CRITIQUE – Disponible en salles ce mercredi 24 décembre, le film adapté du roman à succès de Freida McFadden tente un équilibre complexe entre suspense grand public, romance kitsch et rebondissements attendus mais divertissants.
Un phénomène littéraire devenu projet hollywoodien
Publié en 2022, La Femme de Ménage s’est rapidement imposé comme un phénomène mondial. Avec 7,5 millions d’exemplaires vendus en France seulement, ce thriller psychologique addictif a conquis un large public, séduisant lecteurs comme critiques. Trois ans après sa sortie, le roman se voit désormais transposé au cinéma par Paul Feig, connu jusqu’ici pour ses comédies à succès telles que Mes meilleures amies et Spy.
Le casting rassemble deux figures majeures du cinéma contemporain : Amanda Seyfried, reconnue pour Mamma Mia! et Les Misérables, et Sydney Sweeney, récemment controversée après une publicité jugée problématique. Leur présence promet une dimension émotionnelle et médiatique au film, tout en ancrant le projet dans une ambition populaire.
Des apparences trompeuses
Comme dans le roman, le récit suit Millie, jeune femme au passé trouble incarnée par Sydney Sweeney. Fraîchement sortie de prison et contrainte de vivre dans sa voiture, elle décroche un emploi comme femme de ménage chez Nina Winchester (Amanda Seyfried), riche banlieusarde new-yorkaise.
Installée sous les toits d’une demeure luxueuse mais étrangement froide, Millie découvre rapidement que tout n’est pas si parfait. Entre Andrew (Brandon Sklenar), mari séduisant, et Cece (Indiana Elle), la fille snob de Nina, la jeune femme navigue dans un environnement où le charme apparent cache des tensions croissantes.
La psychologie des personnages, fidèle au roman, dévoile une Nina instable, parfois cruelle, qui met à l’épreuve la patience et la lucidité de Millie. Le quotidien apparemment idyllique se fissure, posant la question centrale : que se cache-t-il derrière la façade de perfection ?
Une fidélité qui peut devenir un frein
Le film s’efforce de rester proche du livre, reproduisant les rebondissements et l’architecture narrative qui ont fait le succès du roman. Cependant, cette fidélité extrême limite la prise de risque et confère au récit un certain classicisme.
Les dialogues, souvent explicatifs, et les twists prévisibles donnent une première partie assez linéaire. Les spectateurs familiers du livre pourraient avoir l’impression de suivre un « livre audio visuel » plutôt qu’une adaptation pleinement cinématographique.
Un érotisme kitsch et une mise en scène décalée
Le film multiplie également les scènes érotiques volontiers kitsch, à la manière de Cinquante nuances de Grey. Ces séquences, centrées sur le corps des acteurs, semblent parfois superficielles et ne renforcent pas la profondeur psychologique des personnages. Seule Amanda Seyfried parvient à transcender son rôle, incarnant une maîtresse de maison instable avec intensité et énergie.
Un souffle nouveau dans la seconde moitié
La dernière partie du long-métrage gagne en dynamisme. Après un monologue explicatif de Nina, le récit bascule dans un thriller gore où les tensions et la violence s’exacerbent. L’humour noir et la solidarité féminine viennent contrebalancer l’atmosphère oppressante, offrant au spectateur un mélange singulier de suspense et de divertissement.
Une adaptation en demi-teinte
« La Femme de Ménage » est une adaptation qui oscille entre fidélité et excès, entre érotisme kitsch et thriller gore. Elle séduira les amateurs du roman et les spectateurs en quête d’un divertissement dense et rythmé pendant les fêtes. Cependant, sa prudence narrative et certaines lourdeurs esthétiques empêchent le film de dépasser le simple statut de plaisir coupable.
En somme, ce long-métrage confirme le succès du roman sur grand écran, tout en laissant entrevoir des marges d’audace et de profondeur qui auraient pu renforcer son impact. Le mélange d’humour noir, de suspense et de psychodrame familial offre un spectacle calibré pour un public large, avec une énergie finale qui rattrape une première moitié parfois trop sage.
Adaptation attendue d’un best-seller américain, La Femme de Ménage réussit partiellement son pari : divertir tout en restant fidèle à l’œuvre originale. Entre fidélité excessive, érotisme kitsch et thriller gore, le film trouve son équilibre dans une seconde moitié plus audacieuse et surprenante. Un rendez-vous cinématographique qui séduira les lecteurs comme les spectateurs en quête d’un suspense accessible et rythmé.
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