La prise de parole est rare, directe et profondément révélatrice d’un malaise contemporain. À l’occasion du lancement de son spectacle A Queen is Born, attendu à l’Alhambra à Paris, Marlène Schaff s’est exprimée sans détour sur un phénomène qu’elle juge désormais intolérable : le cyberharcèlement massif visant certains élèves de la Star Academy. Professeure d’expression scénique depuis 2022, artiste accomplie et figure respectée du programme, elle ne se contente plus de constater. Elle questionne frontalement la responsabilité collective et les dérives d’une société ultra-connectée.
Une prise de parole forte dans un contexte médiatique sous tension
L’entretien accordé à Closer intervient dans un contexte bien précis. La saison 2025 de la Star Academy, particulièrement suivie, s’accompagne d’une exposition numérique accrue des élèves, amplifiée par les réseaux sociaux et les plateformes de commentaires en temps réel. Cette hypervisibilité, si elle participe au succès du programme, génère également des dérives que Marlène Schaff estime aujourd’hui incontrôlables.
« À quel moment s’est-on loupé, en tant que société ? », interroge-t-elle, dénonçant une « tribu de gens mal élevés » qui s’autorise l’insulte, le jugement expéditif et la violence verbale derrière un écran. Loin d’un simple coup de colère, cette déclaration s’inscrit dans une réflexion plus large sur le vivre-ensemble numérique et la déresponsabilisation progressive des comportements en ligne.
Le cyberharcèlement des élèves, une réalité structurelle du divertissement télévisé
Les émissions de télé-crochet ne sont pas nouvelles. En revanche, leur interaction avec les réseaux sociaux a profondément modifié la nature de l’exposition médiatique. Chaque prestation, chaque mot, chaque attitude devient un prétexte à commentaire, souvent instantané, parfois cruel.
Pour les élèves de la Star Academy, souvent jeunes et en construction personnelle, cette pression numérique s’ajoute à l’exigence artistique. Marlène Schaff souligne la difficulté de les protéger efficacement : filtrage imparfait, modération débordée, viralité incontrôlable des messages haineux.
Cette situation pose une question centrale : jusqu’où peut-on accepter que le divertissement se nourrisse d’une violence symbolique banalisée ? La frontière entre critique artistique légitime et harcèlement systémique est de plus en plus ténue.
Marlène Schaff, une professionnelle exposée et consciente des risques
La parole de Marlène Schaff trouve un écho particulier parce qu’elle n’est pas extérieure au phénomène. Elle-même cible régulière de critiques virulentes, elle a fait l’expérience directe de la brutalité des réseaux sociaux. En décembre dernier, une remarque adressée à une élève avait déclenché une vague de commentaires agressifs, parfois décontextualisés, souvent disproportionnés.
Plutôt que de se poser en victime, elle adopte une posture de lucidité et de responsabilité. « Le vivre-ensemble, ça commence déjà sur son clavier », rappelle-t-elle, insistant sur l’idée que les comportements numériques relèvent pleinement de l’éthique sociale.
Son choix de valoriser publiquement les messages bienveillants qu’elle reçoit n’est pas anodin. Il s’agit d’un acte de résistance symbolique, visant à rééquilibrer un espace numérique trop souvent dominé par la négativité.
Le rôle des encadrants face à la violence numérique
En tant que professeure d’expression scénique, Marlène Schaff occupe une position singulière. Ni parent, ni simple intervenante, elle se définit comme une passeuse, une professionnelle de la transmission artistique. Cette posture lui interdit, selon ses propres mots, de « materner » mais l’oblige à alerter.
La question de la protection psychologique des élèves devient centrale dans les dispositifs de téléréalité modernes. Si des cellules de soutien existent, leur efficacité face à des campagnes de cyberharcèlement massives reste limitée. L’intervention publique d’une figure pédagogique reconnue permet de déplacer le débat vers le terrain sociétal, au-delà du simple cadre télévisuel.
Solidarité et soutien, la réaction de Lucie Bernardoni
La séquence de cyberharcèlement visant Marlène Schaff a également mis en lumière la solidarité entre professionnels. Lucie Bernardoni, collègue et amie, a pris la parole pour défendre publiquement son intégrité et son engagement humain.
Son message, largement relayé, insiste sur des qualités rarement mises en avant dans les polémiques numériques : l’empathie, la bienveillance, la capacité à accompagner sans juger. Cette prise de position rappelle que derrière les figures médiatiques se trouvent des individus exposés, affectés et parfois profondément blessés.
Ce soutien public joue un rôle essentiel dans la reconfiguration du débat, en réintroduisant de l’humanité dans un espace numérique souvent déshumanisé.
Une réflexion plus large sur la responsabilité collective
Au-delà du cas particulier de la Star Academy, les propos de Marlène Schaff interrogent un modèle de société. Le cyberharcèlement n’est pas un épiphénomène mais un symptôme : celui d’une perte progressive de repères dans l’usage des outils numériques.
La facilité d’accès à la parole publique, sans filtre ni conséquence immédiate, favorise une forme d’impunité sociale. Or, comme le rappelle implicitement la chanteuse, chaque message contribue à façonner un climat, une norme, un espace commun.
Cette responsabilité ne saurait reposer uniquement sur les plateformes ou les productions audiovisuelles. Elle engage les utilisateurs eux-mêmes, appelés à interroger leurs pratiques, leurs mots et leurs intentions.
Vers une nécessaire évolution des pratiques médiatiques et numériques
Les déclarations de Marlène Schaff s’inscrivent dans une dynamique plus large de remise en question des pratiques numériques. Renforcement de la modération, éducation au numérique, responsabilisation juridique : les leviers sont multiples, mais nécessitent une volonté collective.
Dans le secteur du divertissement, cette évolution implique également une réflexion éditoriale. Comment concilier exposition médiatique, interaction avec le public et protection des individus ? La réponse ne peut être purement technique ; elle est aussi culturelle et éthique.
En ce sens, la parole de Marlène Schaff dépasse largement le cadre promotionnel de son spectacle. Elle participe à une conversation de fond, essentielle et durable.
En haussant le ton, Marlène Schaff ne cherche ni la polémique ni la mise en scène. Elle agit en professionnelle consciente de son rôle et de sa visibilité. Son discours, à la fois ferme et mesuré, met en lumière une réalité que beaucoup préfèrent ignorer : la violence ordinaire des mots en ligne.
À l’heure où les frontières entre sphère privée, médiatique et numérique s’effacent, cette prise de position apparaît comme une alerte salutaire. Elle invite à repenser le rapport au jugement, à la critique et à la responsabilité individuelle, dans un espace numérique qui reste, avant tout, un espace social.
Plus qu’un coup de gueule, il s’agit d’un appel à la maturité collective. Un appel qui, à défaut de faire taire la haine, rappelle au moins qu’une autre voie reste possible.
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