Le vendredi 21 novembre 2025, l’Union Européenne de Radio-Télévision (UER) a annoncé une refonte historique du système de vote de l’Eurovision. Ces changements radicaux, qui entreront en vigueur dès l’édition 2026 organisée à Vienne, font suite à la très vive controverse suscitée par le vote massif du public en faveur de la candidate israélienne lors de la finale 2025. Objectif affiché : restaurer la confiance, renforcer la transparence et empêcher toute instrumentalisation politique du concours.
Pourquoi l’UER a-t-elle décidé de tout changer ?
La finale de l’Eurovision 2025, remportée par l’Autriche, restera dans les mémoires pour son incroyable retournement de situation. La représentante israélienne, arrivée seulement 15ᵉ chez les jurys professionnels avec 60 points, a reçu 297 points du télévote public, la propulsant à la deuxième place finale. Cet écart jamais vu a immédiatement déclenché une vague de suspicions de campagne coordonnée et d’influence politique. Plusieurs diffuseurs nationaux (Pays-Bas, Irlande, Islande, Slovénie, Espagne…) ont publiquement demandé des explications détaillées sur l’origine de ces votes. L’association néerlandaise a même évoqué des « interférences prouvées » et une « instrumentalisation politique » de l’événement.
Les grandes lignes de la réforme 2026
L’UER présente ces nouvelles règles comme « la plus importante refonte du système de vote depuis 2016 ». Voici les mesures phares :
- Réduction de 50 % du nombre maximum de votes autorisés par personne (télévote)
- Retour des jurys professionnels en demi-finales
- Panels de jurys élargis et rajeunis (inclusion obligatoire de jurés de 18-25 ans)
- Renforcement des outils techniques de détection des votes frauduleux ou coordonnés
- Limites strictes imposées aux campagnes de promotion tierces, notamment celles financées ou soutenues par des gouvernements
| Critère | Anciennes règles (jusqu’en 2025) | Nouvelles règles 2026 |
|---|---|---|
| Nombre max de votes par personne | 20 votes par numéro / carte | 10 votes maximum |
| Jury en demi-finales | Non (100 % télévote depuis 2009) | Oui – 50 % jury / 50 % public |
| Âge minimum jurés | Aucun | Inclusion obligatoire 18-25 ans |
| Détection de fraudes | Basique | Algorithmes renforcés + blocage en temps réel |
| Campagnes gouvernementales | Tolérées | Interdites ou très fortement encadrées |
Le retour des jurys en demi-finales, un virage à 180°
Depuis 2009, les demi-finales étaient réservées à 100 % au vote du public. À partir de 2026, chaque demi-finale sera jugée à 50 % par des jurys professionnels nationaux renouvelés et plus diversifiés. L’UER espère ainsi limiter l’impact des campagnes massives de télévote qui peuvent déséquilibrer complètement le concours. L’inclusion de jeunes jurés (18-25 ans) vise également à rajeunir l’image parfois jugée conservatrice des jurys.
Limitation drastique du télévote, 10 votes au lieu de 20
Pour décourager les campagnes intensives, chaque personne ne pourra voter que 10 fois maximum (contre 20 auparavant), quel que soit le moyen de paiement. L’UER explique vouloir « inciter les fans à répartir leur soutien sur plusieurs artistes » plutôt que de concentrer des milliers d’euros sur un seul pays.
La lutte renforcée contre les campagnes politiques
Le communiqué officiel est très clair : « Le Concours Eurovision de la Chanson doit rester un espace neutre et ne doit en aucun cas être instrumentalisé ». Les nouvelles directives interdisent explicitement toute campagne de promotion financée ou organisée par un gouvernement ou une institution étatique. Des sanctions lourdes (disqualification, amendes) pourront être prononcées en cas de violation avérée.
Menaces de boycott, l’Eurovision 2026 déjà sous tension
Malgré ces annonces, plusieurs pays maintiennent la pression :
- Irlande, Islande, Slovénie, Espagne et Pays-Bas : boycott confirmé si Israël participe
- Belgique, Suède, Finlande, Norvège : réflexion en cours
- Portugal et Suisse : appels internes à suspendre Israël
Le diffuseur néerlandais justifie sa position par les « graves violations de la liberté de la presse » dans la bande de Gaza et les « interférences politiques » lors de l’édition 2025.
Réactions des fans et des experts
Sur les réseaux sociaux, les avis sont très partagés :
- Une partie des fans applaudit le retour d’un vote plus « équilibré » et moins sensible aux campagnes financières
- D’autres dénoncent une « censure » du vote populaire et craignent une perte d’émotion dans le concours
Les bookmakers, eux, estiment déjà que ces nouvelles règles pourraient totalement bouleverser les stratégies des délégations pour 2026. Avec cette refonte majeure, l’UER tente de sauver l’essence même du concours : une célébration musicale apolitique. Reste à savoir si ces mesures suffiront à apaiser les tensions géopolitiques qui menacent l’unité du concours depuis plusieurs années. L’édition 2026 à Vienne s’annonce déjà comme l’une des plus scrutées et des plus incertaines de l’histoire récente de l’Eurovision.
Commentaires
Soyez le premier à commenter cet article !