L'acteur oscarisé George Clooney, figure emblématique du soutien démocrate à Hollywood, exprime des regrets profonds sur la stratégie adoptée par le Parti Démocrate en 2024. Dans une interview choc, il critique l'investiture express de Kamala Harris sans primaires ouvertes, qualifiant cette décision d'erreur stratégique majeure.
Les déclarations choc de George Clooney sur CBS
Invité le 2 novembre 2025 dans l'émission Sunday Morning sur CBS, George Clooney n'a pas hésité à revenir sur son rôle controversé dans l'éviction de Joe Biden. L'acteur de 64 ans, connu pour des films comme Ocean's Eleven et The Descendants, a déclaré sans ambages : "Remplacer Joe Biden par Kamala Harris sans organiser de primaires démocrates était une erreur."
Cette prise de position intervient seulement quelques mois après sa tribune incendiaire publiée en juillet 2024 dans le New York Times, intitulée "J'adore Joe Biden, mais il nous faut un autre candidat". Clooney y appelait ouvertement à un remplacement du président en exercice, citant sa performance catastrophique lors du débat face à Donald Trump en juin 2024.
Interrogé sur un possible regret de cette tribune, l'acteur a répondu avec fermeté : "Non, je la réécrirais aujourd'hui sans hésiter." Il insiste sur la nécessité d'une primaire accélérée : "Nous avions une chance unique de tester plusieurs candidats et de choisir le plus compétitif."
Le contexte, du débat désastreux à l'investiture express
Pour comprendre les regrets de George Clooney, il faut remonter à l'été 2024. Le 27 juin, Joe Biden, alors âgé de 81 ans, livre une prestation chaotique lors du premier débat présidentiel contre Donald Trump. Perte de fil, hésitations, réponses confuses : les images font le tour du monde et sèment le doute au sein du Parti Démocrate.
Moins de deux semaines plus tard, le 10 juillet 2024, George Clooney publie sa tribune. Le timing est explosif : il vient tout juste de co-organiser une levée de fonds record à Los Angeles, récoltant plus de 30 millions de dollars pour la campagne de Biden, aux côtés de stars comme Julia Roberts, Barbra Streisand et Barack Obama.
Chronologie clé des événements de 2024 :
- 27 juin : Débat Biden-Trump – performance catastrophique de Biden
- 10 juillet : Tribune de Clooney dans le NYT
- 21 juillet : Joe Biden annonce son retrait de la course
- 5 août : Kamala Harris investie par vote virtuel des délégués
- 5 novembre : Victoire de Donald Trump
Le 21 juillet, sous pression, Joe Biden se retire. Kamala Harris, vice-présidente depuis 2021, est désignée candidate par un vote virtuel des délégués démocrates – une procédure exceptionnelle, sans primaires ouvertes ni débats publics entre candidats potentiels.
Pourquoi Clooney parle d'une "erreur stratégique" ?
Au cœur des critiques de George Clooney : l'impossibilité pour Kamala Harris de se distancer du bilan Biden. Comme il l'explique : "L'erreur avec Kamala, c'est qu'elle a dû se présenter contre son propre bilan. C'est très difficile de dire : 'Je ne suis pas cette personne' quand on a été vice-présidente pendant quatre ans."
Sans primaires, Harris n'a pas pu construire une narrative de rupture. Elle héritait automatiquement des succès… mais surtout des échecs de l'administration Biden : inflation persistante, crise migratoire à la frontière sud, impopularité croissante sur les questions économiques.
Clooney plaide pour un processus démocratique interne : "Une primaire ouverte, même accélérée, aurait permis de tester plusieurs candidats – Gretchen Whitmer, Josh Shapiro, Andy Beshear – et de choisir celui ou celle capable de battre Trump."
| Candidats potentiels démocrates 2024 | Forces | Faiblesses |
|---|---|---|
| Kamala Harris | Visibilité nationale, soutien de l'appareil démocrate | Héritage du bilan Biden, impopularité personnelle |
| Gretchen Whitmer (Michigan) | Populaire dans un État pivot, gestion de crise Covid | Moins connue nationalement |
| Josh Shapiro (Pennsylvanie) | Élu dans un État clé, discours modéré | Positions pro-Israël controversées à gauche |
| Andy Beshear (Kentucky) | Démocrate élu dans un État rouge, discours unificateur | Peu d'expérience nationale |
Le témoignage accablant du livre *Original Sin*
Les regrets de Clooney trouvent un écho dans le livre Original Sin, publié en mai 2025 par les journalistes Jake Tapper (CNN) et Alex Thompson (Axios). Les auteurs révèlent un détail glaçant : lors de la levée de fonds de juin 2024 à Los Angeles, Joe Biden n'a pas reconnu George Clooney, malgré leur proximité passée.
Clooney, choqué, confie aux auteurs : "Il était sévèrement diminué, comme s'il avait vieilli d'une décennie en 18 mois." La dernière rencontre entre les deux hommes datait de décembre 2022. Entre-temps, Biden revenait d'un voyage épuisant de trois jours en Italie pour le G7.
Ce témoignage renforce l'idée que le déclin cognitif de Biden était visible dès l'été 2024, et que l'entourage présidentiel a tardé à agir. Clooney, en publiant sa tribune, a forcé le parti à affronter la réalité.
Les leçons pour le Parti Démocrate en 2028
À l'approche de la prochaine élection présidentielle, les déclarations de George Clooney résonnent comme un avertissement. Faut-il réformer le système des primaires démocrates ? Plusieurs voix s'élèvent pour exiger :
- Des primaires ouvertes dès le retrait d'un candidat
- Un calendrier accéléré mais transparent
- Des débats télévisés entre candidats potentiels
- Une limite d'âge ou des tests cognitifs pour les candidats
Sans ces réformes, le Parti Démocrate risque de reproduire les erreurs de 2024. Comme le résume Clooney : "Nous avons sacrifié la démocratie interne pour la rapidité… et nous avons perdu."
George Clooney, un acteur engagé, pas un opportuniste
Il serait réducteur de voir en George Clooney un simple critique opportuniste. L'acteur a toujours été un soutien fidèle des démocrates :
- Campagne active pour Barack Obama en 2008 et 2012
- Soutien financier à Hillary Clinton en 2016
- Levées de fonds pour Joe Biden en 2020 et 2024
- Engagement humanitaire (Darfour, Arménie)
Sa tribune de 2024 n'était pas un caprice de star, mais le cri d'alarme d'un démocrate convaincu que le parti allait à la défaite. Ses regrets actuels confirment sa sincérité : il ne voulait pas la chute de Biden, mais une transition maîtrisée.
Les mots de George Clooney en novembre 2025 marquent un tournant. "Remplacer Joe Biden par Kamala Harris sans primaires était une erreur" : cette phrase résume à elle seule les failles d'une stratégie précipitée, dictée par la panique plus que par la vision.
Alors que Donald Trump entame son second mandat, le Parti Démocrate doit tirer les leçons de 2024. Une primaire ouverte, transparente et compétitive en 2028 pourrait être la clé pour reconquérir le pouvoir. Comme le dit Clooney : "Nous avions une chance. Nous l'avons manquée."
Restera-t-il entendu ? L'avenir du parti en dépend.
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