La Fête de l’Humanité 2025, prévue du 12 au 14 septembre, se retrouve au cœur d’une vive polémique. Plusieurs collectifs féministes et internautes dénoncent la présence d’artistes accusés de violences sexuelles et conjugales. La controverse enfle sur les réseaux sociaux, et certains appellent à annuler les concerts concernés.
Un festival sous tension, les origines de la polémique
Tout a commencé le 10 septembre, lorsqu’une publication Instagram de Sirine Sehil, élève-avocate et militante féministe connue sous le nom @militanthemis, a relancé le débat. Dans ce post, réalisé en collaboration avec plusieurs collectifs tels que Metoomedia_, stopfisha, mavoixmonchoix.org et surviv_hante, quatre rappeurs ont été pointés du doigt pour leur participation à la Fête de l’Huma.
Les militantes reprochent aux organisateurs de ne pas avoir pris en compte les alertes concernant certains de ces artistes, malgré des avertissements adressés dès le mois de juin.
Les artistes au centre des accusations
Quatre artistes sont cités dans la publication militante. Chacun d’entre eux est associé à des accusations plus ou moins médiatisées, suscitant l’indignation d’une partie du public.
| Artiste | Accusations mentionnées | Situation actuelle |
|---|---|---|
| Vicelow | Condamnation pour violences conjugales et plusieurs dénonciations pour harcèlement et agressions sexuelles. | Programmation confirmée malgré les critiques. |
| Kalash | Accusations de violences conjugales par son ex-compagne dans un livre. L’artiste a porté plainte pour diffamation. | Toujours prévu au festival. |
| TIF | Accusations de violences sexuelles relayées par d’anciens tweets supprimés. | Aucune réaction officielle. |
| Zamdane | Accusations similaires relayées par des publications en ligne. | Programmation maintenue. |
La réaction des militantes féministes
Dans leur communiqué, les militantes dénoncent ce qu’elles estiment être un mépris des victimes et une volonté de protéger les intérêts financiers du festival au détriment de l’éthique. Elles interpellent directement les organisateurs : Annulez leurs concerts. Sinon, on manifeste et on bloque l’événement.
Selon elles, un organisateur avait répondu en juin dernier promettant de se renseigner, mais aucune suite n’aurait été donnée.
Indignation et menaces de boycott sur les réseaux sociaux
La publication a rapidement généré des milliers de réactions. Dans les commentaires, de nombreux internautes expriment leur colère avec des messages tels que : « C’est une honte », « Vous annulez ou on bloque », « L’humain d’abord, l’humaine après ».
Cette mobilisation illustre une fracture croissante entre une partie du public et certains organisateurs de festivals, accusés de minimiser les violences sexistes et sexuelles.
Les organisateurs du festival restent silencieux
À ce jour, la direction de la Fête de l’Humanité n’a pas officiellement répondu à la polémique. Les artistes concernés restent toujours programmés, alimentant un climat de tension à quelques jours du festival.
Ce silence est perçu comme une stratégie d’évitement, mais risque d’amplifier la contestation et de ternir durablement l’image de l’événement.
Un débat plus large, la place des artistes accusés de violences dans les festivals
Au-delà du cas de la Fête de l’Huma, cette controverse relance un débat essentiel : faut-il séparer l’artiste de l’homme ou au contraire tenir compte de ses agissements privés pour décider de sa place sur scène ?
Cette question se pose dans de nombreux festivals en France et à l’international. Plusieurs collectifs féministes estiment qu’il est irresponsable de donner une visibilité médiatique et financière à des personnalités accusées de violences.
La Fête de l’Humanité 2025 se déroule dans un climat tendu, marqué par la colère de nombreux internautes et associations. Alors que les organisateurs restent silencieux, la pression populaire grandit. Reste à savoir si des mesures seront prises avant l’ouverture du festival ou si la contestation se déplacera sur le terrain.
Cette affaire illustre à quel point les choix culturels et artistiques des organisateurs sont désormais scrutés, et comment le public réclame une plus grande responsabilité éthique dans l’industrie musicale.
Commentaires
Soyez le premier à commenter cet article !