Harry Roselmack, figure emblématique de la télévision française et animateur de Sept à huit sur TF1, apporte un éclairage apaisant sur les fluctuations d’audience. À la veille de sa 19ᵉ saison à la tête du magazine de reportages dominical, il insiste sur un principe simple mais souvent négligé : l’audience du lendemain ne doit pas devenir l’obsession. Interviewé dans « 9h02 », le nouveau format de Puremédias dédié aux rapports que les visibilités médiatiques entretiennent avec les chiffres d’audience, il confie préférer observer les tendances sur plusieurs mois plutôt que de s’attarder sur des résultats ponctuels.
Relativiser une mauvaise audience, la philosophie d’Harry Roselmack
Pour Harry Roselmack, une performance d’audience décevante un dimanche ne constitue pas un signal d’alarme. Il explique que le véritable enjeu réside dans l’évolution sur plusieurs semaines ou mois : si l’audience diminue de façon continue sur une longue période, là oui, on doit s’interroger. Mais un seul article de mauvais résultats, estime-t-il, « ne veut vraiment pas dire grand-chose ».
L’importance de la tendance sur plusieurs mois
L’animateur insiste sur le fait que ce sont les tendances durables qui importent. Il faut regarder les résultats d’audience sur deux, trois, voire quatre mois pour évaluer une situation. Si, à ce moment-là, une baisse s’installe, on met en place des diagnostics et on cherche des solutions adaptées.
La contre-programmation comme facteur perturbateur
Roselmack reconnaît que certaines périodes ont été plus délicates. Par exemple, la diffusion de D&CO sur M6, animé par Valérie Damidot, a constitué une « contre-programmation » suffisamment forte pour affecter les résultats de Sept à huit. Cette situation a mis en lumière la difficulté de rivaliser lorsque l’offre concurrente est très différente ou attire un public par des formats totalement opposés.
Audience et sommaire, pas de décision automatique
Contrairement à ce que pourraient penser certains, l’audience ne détermine pas automatiquement le contenu d’un sommaire. Parfois, un numéro de Sept à huit réalise de faibles audiences sans qu’il soit possible d’en identifier la cause précise. D’autres fois, les sujets moins proches du quotidien, comme ceux réalisés à l’étranger, impliquent un risque, mais restent nécessaires. Pour Roselmack, il est essentiel de continuer à diversifier le contenu, même au prix d’une incertitude.
Le regard sur l’audience, calme, distance et analyse
Loin de se laisser envahir par la pression, Harry Roselmack adopte une posture de recul. Le dimanche matin, dès 9h02, il ne se fige pas sur les chiffres quotidiens. Lui et son équipe observent, comparent, et analysent, toujours dans une perspective à moyen terme. C’est ce qui permet de rester serein et d’éviter les réactions impulsives.
Perspectives et enseignements après 19 saisons
La longévité de Sept à huit sur TF1 donne à Roselmack une légitimité pour parler du rapport à l’audience. Il a traversé des moments de forte concurrence, des formats différents, des attentes changeantes du public, mais aussi des succès durables. Ces expériences accumulées lui permettent de relativiser les mauvais jours et de mieux comprendre ce qu’il se passe quand les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances.
Tableau comparatif, audience vs contexte
Ce tableau illustre comment différents facteurs (contre-programmation, type de sujet, durée de diffusion) peuvent influer sur l’audience de Sept à huit.
| Facteur | Impact sur l’audience attendu | Commentaire |
|---|---|---|
| Contre-programmation forte (ex : émission populaire en face) | Chute sensible | Le public peut être attiré par une offre plus divertissante ou différenciée. |
| Sujet tourné à l’étranger ou peu familier | Risque modéré de baisse | Moins de proximité, mais richesse informative. |
| Période de redynamisation / changements éditoriaux | Variations incertaines | Peut susciter curiosité ou rejet selon la communication autour. |
| Tendance de longue durée sur plusieurs mois | Significatif | Indicateur clé pour réagir et ajuster l’offre. |
En 19 saisons, Harry Roselmack a appris que les chiffres d’audience ne sont pas une entrave, mais un signal parmi d’autres. Une mauvaise audience dominicale, même si elle peut décevoir, ne suffit pas à remettre en cause une émission. Ce qui compte vraiment, c’est la direction dans laquelle on évolue : si les résultats se dégradent durablement, alors il est légitime de réagir. Sinon, il faut garder courage, confiance dans le projet et continuer à offrir des reportages de qualité.
Roselmack rappelle finalement que l’audience est un paramètre parmi plusieurs, mais qu’en aucun cas elle ne doit devenir le maître absolu du contenu. Proximité, diversité, authenticité et constance demeurent, selon lui, des piliers essentiels pour durer dans un paysage audiovisuel changeant.
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