Gérard Lanvin, aujourd’hui figure incontournable du cinéma français, conserve un souvenir nuancé de son passage auprès de la troupe du Splendid. Cette période de ses débuts n’a pas seulement forgé son métier, elle révèle aussi les difficultés relationnelles et professionnelles auxquelles il a dû faire face pour se faire une place.
Contexte historique, de la pièce au film
À la fin des années 1970, la troupe du Splendid triomphe avec la pièce Amour, coquillages et crustacés. Ce succès théâtral precède l’adaptation cinématographique sous le titre Les Bronzés (réalisé par Patrice Leconte, 1978). :contentReference[oaicite:0]{index=0}
À cette époque, Thierry Lhermitte, incarnant le prof de sport “Popeye”, décide de partir quelques jours avant la fin de la tournée vers le Sénégal pour obtenir un bronzage adéquat au rôle. C’est alors qu’il propose à Gérard Lanvin, ami et comédien en devenir, de le remplacer temporairement sur scène. :contentReference[oaicite:1]{index=1}
Une intégration délicate au sein de la troupe
Malgré l’opportunité, l’accueil au sein du Splendid ne fut pas sans heurts. Gérard Lanvin raconte que certains comédiens étaient mécontents du départ anticipé de Thierry, non tant à cause de lui, mais parce que cela chamboulait l’organisation et les répétitions. :contentReference[oaicite:2]{index=2}
Le point de friction principal : « Personne n’a voulu répéter avec moi ». Isolé, Lanvin a dû compter sur ses propres ressources pour préparer le rôle. Il mentionne Coluche, avec qui il vivait à l’époque, comme celui qui l’a aidé à répéter. :contentReference[oaicite:3]{index=3}
Une seule représentation, une expérience intense
Malgré le manque de soutien lors des répétitions, Gérard Lanvin monte une seule fois sur scène pour ce spectacle. Cette représentation unique, bien que réussie, ne suffit pas à apaiser la tension vécue, notamment celle liée au trac et au défi d’incarner un rôle déjà bien installé dans le cœur des spectateurs. :contentReference[oaicite:4]{index=4}
Deux jours après cette représentation, Thierry Lhermitte revient et retrouve sa place dans le spectacle. L’épisode laisse à Lanvin un souvenir à la fois formateur et douloureux, une marque forte dans son chemin vers le succès plus tardif. :contentReference[oaicite:5]{index=5}
Ce que cette épreuve l’a apporté
Au-delà du malaise initial, Gérard Lanvin considère que cette expérience au Splendid a été décisive :
- Elle lui a permis de mesurer l’importance de la ténacité dans le métier d’acteur, même quand le soutien manque. :contentReference[oaicite:6]{index=6}
- Elle a renforcé son estime pour ses collègues et pour l’entourage artistique : malgré les conflits, il demeure en bons termes avec Thierry Lhermitte, Christian Clavier, Michel Blanc et les autres noms de la troupe. :contentReference[oaicite:7]{index=7}
- Cet épisode précoce montre aussi la dualité entre spectacle vivant et cinéma : le monde du théâtre exige disponibilité, endurance, et capacité à improviser face à l’adversité. :contentReference[oaicite:8]{index=8}
Tensions internes et le poids des dynamiques de troupe
L’anecdote révèle plusieurs dynamiques fréquentes dans les troupes de théâtre :
| Aspect | Manifestation dans l’histoire |
|---|---|
| Ressentiment lié à un départ anticipé | Les membres du Splendid reprochent à Lhermitte d’être parti pour bronzer avant la fin des représentations. :contentReference[oaicite:9]{index=9} |
| Isolement du remplaçant | Personne ne répète avec Lanvin, ce qui accroît son anxiété et sa solitude. :contentReference[oaicite:10]{index=10} |
| Soutien informel | Coluche intervient pour aider Lanvin à répéter. :contentReference[oaicite:11]{index=11} |
| Unique prestation puis retour à la situation initiale | Lanvin ne joue qu’une fois, puis Lhermitte revient. :contentReference[oaicite:12]{index=12} |
L’impact sur la carrière de Gérard Lanvin
Si ce moment fut éprouvant, il ne constitue pas un frein dans la trajectoire de Lanvin. Au contraire : il s’inscrit comme l’une des étapes essentielles vers sa reconnaissance. Voici quelques points clés :
| Période | Projet notable |
|---|---|
| Années 1970 | Participation au théâtre & cafés-théâtres, premiers rôles, rencontres avec Coluche et le Splendid. :contentReference[oaicite:13]{index=13} |
| Début des années 1980 | Succès cinématographique dans des films comme Marche à l’ombre, Les Frères Pétard, Le Prix à payer, etc. :contentReference[oaicite:14]{index=14} |
Réflexion sur le souvenir, ni rancune ni illusion
Gérard Lanvin ne dissimule pas l’amertume qu’il a ressentie, mais il ne se dit pas non plus blessé pour l’éternité. L’expérience a été difficile, elle a laissé des marques, mais elle fait partie intégrante de son parcours, sans pour autant être un point de rupture définitif dans ses rapports avec ses anciens collègues. :contentReference[oaicite:15]{index=15}
En sus, il reconnaît la valeur humaine de ces moments : la camaraderie, les répétitions improvisées, les hauts et les bas, toutes ces épreuves contribuent à forger un acteur complet, capable de résister aux aléas du métier. :contentReference[oaicite:16]{index=16}
L’évocation de cette parenthèse au Splendid par Gérard Lanvin nous montre combien les débuts en théâtre, surtout en troupe, peuvent être empreints de tension. C’est une leçon de solidarité contrariée, d’isolement imposé, mais aussi de défi personnel relevé. Au-delà de la simple anecdote, c’est le témoignage d’un cheminement vers la maturité artistique.
En fin de compte, ce souvenir mitigé, contrasté entre moments de solitude et soutien ponctuel, illustre parfaitement la réalité d’un artiste en devenir : vulnérable, exigeant, déterminé.
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