Trente ans après ses débuts, Hélène Ségara continue de lever le voile sur les moments fondateurs de sa carrière. Invitée de Vivement dimanche, la chanteuse est revenue avec franchise et émotion sur l’aventure Notre-Dame de Paris, œuvre monumentale qui a marqué toute une génération. Parmi les confidences livrées sur le plateau de Michel Drucker, une anecdote saisissante : un geste de scène devenu réel, lorsqu’elle a frappé son partenaire Daniel Lavoie, emportée par l’intensité dramatique du rôle d’Esmeralda.
Un récit sans artifice, révélateur de l’engagement total des artistes de cette comédie musicale devenue mythique, mais aussi de la trajectoire singulière d’Hélène Ségara, aujourd’hui célébrée comme l’une des voix majeures de la chanson française.
Une carrière emblématique célébrée sur scène
À l’aube de ses 30 ans de carrière, Hélène Ségara s’apprête à célébrer un parcours rare par sa longévité et sa diversité. Le 28 février prochain, la chanteuse se produira à la salle Pleyel pour un concert anniversaire très attendu, pensé comme une traversée musicale de ses plus grands succès et des moments clés de son histoire artistique.
Depuis ses débuts discrets jusqu’à son ascension fulgurante au tournant des années 2000, Hélène Ségara a construit une relation fidèle avec le public. Des titres devenus incontournables — Il y a trop de gens qui t’aiment, Vivo per lei, L’amour est un soleil — ont installé sa voix singulière dans le paysage musical francophone et international.
Mais au-delà des chiffres de vente et des distinctions, c’est un rôle qui demeure central dans la mémoire collective : celui d’Esmeralda dans Notre-Dame de Paris.
Notre-Dame de Paris, une œuvre générationnelle
Créée en 1998, la comédie musicale Notre-Dame de Paris, écrite par Luc Plamondon et composée par Richard Cocciante, a profondément transformé le genre en France. Portée par une esthétique audacieuse, des thèmes universels et une distribution exceptionnelle, elle s’est imposée comme un phénomène culturel durable.
Les chansons Le temps des cathédrales, Belle ou encore Les cloches ont traversé les décennies sans perdre de leur force symbolique. La troupe originale — Garou, Patrick Fiori, Julie Zenatti, Daniel Lavoie et Hélène Ségara — est devenue emblématique, incarnant une époque charnière de la scène musicale francophone.
Pour Hélène Ségara, ce rôle a constitué un tournant décisif. Esmeralda, figure de liberté, de désir et de tragédie, lui a permis d’exprimer pleinement sa puissance vocale et son intensité dramatique.
Un passage remarqué dans Vivement dimanche
Le 21 décembre 2025, Hélène Ségara était l’invitée de Vivement dimanche, aux côtés de Daniel Lavoie, interprète historique de Claude Frollo. Sur le célèbre canapé rouge, les deux artistes ont partagé souvenirs et émotions, évoquant l’alchimie particulière qui liait les membres de la troupe.
Loin d’une simple nostalgie, l’échange a mis en lumière la rigueur artistique et l’implication psychologique exigées par le spectacle. Une exigence qui, parfois, dépassait le cadre strictement chorégraphié de la scène.
« Je l’ai cogné », une scène devenue réalité
C’est avec une sincérité désarmante qu’Hélène Ségara a livré une anecdote restée jusque-là inédite. Évoquant une scène où Esmeralda est emprisonnée et confrontée à Frollo, la chanteuse a reconnu avoir réagi instinctivement :
« Pour la petite histoire, quand j’étais en prison et qu’il venait me voir, un soir, je suis tellement rentrée dans mon rôle qu’au moment où il se jette sur moi, je l’ai cogné. Mais pour de vrai. »
Un geste réflexe, né de l’intensité dramatique et de l’immersion totale dans le personnage. Daniel Lavoie, loin de s’en offusquer, a accueilli cet épisode avec humour et bienveillance :
« En fait, c’était de l’amour. On a mal compris Frollo », a-t-il lancé, provoquant les rires du plateau.
Une implication artistique saluée par ses pairs
Hélène Ségara a tenu à préciser qu’une fois sortie de scène, elle avait immédiatement pris conscience de son geste et s’était inquiétée pour son partenaire. La réaction de Daniel Lavoie l’a profondément marquée :
« Il m’a dit : “Mais c’est génial. Ça m’a tellement fait incarner mon personnage.” »
Cette réponse illustre l’état d’esprit qui animait la troupe : une recherche constante de vérité scénique, parfois au prix d’une charge émotionnelle extrême. Pour Hélène Ségara, Daniel Lavoie demeure à ce jour « l’indétrônable Frollo », tant son interprétation a marqué l’histoire du spectacle.
Un héritage toujours vivant
Plus de vingt-cinq ans après sa création, Notre-Dame de Paris continue de se transmettre aux nouvelles générations. Daniel Lavoie reprendra d’ailleurs son rôle mythique de Frollo lors des célébrations prévues en 2026 au Palais des Congrès de Paris, à l’occasion du 25e anniversaire du spectacle.
Cette longévité exceptionnelle témoigne de la force narrative et émotionnelle de l’œuvre, mais aussi de l’empreinte laissée par ses interprètes originels.
Hélène Ségara, une artiste fidèle à son exigence
À travers cette anecdote, c’est toute la philosophie artistique d’Hélène Ségara qui se dessine : une implication totale, sans calcul, au service de l’émotion et de la vérité. Une approche qui explique la fidélité de son public et la crédibilité dont elle jouit depuis trois décennies.
Son concert anniversaire à la salle Pleyel s’annonce ainsi comme bien plus qu’un simple best-of. Il sera l’occasion de célébrer une carrière construite sur l’authenticité, la rigueur et une relation sincère avec la scène.
Entre souvenirs fondateurs et projets à venir, Hélène Ségara rappelle qu’au-delà des succès, ce sont les moments vécus — parfois imprévisibles — qui forgent les grandes trajectoires artistiques.
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