Guillermo del Toro : "Je préférerais mourir" que d’utiliser l’IA – Frankenstein Netflix 2025

Guillermo del Toro : "Je préférerais mourir" que d’utiliser l’IA – Frankenstein Netflix 2025

Auteur : Aurore BAUDRY

Date : 27 octobre 2025 à 13:49

Le réalisateur mexicain doublement oscarisé trace une ligne rouge définitive face à l’intelligence artificielle générative. À l’occasion de la sortie de son Frankenstein sur Netflix le 7 novembre 2025, il défend une vision radicale de l’artisanat cinématographique.

 

Une déclaration choc contre l’IA générative

 

Dans une interview fleuve accordée à la radio américaine NPR, Guillermo del Toro ne mâche pas ses mots : « Je n’utiliserai jamais l’intelligence artificielle générative. Ni maintenant, ni jamais. Je préférerais mourir. » Cette prise de position, loin d’être un simple coup de communication, s’inscrit dans une réflexion profonde sur la création, l’éthique et les dérives technologiques.

Pour del Toro, l’IA n’est pas une aide créative, mais une menace existentielle pour l’art. Il la qualifie même de « stupidité naturelle », soulignant que ce ne sont pas les machines qui posent problème, mais les humains qui les utilisent sans discernement.

 

Le parallèle avec Victor Frankenstein

 

Son adaptation de Frankenstein n’est pas un choix anodin. Le roman de Mary Shelley, publié en 1818, explore les dangers d’une création sans conscience. Del Toro y voit un miroir parfait de notre époque : « L’arrogance de Victor ressemble à celle des tech bros. Il crée sans réfléchir aux conséquences. »

Dans le film, Victor Frankenstein (incarné par Oscar Isaac) est dépeint comme un scientifique aveuglé par son ambition, un écho direct aux entrepreneurs de la Silicon Valley qui déploient l’IA à grande échelle sans anticiper les impacts sociaux, culturels ou artistiques.

 

Frankenstein, un rêve d’enfance devenu réalité

 

À sept ans, dans une salle obscure de Guadalajara, le jeune Guillermo del Toro découvre le Frankenstein de 1931 avec Boris Karloff. La scène où la créature apparaît dans l’encadrement de la porte le marque à jamais. « J’ai vu la résurrection de la chair, l’immaculée conception, l’extase, les stigmates. Tout avait du sens », confie-t-il.

Ce moment d’épiphanie transforme le monstre en « avatar personnel » et en « messie personnel ». Plus de cinquante ans plus tard, del Toro réalise enfin son rêve : une adaptation fidèle au roman de Mary Shelley, centrée sur le point de vue de la créature (Jacob Elordi).

 

Une relecture audacieuse du mythe

 

Contrairement aux versions hollywoodiennes classiques, del Toro choisit de raconter la dernière partie de l’histoire, du point de vue du monstre. Une approche qui humanise la créature et interroge la responsabilité du créateur – un thème plus que jamais d’actualité à l’ère de l’IA.

Élément Détail dans le film de del Toro
Point de vue narratif Du côté de la créature (Jacob Elordi)
Victor Frankenstein Oscar Isaac – arrogant, aveuglé par la science
Esthétique de la créature Inspirée des manuels de phrénologie du XIXe, peau d’albâtre, lignes aérodynamiques
Décors 100 % physiques – laboratoire et navire construits manuellement
Sortie 7 novembre 2025 sur Netflix

 

L’obsession de l’artisanat à l’ancienne

 

Del Toro ne se contente pas de rejeter l’IA : il la combat par l’action. Son Frankenstein est une ode au travail manuel. Tous les décors – du laboratoire de Victor au navire du capitaine Anderson – ont été construits physiquement. Pas de fond vert, pas de simulation numérique, pas d’IA.

« Je veux des décors réels. Je veux de l’artisanat à l’ancienne : des gens qui peignent, construisent, martèlent, plâtrent. »

Cette philosophie se prolonge au-delà du film. Del Toro a signé un partenariat avec Netflix pour ouvrir une école de stop motion à Paris, afin de transmettre les techniques traditionnelles d’animation aux nouvelles générations.

 

La créature : une sculpture vivante

 

Pour concevoir le monstre, del Toro s’est plongé dans les manuels de phrénologie du XIXe siècle. Le résultat ? Une créature aux lignes élégantes, presque sculpturales, avec une peau d’albâtre évoquant le marbre ou les statues du Christ des églises mexicaines de son enfance.

« Je voulais cette sensation de statue, comme un être humain nouvellement créé », explique-t-il. Un choix esthétique qui renforce le caractère sacré et tragique du personnage.

 

Une filmographie habitée par les monstres et les marginaux

 

Rejeter l’IA n’est pas une posture isolée. Toute l’œuvre de Guillermo del Toro célèbre les créatures incomprises et dénonce les hommes qui se comportent comme des monstres. De Le Labyrinthe de Pan à La Forme de l’eau, en passant par Crimson Peak, ses films explorent les zones grises de l’humanité.

  • Le Labyrinthe de Pan (2006) : une fillette face à un monde de monstres et de dictature
  • Hellboy (2004-2008) : un démon au service du bien
  • La Forme de l’eau (2017) : une histoire d’amour entre une femme muette et une créature amphibie
  • Pacific Rim (2013) : des pilotes fusionnant avec des machines pour combattre des kaijus

Dans chacun de ces films, la technologie est souvent une force ambivalente – utile, mais dangereuse si mal utilisée. Frankenstein s’inscrit dans cette lignée, mais avec une radicalité nouvelle : l’IA est l’ennemi.

 

Réception critique et attentes du public

 

Présenté en première mondiale à la 82e Mostra de Venise fin août 2025, le film a été chaleureusement accueilli. Les critiques saluent :

  • La fidélité au roman de Mary Shelley
  • La performance habitée de Jacob Elordi
  • La direction artistique somptueuse
  • La pertinence du message anti-technologique

Sur les réseaux sociaux, les fans oscillent entre excitation et curiosité : « Un Frankenstein sans IA ? Enfin du cinéma vrai ! »

 

Pourquoi ce Frankenstein arrive au bon moment

 

En 2025, alors que l’IA générative envahit le cinéma (deepfakes, scénarios automatisés, effets spéciaux low-cost), la position de del Toro résonne comme un cri de résistance. Il ne s’agit pas de nostalgie, mais d’une défense de l’humain dans l’art.

Comme Victor Frankenstein, les géants de la tech créent sans garde-fous. Comme la créature, les artistes risquent d’être remplacés par des simulacres. Del Toro propose une alternative : retour à l’essentiel, au toucher, à l’erreur, à l’imperfection.

 

Les dates clés à retenir

 

Événement Date
Sortie de Frankenstein sur Netflix 7 novembre 2025
Première mondiale – Mostra de Venise Fin août 2025
Ouverture de l’école de stop motion à Paris 2026 (date à confirmer)

Avec Frankenstein, Guillermo del Toro ne signe pas seulement un film. Il livre un manifeste. Contre l’uniformisation, contre la déshumanisation, pour le geste, la sueur, la matière.

« Je préférerais mourir » que d’utiliser l’IA, dit-il. Et dans chaque plan de son film, on sent qu’il est prêt à tout pour défendre cette conviction.

Alors, prêt à découvrir un cinéma 100 % humain ?

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