Le monde de la musique et du cinéma urbain est souvent synonyme de glamour et de créativité, mais parfois, les coulisses d’un projet artistique peuvent tourner au cauchemar pour les riverains. C’est exactement ce qui s’est passé lors du tournage d’un clip vidéo de Gims à la célèbre cité Pablo-Picasso de Nanterre. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce quartier historique est un décor prisé pour les productions audiovisuelles. Pourtant, le passage de l’artiste et de son équipe le 9 novembre a laissé des traces indélébiles, tant sur le plan physique que dans l’esprit des habitants. Nuisances sonores nocturnes, dégradations visibles, coupures d’électricité : les griefs sont nombreux et la colère palpable. Plongeons au cœur de cette polémique Gims Nanterre qui illustre les tensions entre célébrité et vie de quartier.
Contexte, La cité Pablo-Picasso, un décor UNESCO convoité mais fragile
Avant de comprendre la polémique, il est essentiel de situer le lieu. La cité Pablo-Picasso, située à Nanterre dans les Hauts-de-Seine, n’est pas un quartier ordinaire. Conçue dans les années 1970 par l’architecte Émile Aillaud, cette ensemble résidentiel est une œuvre d’art urbain à part entière. Ses tours aux formes organiques, ses fresques colorées et son architecture moderniste lui ont valu d’être inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2023, aux côtés d’autres sites emblématiques de l’habitat social français.
Ce statut attire régulièrement les caméras : films, séries télévisées, clips musicaux… Le quartier a servi de toile de fond à des productions comme La Haine ou des vidéos de rappeurs célèbres. Mais cette fréquentation n’est pas sans conséquences. Les habitants, attachés à leur cadre de vie, exigent un respect strict des règles lors des tournages. Malheureusement, le cas de Gims semble avoir franchi toutes les limites acceptables.
Les faits, Un tournage chaotique le 9 novembre
Le dimanche 9 novembre, les équipes de Gims investissent la cité Pablo-Picasso pour tourner un clip. Ce qui devait être une opération discrète et professionnelle vire rapidement au désordre. Selon le communiqué de la Confédération Nationale du Logement (CNL) des Hauts-de-Seine, section Avignon, les riverains ont été confrontés à une série de désagréments qui ont duré jusqu’au bout de la nuit.
Les témoignages convergent : musique à plein volume, dérapages de voitures bruyants, feux de camp improvisés… Autant d’éléments qui ont transformé une soirée ordinaire en calvaire pour les familles du quartier. Pire encore, aucune autorisation préalable n’aurait été demandée aux autorités locales ou aux résidents, ce qui constitue une infraction potentielle aux réglementations sur les tournages en espace public.
Nuisances sonores nocturnes, Quand le clip de Gims réveille tout le quartier
Le principal reproche ? Les nuisances sonores nocturnes. Les riverains rapportent avoir été réveillés par des bruits stridents de dérapages de voitures jusqu’à plus de minuit. Ajoutez à cela la musique diffusée à un volume élevé pour les besoins du tournage, et vous obtenez une nuit blanche pour des centaines de personnes.
Cette situation n’est pas anodine. Dans un quartier résidentiel comme Pablo-Picasso, où vivent de nombreuses familles avec enfants, le bruit nocturne est non seulement une gêne, mais aussi une atteinte à la santé publique. Des études montrent que l’exposition prolongée à des décibels élevés peut causer stress, troubles du sommeil et même problèmes cardiovasculaires. Les habitants de Nanterre ont donc toutes les raisons d’être indignés face à ce manque de considération.
Dégradations visibles, Traces de freinage et barils abandonnés
Au-delà du bruit, les dégradations physiques ont choqué les résidents. Des photos prises par le collectif local montrent clairement des traces de freinage sur la dalle centrale de la cité – une surface piétonne censée être préservée. De plus, des barils ayant servi à allumer des feux ont été laissés sur place, jonchant les espaces communs.
Ces actes ne sont pas seulement inesthétiques ; ils représentent un coût pour la collectivité. La dalle, élément architectural emblématique, risque d’être endommagée de manière irréversible si de tels agissements se répètent. La CNL dénonce un manque flagrant de respect pour un site classé UNESCO, soulignant que Gims et son équipe semblent déconnectés de la réalité des habitants.
Coupures d’électricité, Un hall plongé dans le noir pendant des heures
L’un des incidents les plus graves concerne les coupures de courant. Pour les besoins du tournage, les équipes techniques ont débranché l’ensemble des ampoules du hall d’entrée de la Tour 19 Avignon. Conséquence ? Les résidents se sont retrouvés sans éclairage dès la fin du tournage, et ce jusqu’au lundi après-midi, vers 17 heures.
Un technicien a dû intervenir en urgence le 10 novembre pour rétablir le système. Pendant près de 24 heures, les habitants – notamment les personnes âgées et les familles avec jeunes enfants – ont dû circuler dans l’obscurité, augmentant les risques d’accidents. Ce geste, perçu comme une intrusion irresponsable, a exacerbé la colère générale.
Tableau récapitulatif des incidents lors du tournage de Gims à Nanterre
| Type d'incident | Description détaillée | Conséquences pour les riverains | Date/Heure |
|---|---|---|---|
| Nuisances sonores | Musique forte + dérapages de voitures stridents | Troubles du sommeil, stress nocturne | 9 novembre, jusqu'après minuit |
| Dégradations physiques | Traces de freinage sur la dalle + barils abandonnés | Altération du patrimoine, nettoyage à prévoir | 9 novembre |
| Coupure d'électricité | Débranchement des ampoules du hall Tour 19 | Obscurité totale, intervention technicien urgente | 9 novembre au 10 novembre 17h |
| Absence d'autorisation | Aucun permis préalable demandé | Infraction potentielle, sentiment d'impunité | 9 novembre |
La réaction des habitants et de la CNL, "Gims n’est pas au-dessus des lois"
Face à ces agissements, la Confédération Nationale du Logement des Hauts-de-Seine a publié un communiqué cinglant. Les termes sont clairs : manque de considération et de respect, personnes déconnectées de la réalité. Les riverains exigent que Gims et son équipe répondent de leurs actes, réparent les dégâts et présentent des excuses publiques.
La phrase choc – "Maître Gims n’est pas au-dessus des lois" – résume parfaitement le sentiment général. Dans un quartier où la solidarité est une valeur forte, voir une célébrité ignorer les règles élémentaires de civisme est perçu comme une provocation. La CNL appelle à une sensibilisation accrue des productions audiovisuelles aux réalités des habitants des cités.
Analyse, Pourquoi cette polémique dépasse le simple incident ?
Cette affaire Gims cité Pablo-Picasso met en lumière plusieurs problématiques sociétales. D’abord, la gentrification culturelle : les quartiers populaires deviennent des décors exotiques pour les artistes, sans que leurs habitants ne bénéficient des retombées. Ensuite, le statut UNESCO impose des obligations de préservation que tout tournage doit respecter.
Enfin, cette polémique interroge la responsabilité des célébrités. Gims, figure du rap français, jouit d’une immense popularité. Mais popularité ne rime pas avec impunité. Des cas similaires – comme des tournages à La Courneuve ou à Sevran – montrent que le problème est récurrent. Une charte éthique pour les clips en banlieue pourrait être une solution viable.
Conséquences possibles, Réparations, sanctions et excuses
À l’heure actuelle, aucune réaction officielle de Gims ou de son management n’a été communiquée. Pourtant, les riverains attendent des gestes concrets : rémédiation des dégradations, compensation pour les coupures d’électricité, et surtout, des excuses publiques. La mairie de Nanterre pourrait également s’impliquer pour renforcer les contrôles sur les autorisations de tournage.
Sur le plan juridique, si l’absence d’autorisation est prouvée, des amendes pourraient être infligées. Plus largement, cette affaire pourrait inciter les producteurs à adopter des pratiques plus respectueuses des communautés locales.
Comparaison avec d’autres tournages polémiques en banlieue
Pour contextualiser, voici un tableau comparatif de tournages controversés :
isements sonores prolongés
| Artiste/Production | Lieu | Année | Principaux incidents | Résolution |
|---|---|---|---|---|
| Gims | Cité Pablo-Picasso, Nanterre | 2025 | Nuisances sonores, dégradations, coupures courant | En attente |
| Booba | Quartier des Minguettes, Vénissieux | 2018 | Bagarres, dégradations véhicules | Excuses + dons association locale |
| Kaaris | Aéroport Orly (tournage clip) | 2018 | Bagarre générale | Condamnations judiciaires |
| Series Netflix (divers) | Seine-Saint-Denis | 2020-2024 | Protocoles renforcés avec mairies |
Le tournage du clip de Gims à Nanterre illustre parfaitement les dérives possibles lorsque la créativité artistique ignore les réalités du terrain. Les habitants de la cité Pablo-Picasso ne demandent qu’une chose : du respect pour leur quartier et leurs vies quotidiennes. Espérons que cette polémique serve de leçon et incite à des pratiques plus éthiques. Car un site UNESCO comme celui-ci mérite d’être préservé, et non saccagé pour les besoins d’un clip, aussi ambitieux soit-il.
Si vous habitez un quartier similaire ou avez été témoin de tournages problématiques, partagez votre expérience dans les commentaires. Ensemble, faisons entendre la voix des riverains !
Commentaires
Soyez le premier à commenter cet article !