Mercredi 26 novembre, l’ancienne Miss France 2006, Alexandra Rosenfeld, a pris la parole lors d’une table ronde à l’Assemblée nationale dédiée au contrôle coercitif. Face aux députés, elle a livré un témoignage bouleversant sur sa relation toxique avec le chef étoilé Jean Imbert, il y a une décennie. Un récit qui met en lumière les mécanismes insidieux de la violence psychologique et physique, souvent minimisés, mais qui laissent des séquelles indélébiles.
Qu’est-ce que le contrôle coercitif ? Une définition claire pour mieux le reconnaître
Le contrôle coercitif n’est pas un simple conflit de couple. Il s’agit d’un ensemble de comportements répétitifs visant à dominer, isoler et déstabiliser la victime. Selon Alexandra Rosenfeld, il inclut :
- La manipulation émotionnelle (retourner la faute sur la victime)
- L’humiliation systématique (sur l’apparence, le milieu social, la parole)
- La violence physique (coups, intimidations)
- L’isolement social (couper des amis, de la famille)
- La création d’un climat de peur permanent
Ce phénomène, encore trop méconnu en France, est pourtant le premier signal d’alarme avant les violences plus graves, y compris les féminicides.
Le récit glaçant d’Alexandra Rosenfeld, « Il cochait toutes les cases »
Voix tremblante, regard parfois fuyant, Alexandra Rosenfeld a décrit une relation qui a duré plusieurs mois il y a dix ans. Elle revient sur des faits déjà évoqués dans Elle en septembre, mais avec une portée institutionnelle cette fois.
« Il provoquait des colères pour me faire passer pour folle. Il m’humiliait sur mon milieu, ma façon de m’habiller, de parler. »
Elle évoque aussi des épisodes de violence physique :
- Des coups dans les murs pour l’intimider
- Un coup de tête qui lui a fracturé le nez
Jean Imbert, selon elle, a justifié cet acte par un « accident ». Une excuse classique dans les cas de violence conjugale, comme le souligne l’ex-Miss France avec ironie :
« On peut casser le nez d’une femme par inadvertance, bien sûr… »
Les séquelles psychologiques, « Je me justifie encore pour rien »
Si les bleus s’effacent, les traumatismes psychologiques persistent. Alexandra Rosenfeld confie :
« Ce ne sont pas les coups qui m’ont le plus marquée, mais l’impact sur ma confiance en moi et ma perception de la réalité. »
Aujourd’hui en couple avec un homme respectueux, elle se surprend encore à :
- Se justifier excessivement
- Anticiper les conflits
- Détailler ses moindres actions
Ces réflexes sont les marques indélébiles du contrôle coercitif.
Pourquoi témoigner maintenant ? « Pour celles qui ont peur de parler »
Alexandra Rosenfeld ne témoigne pas pour elle seule. Elle pense aux cinq autres femmes qui, sur 15 ans, ont décrit des comportements identiques de Jean Imbert :
- Menaces
- Pressions psychologiques
- Violences physiques
Elle dénonce le poids du pouvoir et de l’image publique :
« Il est soutenu par des grands noms, a les meilleurs avocats, un cabinet de communication… Nous, nous n’avons pas ces moyens. »
Contrôle coercitif et féminicide, un lien alarmant en chiffres
Alexandra Rosenfeld l’affirme sans détour :
« 100 % des féminicides commencent par du contrôle coercitif. »
Voici un tableau récapitulatif des signes avant-coureurs à ne jamais ignorer :
| Signe de contrôle coercitif | Exemple concret | Conséquence |
|---|---|---|
| Humiliation répétée | Critiques sur l’apparence, le milieu social | Perte de confiance |
| Isolement | Interdire les sorties, surveiller le téléphone | Rupture des soutiens |
| Manipulation | Retourner la faute : « Tu me rends fou » | Doute sur sa santé mentale |
| Violence physique | Coups dans les murs, fracture | Peur permanente |
Enquête ouverte, Jean Imbert se met en retrait
À la suite de deux plaintes et de plusieurs témoignages, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour violences conjugales. Jean Imbert, qui nie les faits, a annoncé se mettre en retrait de ses activités professionnelles.
Cette affaire pourrait marquer un tournant juridique dans la reconnaissance du contrôle coercitif comme délit en France.
3919, le numéro d’urgence pour les femmes victimes de violences
Si vous ou une proche vivez une situation de violence, appelez le 3919 :
- Gratuit
- Anonyme
- 24h/24, 7j/7
- Écoute, information, orientation vers des associations
Géré par la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF), ce numéro sauve des vies.
Comment briser le silence ? Conseils pratiques pour les victimes et leur entourage
- Reconnaître les signes : doute sur sa santé mentale, peur chronique, isolement
- Parler à une personne de confiance (ami, famille, collègue)
- Appeler le 3919 ou contacter une association locale
- Préparer une sortie sécurisée (documents, argent, logement d’urgence)
- Porter plainte avec accompagnement (avocat, association)
Le courage d’Alexandra Rosenfeld n’est pas vain. En s’exprimant publiquement, elle contribue à :
- Sensibiliser l’opinion et les institutions
- Renforcer la loi sur le contrôle coercitif
- Sauver des vies en encourageant les signalements précoces
Le contrôle coercitif n’est pas de l’amour. C’est un crime. Et il est temps que la société le reconnaisse comme tel.
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