Jonas Vingegaard, double vainqueur du Tour de France, se trouve aujourd’hui à un moment charnière de sa carrière. Le Danois, leader de la formation Visma-Lease a Bike, semble avoir revu en profondeur son approche tactique après un Tour marqué par la domination de son rival Tadej Pogacar. Ses débuts prometteurs sur la Vuelta laissent entrevoir un coureur métamorphosé, davantage offensif et prêt à saisir chaque opportunité. Décryptage d’un virage qui pourrait redessiner son avenir au plus haut niveau.
La troisième semaine du Tour, un tournant décisif pour Vingegaard
La troisième semaine du dernier Tour de France a laissé entrevoir des regrets pour Jonas Vingegaard. En se montrant plus attentiste que son rival slovène, le Danois a peut-être laissé filer l’occasion de renverser la situation. Tadej Pogacar, usé par la résistance de ses adversaires, avait finalement semblé vulnérable, mais l’équipe Visma-Lease a Bike avait déjà levé le pied dans les Alpes.
À Paris, l’impression était claire : Vingegaard était passé à côté d’une occasion rare. Ce constat aurait pu marquer un simple détail, mais il semble bien que cette expérience ait profondément influencé sa philosophie de course.
Une approche plus agressive sur la Vuelta
Dès les premiers jours de la Vuelta, Jonas Vingegaard a donné le ton. Sa victoire lors de la deuxième étape au sommet du Limone Piemonte, obtenue malgré une chute à 25 km de l’arrivée, a illustré une détermination nouvelle. Face à Giulio Ciccone, le Danois n’a pas hésité à jouer sa carte jusqu’au bout, témoignant d’une agressivité qu’on ne lui connaissait pas toujours.
Ses propos post-course confirment cette métamorphose :
« On ne va pas laisser une étape passer. Quand j’ai vu l’opportunité, bien sûr, je l’ai prise. Je suis super content de gagner aujourd’hui et de retrouver le maillot rouge. »
Ces déclarations traduisent une volonté claire de capitaliser sur chaque moment, sans excès de calcul. Une approche plus instinctive, moins contrôlée, mais potentiellement beaucoup plus redoutable.
Le maillot rouge comme catalyseur de confiance
Revêtir le maillot rouge de leader dès la deuxième étape a renforcé la motivation du champion danois. Pour la première fois depuis longtemps, Vingegaard entame un Grand Tour avec le symbole de la suprématie dès le début, ce qui change radicalement la donne sur le plan psychologique.
Il l’a lui-même reconnu :
« Cela fait quelques années que je n’ai pas eu le maillot de leader sur un Grand Tour. J’ai hâte de voir les prochaines étapes et de défendre cette position. »
Ce regain de confiance pourrait s’avérer déterminant dans la gestion des 19 étapes restantes.
Une nouvelle philosophie de course, attaquer plutôt que calculer
Au-delà des résultats immédiats, ce qui frappe chez Vingegaard est son changement de mentalité. Là où il apparaissait autrefois comme un coureur pragmatique, attendant souvent la dernière montée pour frapper, il semble désormais déterminé à forcer le destin.
Cette approche offensive est à mettre en perspective avec les critiques passées qui pointaient son excès de prudence. Le contraste avec Pogacar, réputé pour son panache et ses attaques incessantes, a probablement pesé dans cette évolution.
Comparatif, Vingegaard vs Pogacar
Le duel entre Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar est devenu la rivalité emblématique du cyclisme moderne. Leur confrontation ne se limite pas aux jambes : elle est aussi psychologique et stratégique.
| Élément | Jonas Vingegaard | Tadej Pogacar |
|---|---|---|
| Style de course | Pragmatique, calculateur (mais en pleine mutation) | Offensif, imprévisible, panache |
| Force principale | Endurance en haute montagne | Polyvalence et explosivité |
| Point faible | Manque parfois d’instinct offensif | Gestion de l’énergie sur trois semaines |
| Palmarès Grand Tours | 2 Tours de France | 2 Tours de France + 1 Giro |
La concurrence à surveiller sur la Vuelta
Si Pogacar n’est pas aligné sur cette édition de la Vuelta, la route de Vingegaard n’en est pas moins semée d’embûches. L’UAE Team Emirates aligne une équipe redoutable, et Giulio Ciccone, déjà impressionnant lors de la deuxième étape, s’affirme comme un outsider sérieux.
D’autres noms comme Enric Mas, Remco Evenepoel ou encore Juan Ayuso pourraient également jouer les trouble-fêtes. Dans ce contexte, la régularité et la capacité à gérer les efforts deviendront cruciales.
Un test pour l’avenir de sa carrière
La Vuelta 2024 représente bien plus qu’un simple objectif sportif pour Jonas Vingegaard : elle est une épreuve de maturité. S’il parvient à y imposer sa nouvelle philosophie de course, il pourrait bien redéfinir son image et asseoir son statut de champion capable de dominer plusieurs Grands Tours.
En revanche, un échec fragiliserait cette stratégie et redonnerait un avantage psychologique certain à Pogacar pour leurs futures confrontations.
Le début de Vuelta de Jonas Vingegaard marque un véritable tournant. Plus offensif, plus confiant et animé par une volonté claire de ne plus laisser passer aucune chance, le Danois pourrait bien s’offrir une nouvelle dimension dans sa carrière. Face à Pogacar et aux autres grands noms du peloton, ce changement d’attitude pourrait devenir l’arme décisive qui lui manquait pour régner durablement.
Une chose est sûre : le duel Vingegaard-Pogacar n’en est qu’à ses prémices, et les amateurs de cyclisme peuvent se réjouir d’assister à une rivalité historique qui redéfinit déjà les codes du sport.