Quatorze ans après leur rencontre sur la route des Oscars, Jean Dujardin et George Clooney continuent d’incarner une complicité rare entre le cinéma français et Hollywood. Le 3 décembre 2025, sur le plateau de C à Vous (France 5), une séquence inattendue est venue raviver cette bromance devenue emblématique. Une vidéo enregistrée par Jean Dujardin, diffusée à la surprise de George Clooney, a offert un moment à la fois drôle, sincère et hautement symbolique d’une relation construite loin des rivalités et des postures.
Entre autodérision assumée, souvenirs communs et échanges d’éloges sans emphase, la scène illustre une forme d’amitié professionnelle fondée sur le respect mutuel, l’humour et une certaine vision du métier d’acteur. Un moment télévisuel révélateur, au-delà de l’anecdote, des passerelles durables entre le cinéma européen et l’industrie américaine.
Une surprise télévisée qui réactive un récit collectif
Invité dans C à Vous pour accompagner la promotion de deux projets attendus — le film Jay Kelly, prochainement disponible sur Netflix, et le long-métrage inspiré de la série Dix pour cent — George Clooney ne s’attendait manifestement pas à recevoir un message vidéo de Jean Dujardin. La production de l’émission a choisi de capitaliser sur cette relation connue du public, mais rarement exposée avec autant de simplicité.
Face caméra, Jean Dujardin adopte un ton volontairement retenu, presque pudique. « Évidemment, c’est toujours très compliqué de parler de quelqu’un qu’on aime à la télé sans en faire des caisses », confie-t-il d’emblée. Une entrée en matière qui annonce une prise de parole maîtrisée, loin de toute surenchère affective ou promotionnelle.
La phrase qui suivra deviendra rapidement virale : « Alors, je vais éviter de dire que George Clooney est sûrement l’une des personnes les plus drôles, les plus talentueuses, intègre, bienveillante et évidemment très intelligente. » Une déclaration formulée sur le mode du contre-pied, typique de l’humour de Jean Dujardin, qui en dit long sur la profondeur du lien.
De 2012 aux Oscars à une amitié durable
Pour comprendre la portée de cette séquence, il faut remonter à l’année 2012. Jean Dujardin est alors propulsé au rang de star internationale grâce à The Artist, film muet de Michel Hazanavicius, qui rafle cinq Oscars, dont celui du meilleur acteur. La même année, George Clooney est nommé pour The Descendants, réalisé par Alexander Payne.
Là où le récit médiatique aurait pu installer une rivalité artificielle, les deux comédiens affichent rapidement une connivence sincère. George Clooney le rappellera sur le plateau de C à Vous : « Dans certains pays, ils ne se rendent pas toujours compte qu’ils ont une star internationale. Je me rappelle quand il était venu aux États-Unis avec The Artist, il a eu l’Oscar du meilleur acteur, puis en France on disait : “Oui, ne te fais pas la grosse tête.” »
Cette observation, à la fois amusée et lucide, souligne une différence culturelle majeure dans la perception des carrières artistiques. Elle révèle aussi l’admiration de Clooney pour un acteur français parfois sous-estimé dans son propre pays au regard de sa reconnaissance internationale.
Monuments Men, acte fondateur d’une collaboration
La relation dépasse le simple cadre des cérémonies lorsque George Clooney propose à Jean Dujardin de rejoindre le casting de Monuments Men en 2014. Le film, réalisé par Clooney lui-même, met en scène un commando chargé de récupérer des œuvres d’art spoliées par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale.
Pour Jean Dujardin, ce rôle marque une nouvelle étape dans son inscription durable à Hollywood. Pour Clooney, il s’agit d’intégrer un acteur européen capable d’apporter une tonalité singulière à un projet choral. Leur collaboration se prolonge lors de la promotion internationale du film, ponctuée de séquences devenues cultes, comme leur passage au JT de France 2 le 4 mars 2014.
Cette séquence, où les deux acteurs miment un ascenseur avec un sérieux désarmant, a été opportunément ressortie par Bertrand Chameroy dans C à Vous, juste avant la diffusion de la vidéo surprise. Un rappel visuel d’une complicité qui s’exprime autant dans le jeu que dans l’improvisation.
L’autodérision comme langage commun
Dans son message diffusé le 3 décembre 2025, Jean Dujardin pousse la plaisanterie plus loin en proposant à George Clooney un projet aussi absurde que flatteur : la création en France d’une « Smart School de George Clooney ». « La classe school, la smart school de George Clooney. What else ? », conclut-il, détournant avec élégance l’un des slogans publicitaires les plus associés à l’acteur américain.
Cette proposition fictive fonctionne comme un clin d’œil appuyé à l’image de Clooney : élégance, intelligence, ironie. Elle traduit aussi une manière très française de rendre hommage, par la distance humoristique plutôt que par l’emphase.
Ce choix de ton n’est pas anodin. Il permet à Jean Dujardin d’exprimer une admiration sincère tout en restant fidèle à son identité artistique, construite sur le burlesque, le décalage et la retenue.
George Clooney, entre éclats de rire et reconnaissance assumée
La réaction de George Clooney ne se fait pas attendre. Visiblement touché, l’acteur américain éclate de rire avant de renvoyer les compliments avec une spontanéité rare sur un plateau télévisé. « Il est formidable, je l’adore, il a un talent dingue, il sait tout faire ! », affirme-t-il, avant de livrer une anecdote révélatrice de leur relation.
« Il m’envoie des vidéos par téléphone, on voit un chameau, Robert De Niro qui joue le rôle d’un chameau… imaginez, il n’y a que Jean qui est capable de faire ça ! » raconte-t-il, hilare. Derrière l’absurdité du propos, se dessine le portrait d’un acteur capable de déconstruire les icônes hollywoodiennes, y compris les plus sacrées.
George Clooney insiste également sur le parcours de Jean Dujardin, qu’il qualifie de « star internationale », rappelant combien cette reconnaissance peut parfois être minimisée dans le regard national. Une prise de parole qui, là encore, dépasse la simple plaisanterie.
L’Oscar, une rivalité transformée en running gag
Relancée par Anne-Élisabeth Lemoine sur la question de l’Oscar — « Et pourtant, il vous a piqué l’Oscar » — George Clooney joue la carte de l’autodérision. « Mais c’est vrai, vous avez raison ! Mais je ne l’aime pas du tout ce type, je ne l’aime pas du tout », lance-t-il, faussement vexé.
Ce jeu de rôles, parfaitement assumé, illustre une manière saine de transformer une concurrence potentielle en complicité durable. L’Oscar, symbole ultime de reconnaissance à Hollywood, devient ici un simple prétexte à l’humour, vidé de toute charge conflictuelle.
La séquence rappelle combien les trajectoires de Dujardin et Clooney, bien que différentes, se sont croisées à un moment clé de l’histoire récente du cinéma mondial.
Une bromance qui dépasse l’anecdote médiatique
Au-delà de la viralité de la séquence, l’échange entre Jean Dujardin et George Clooney dit quelque chose de plus profond sur l’évolution des relations entre le cinéma français et Hollywood. Il incarne une forme de reconnaissance mutuelle, débarrassée des complexes et des hiérarchies implicites.
Cette bromance, souvent évoquée avec légèreté, repose en réalité sur des valeurs partagées : le respect du métier, la conscience de la notoriété et l’importance de ne jamais se prendre trop au sérieux. Autant d’éléments qui expliquent sa longévité, quatorze ans après une première accolade sur le tapis rouge des Oscars.
Dans un paysage médiatique souvent dominé par les clashs et les stratégies de visibilité, cette relation apparaît comme une exception notable, fondée sur la durée et la sincérité.
Un moment de télévision révélateur
La séquence diffusée dans C à Vous s’inscrit ainsi dans une tradition télévisuelle française qui valorise l’échange, l’humour et la mémoire collective. Elle offre un contrepoint bienvenu aux formats promotionnels standardisés, en laissant place à l’imprévu et à l’émotion maîtrisée.
Pour Jean Dujardin comme pour George Clooney, ce moment n’est ni un coup de communication ni une nostalgie forcée. Il s’agit plutôt d’un rappel public d’une histoire commune, construite dans le temps long, et toujours nourrie par le plaisir de jouer — sur scène comme hors caméra.
Quatorze ans après The Artist, la vérité que Jean Dujardin « évite de dire » apparaît finalement limpide : certaines amitiés, même sous les projecteurs, peuvent rester profondément authentiques.
Commentaires
Antonia le 17-11-2025 00:55
Sauf que le Souchon, ne sait pas que la Suisse applique le programme du RN🤣 Pas de droit du sol, licenciement facilité, retraite à 65 ans, expulsion facilitée, pas de sécurité sociale, travail hebdomadaire 45 heures, service militaire obligatoire etc…défiscalisation pour les riches étrangers… La Suisse est un pays capitaliste…et c’est ça le modèle pour Souchon❓🤣