En août 2025, dans Le Portrait de la semaine de Sept à Huit sur TF1, Julien Clerc a livré une confession rare, intime et sans détour. À 77 ans, l’un des piliers de la chanson française ne parle ni de carrière ni de succès, mais d’un regret profondément humain : celui de ne pas avoir su être le grand-père qu’il aurait voulu incarner pour ses petits-enfants. Une parole sobre, mesurée, mais lourde de sens, qui éclaire autrement le parcours d’un artiste dont la vie familiale s’est construite dans la durée, la complexité et les choix assumés.
Loin de toute posture médiatique, cette déclaration révèle une réflexion personnelle sur la filiation, le passage des générations et la difficulté de concilier paternité tardive et rôle de grand-parent. Un témoignage qui résonne bien au-delà du cercle privé de l’artiste.
Une parole rare, livrée sans fard sur TF1
Invité du rendez-vous dominical de TF1, Julien Clerc s’est livré avec une sincérité inhabituelle sur sa vie familiale. Interrogé sur la transmission et la descendance, le chanteur n’a pas cherché à édulcorer son ressenti.
« Vous savez, même mes petits-enfants, je ne suis pas suffisamment proche d’eux. Je pense que je suis un piètre grand-père », a-t-il déclaré, d’une voix calme, sans emphase ni complaisance. Une phrase forte, d’autant plus marquante qu’elle émane d’un homme souvent décrit par ses proches comme un père attentif et présent.
Cette confidence, loin d’un exercice de contrition publique, s’inscrit dans une réflexion lucide sur le temps, les priorités et les limites imposées par les choix de vie.
Une famille nombreuse, construite sur plusieurs générations
Julien Clerc est père de cinq enfants, nés de différentes relations, à des moments très distincts de sa vie :
- Angèle Herry, née en 1974, aujourd’hui âgée de 51 ans
- Jeanne Herry, née en 1978, réalisatrice reconnue, 47 ans
- Vanille (Camille Herry), née en 1989, chanteuse, 36 ans
- Barnabé Clerc, né en 1995, 30 ans
- Léonard, né en 2008, aujourd’hui âgé de 17 ans
Par ses filles Jeanne et Vanille, Julien Clerc est également grand-père de deux garçons, Antoine et Léon. Une descendance qui s’inscrit sur près d’un demi-siècle et témoigne d’une vie familiale riche, mais morcelée par le temps et les générations.
C’est précisément cet écart générationnel qui, selon lui, complique l’exercice du rôle de grand-père.
“Je suis encore un père”, le poids d’une paternité tardive
Au cœur de son analyse, Julien Clerc identifie une raison centrale à ce sentiment de manque : sa paternité tardive. À 60 ans passés, il est redevenu père avec la naissance de Léonard, fruit de son union avec l’écrivaine Hélène Grémillon, qu’il épouse en 2012.
« Je n’ai pas ce truc qu’ont certains de mes copains, ces grands-papas gâteaux. Moi, je suis encore un père », explique-t-il. Une phrase qui résume une tension intime : celle d’un homme qui, tout en étant grand-père, demeure pleinement engagé dans l’éducation quotidienne d’un adolescent.
Selon lui, ce statut intermédiaire a mécaniquement relégué le rôle de grand-parent au second plan. Non par désintérêt, mais par une forme de saturation affective et de responsabilité continue.
La transmission contrariée par le temps et l’énergie
Dans ses propos, Julien Clerc ne remet jamais en cause l’amour qu’il porte à ses petits-enfants. Ce qu’il questionne, en revanche, c’est sa capacité à incarner une figure grand-parentale disponible, insouciante et pleinement investie.
Être grand-père, dans l’imaginaire collectif, suppose une disponibilité différente : du temps libéré, une énergie moins sollicitée par les obligations parentales, une distance apaisée avec l’autorité éducative. Autant de paramètres difficiles à réunir lorsqu’un enfant mineur vit encore au domicile familial.
Cette lucidité, exprimée sans pathos, renvoie à une réalité sociologique de plus en plus répandue : celle des paternités tardives et des grands-parents encore actifs, voire en pleine responsabilité parentale.
Hélène Grémillon, témoin d’une paternité exigeante
La compagne de Julien Clerc, Hélène Grémillon, a à plusieurs reprises évoqué la complexité de cette paternité tardive. En 2018, dans l’émission Nos années Julien Clerc sur France 3, l’autrice s’était confiée sur la réaction de son mari à l’annonce de sa grossesse.
« Lorsqu’on a appris que j’étais enceinte, Julien a eu peur, je pense. Peur de l’effet. Comment gérer cette paternité ? », expliquait-elle, soulignant les interrogations d’un homme déjà père de quatre enfants adultes.
Elle décrivait toutefois un père profondément impliqué : présent au quotidien, attentif, engagé dans les gestes les plus simples comme dans l’accompagnement éducatif. Une implication qui, paradoxalement, a pu limiter sa disponibilité émotionnelle pour ses petits-enfants.
Une crise conjugale révélatrice de choix irréversibles
La naissance de Léonard n’a pas été sans conséquences sur l’équilibre du couple. Selon des révélations de Paris Match, Julien Clerc avait pris la décision que cet enfant serait le dernier, malgré le désir d’Hélène Grémillon d’agrandir davantage la famille.
Pour l’écrivaine, ce renoncement a été vécu comme un véritable deuil. Une épreuve intime qui a fragilisé le couple en 2015, avant qu’il ne parvienne à retrouver une stabilité.
Ces éléments éclairent la parole actuelle du chanteur : derrière le regret du grand-père se dessine une succession de choix personnels, assumés mais lourds de conséquences émotionnelles.
Un père unanimement reconnu, un grand-père plus discret
Le paradoxe est frappant : Julien Clerc est unanimement décrit par ses proches comme un père exemplaire. Hélène Grémillon le résume en ces termes :
« C’est un père merveilleux. Il fait la cuisine, il emmène ses enfants à l’école, il les accompagne, il les écoute. C’est un immense accompagnateur. »
Cette capacité d’accompagnement, centrale dans sa paternité, semble avoir trouvé ses limites dans l’exercice du rôle de grand-père. Non par défaut d’affection, mais par une hiérarchisation contrainte des engagements affectifs.
Une confession qui dépasse le cadre de la célébrité
En exprimant ce regret à la télévision, Julien Clerc ne se contente pas de livrer un fragment de son intimité. Il met en lumière une réalité contemporaine souvent tue : la difficulté de concilier des rôles familiaux multiples à des âges avancés.
Sa parole, mesurée et sans justification excessive, résonne auprès de nombreuses familles confrontées aux mêmes dilemmes : comment transmettre lorsque l’on est encore en train d’élever ? Comment être grand-parent sans renoncer à une paternité active ?
Loin de toute idéalisation, Julien Clerc accepte l’imperfection de ce parcours. Une posture rare dans l’espace médiatique, où la réussite familiale est souvent présentée comme un acquis.
Le temps, dernier arbitre de la transmission
À travers cette confession, c’est enfin une réflexion plus large sur le temps qui s’impose. Le temps biologique, le temps affectif, le temps de la transmission. Autant de dimensions qui ne se synchronisent pas toujours harmonieusement.
Julien Clerc ne cherche ni l’absolution ni la réparation publique. Il constate, analyse et assume. Une démarche qui confère à sa parole une crédibilité et une profondeur rares.
À 77 ans, l’artiste continue d’interroger son rôle d’homme, au-delà de celui de chanteur. Et rappelle, avec une pudeur maîtrisée, que même les trajectoires les plus accomplies laissent place à des regrets silencieux.
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