption d'innocence dans les affaires médiatisées.

 

Patrick Sébastien sur BFMTV, Un Dérapage qui Fait Mouche

 

À peine le verdict rendu, BFMTV invite Patrick Sébastien, 71 ans, pour une interview. L'animateur, qui a récemment annoncé son ambition politique avec le mouvement "Ça suffit" en vue de 2027, exprime d'abord une nuance prudente : "Il n’y a pas de corps, pas de preuve, mais les jurés jugent sur intime conviction. Le faisceau d'éléments pas nets a pesé." Il avoue ne pas se voir juré : "Dans une époque d'excuses permanentes, juger sur quelques jours sans tout connaître, ça me dérange."

La journaliste Peola Puerari rebondit : "C'est ce qui rend le procès si suivi." Patrick Sébastien acquiesce, puis lâche la bombe : "Pour moi, c’est un crime passionnel banal." Silence pesant sur le plateau. Peola Puerari intervient : "Aujourd’hui, on dit féminicide, pas crime passionnel." Visiblement agacé mais conciliant, Sébastien rétorque : "Oui, appelons ça féminicide... C’est une femme qui a été..." Interrompue, la journaliste insiste : "Les mots comptent. La société évolue."

Le malaise s'intensifie quand Sébastien ajoute : "Il y a des femmes qui tuent des hommes aussi, ça s’appelle un hominicide ? Je suis un vieux monsieur, à l’époque on appelait ça crime passionnel parce qu'il y a passion dedans." Il questionne : "Est-ce que c’est le fait que ce soit une femme le plus important, ou la passion ?" Peola Puerari conclut fermement sur les 123 féminicides de l'année précédente, rappelant l'urgence. Sébastien acquiesce : "C’est évident, et le combat des féministes ne fait pas baisser les chiffres. Il faut des mesures."

Ce dérapage, qualifié d'"ultra déplacé" par les internautes, génère des milliers de réactions sur X (ex-Twitter). Des posts comme celui de @CamilleStineau critiquent : "Pourquoi inviter Patrick Sébastien à commenter la culpabilité de Jubillar ? Quelle expertise ?" D'autres, comme @clem_garin, ironisent sur la peopolisation de l'info. Pourtant, Sébastien maintient : "Mon intime conviction, c’est qu’il est coupable." Cet incident révèle les pièges des plateaux télévisés et le besoin de modération dans les débats sensibles.

 

Crime Passionnel vs Féminicide, Pourquoi les Mots Tuent

 

Au cœur de la polémique : le choix lexical. Le "crime passionnel", terme du XIXe siècle, romantise l'acte en évoquant une perte de contrôle émotionnelle, souvent justifiant une indulgence judiciaire. Historiquement, il atténuait les peines pour adultère ou jalousie, perpétuant un sexisme latent où la violence masculine est excusée par "la passion". Comme l'explique l'historienne Lydie Bodiou dans Les Crimes passionnels n’existent pas, ce vocabulaire invisibilise la domination genrée.

Le "féminicide", entré au Robert en 2015, désigne l'assassinat d'une femme parce qu'elle est femme. Coïné en Amérique latine dans les années 1970, il souligne le contexte systémique de violences conjugales : 80% des cas impliquent un ex ou conjoint. En France, il n'existe pas juridiquement, mais son usage médiatique a explosé post-#MeToo. Des collectifs comme NousToutes ou l'Inter Orga Féminicides militent pour son adoption, arguant qu'il brise la banalisation.

Dans l'affaire Jubillar, qualifier l'acte de "passionnel" minimise la préméditation présumée et les violences antérieures rapportées. Peola Puerari l'a bien rappelé : passer à "féminicide" honore la victime et alerte sur un fléau sociétal. Des études, comme celle de Patricia Mercader, montrent une asymétrie : les hommes tuent pour "garder", les femmes pour "se débarrasser" après des années de maltraitance.

 

Statistiques des Féminicides en France, Un Fléau Persistant

 

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Selon le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), 96 féminicides ont été enregistrés en 2023, en baisse de 30% depuis 2019 grâce à des lois comme la Grenelle de 2019. Pourtant, 2024 marque un rebond : l'Inter Orga Féminicides (IOF) recense 137 cas, dont 10 en Nouvelle-Aquitaine. Au 16 octobre 2025, 128 féminicides sont déjà comptabilisés, soit une femme tuée tous les deux jours.

Pour illustrer cette réalité tragique, voici un tableau comparatif des féminicides en France sur les dernières années, basé sur les données officielles et associatives :

Année Nombre de Féminicides (SSMSI) Nombre de Féminicides (IOF/NousToutes) Évolution (%) Victimes Mineures
2019 146 150 +10 23
2021 122 125 -16 28
2022 118 120 -3 25
2023 96 102 -15 19
2024 137 (préliminaire) 137 +43 31
2025 (au 16/10) 128 (projection) 128 +N/A 22

 

Ce tableau centré met en évidence la volatilité des chiffres : malgré les efforts (3919 avec 100 000 appels en 2024), les féminicides augmentent en 2024-2025. Les victimes, âgées de 18 à 74 ans, subissent souvent des violences psychologiques et économiques avant le passage à l'acte. Le SSMSI note 450 100 victimes de violences physiques en 2024, dont 54% dans la sphère conjugale.

 

Impact Sociétal et Médiatique, Vers une Meilleure Sensibilisation

 

La gaffe de Patrick Sébastien n'est pas isolée. Elle reflète un generational gap : les "vieux messieurs" comme lui, imprégnés d'un vocabulaire daté, peinent à adopter le prisme genré. Pourtant, des médias comme Le Monde ou Libération comptent les féminicides depuis 2017, et l'AFP a formé ses journalistes post-Grenelle. Films comme Jusqu'à la garde ou affaires comme Jacqueline Sauvage ont popularisé le sujet.

Sur X, le hashtag #Féminicide explose, avec des posts critiquant la banalisation. Des associations appellent à une loi reconnaissant le terme, comme proposé par la députée Fiona Lazaar en 2020. Politiquement, Sébastien, avec son mail pour idées citoyennes, pourrait intégrer ces enjeux dans "Ça suffit", mais son intervention souligne le risque de dérapage.

La condamnation de Cédric Jubillar clôt un chapitre douloureux, mais l'appel promet de prolonger le suspense. Le clash avec Patrick Sébastien rappelle que les mots forgent les perceptions : "féminicide" n'est pas un buzzword, mais un cri d'alarme. Face à 128 morts en 2025, il est temps d'intensifier prévention, formations et relogements. Pour Delphine et tant d'autres, honorons-les par des actes concrets. Partagez cet article pour amplifier le débat – ensemble, changeons le narratif.

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