Le père Noël est une ordure : le drame du tournage

Le père Noël est une ordure : le drame du tournage

Auteur : Aurore BAUDRY

Date : 21 décembre 2025 à 22:29

Diffusé en prime time ce dimanche 21 décembre 2025 sur France 2, Le père Noël est une ordure s’impose une nouvelle fois comme un rendez-vous télévisuel incontournable. Derrière cette comédie culte de la troupe du Splendid, devenue un rituel des fêtes, se cache pourtant un démarrage de tournage marqué par un épisode aussi spectaculaire qu’inattendu, qualifié de « drame » par son réalisateur Jean-Marie Poiré lui-même.

Quarante-trois ans après sa sortie en salles, le film continue de fasciner autant par ses répliques mythiques que par les coulisses de sa création, révélées récemment dans les mémoires du cinéaste.

 

Un classique indétrônable de la comédie française

 

 

Sorti en 1982, Le père Noël est une ordure est l’adaptation cinématographique de la pièce de théâtre créée en 1979 par la troupe du Splendid. À l’écran, on retrouve les figures emblématiques du collectif : Thierry Lhermitte, Anémone, Gérard Jugnot, Christian Clavier, Marie-Anne Chazel, Josiane Balasko et Bruno Moynot.

L’intrigue se déroule pendant la nuit de Noël, au sein d’une permanence téléphonique d’urgence animée par des bénévoles aussi dévoués qu’excentriques. Appels désespérés, visiteurs improbables et situations absurdes s’enchaînent jusqu’au chaos, dans une mécanique comique devenue emblématique du cinéma français populaire.

Multidiffusé à la télévision, abondamment cité et toujours plébiscité par plusieurs générations de spectateurs, le film occupe une place singulière dans l’imaginaire collectif, au même titre que Les Bronzés ou Papy fait de la résistance.

 

Une diffusion événement sur France 2 en décembre 2025

 

 

En programmant le film en prime time le dimanche 21 décembre 2025, France 2 confirme le statut de valeur sûre de cette comédie, particulièrement prisée durant les fêtes de fin d’année. Chaque rediffusion rassemble un public large et intergénérationnel, attiré par un humour à la fois corrosif, absurde et profondément ancré dans la culture française.

Mais si le succès du film semble aujourd’hui évident, sa fabrication fut loin d’être un long fleuve tranquille.

 

Un tournage qui démarre sous tension

 

 

Dans son livre Rire est une fête, publié en 2024 chez Michel Lafon, Jean-Marie Poiré revient en détail sur les coulisses du tournage. Il y révèle que la première journée a commencé « par un drame », conséquence d’un désaccord artistique devenu explosif.

Le réalisateur raconte avoir découvert, deux jours avant le début du tournage, le décor principal conçu par le chef décorateur Willy Holt. Un décor qu’il qualifie de « fabuleux et impressionnant », notamment grâce à un ascenseur fonctionnel sur trois étages, élément central de plusieurs scènes clés du film.

Pourtant, un détail va rapidement cristalliser les tensions.

 

Le désaccord autour d’un accessoire en apparence anodin

 

 

Jean-Marie Poiré explique que certains accessoires ne correspondaient pas à sa vision. En particulier, les téléphones utilisés par les personnages incarnés par Anémone et Thierry Lhermitte. Il s’agissait de vieux appareils en Bakélite, volontairement rétro.

Or, pour le réalisateur, ce choix posait problème :

« Je pensais que des gens qui bossaient au téléphone jour et nuit devaient avoir un matériel moderne et presque neuf, du matos de pro », écrit-il.

Dans une logique de crédibilité visuelle, il souhaitait introduire une touche de modernité dans un décor par ailleurs volontairement daté.

 

Une décision budgétaire qui fait basculer la situation

 

 

Jean-Marie Poiré propose alors de remplacer les téléphones par un standard plus moderne repéré au drugstore Publicis. Mais le matin même du premier jour de tournage, il constate que rien n’a été modifié.

Le producteur exécutif Christian Ferry lui annonce alors que le producteur principal, Yves Rousset-Rouard, juge l’achat trop coûteux, d’autant plus qu’il faudrait en acquérir deux exemplaires.

Une décision perçue par le réalisateur comme une remise en cause directe de son autorité artistique.

 

Les téléphones volent, les vitres explosent

 

 

La réaction de Jean-Marie Poiré est immédiate et spectaculaire. Excédé par le ton employé et par ce qu’il considère comme une entrave à sa vision, il saisit les deux téléphones et les projette à travers les fenêtres du décor, brisant les carreaux du plateau.

Un geste impulsif, bruyant, et choquant pour l’équipe, mais qui marque un tournant.

Le réalisateur demande aussitôt qu’un membre de la production soit envoyé acheter les standards téléphoniques souhaités, précisant qu’il est prêt à les payer de sa poche. Il exige également que les vitres soient remplacées sans délai.

 

Un conflit rapidement désamorcé

 

 

À son retour sur le plateau, le décor est réparé. Les nouveaux standards téléphoniques sont en cours de déballage. Jean-Marie Poiré a obtenu gain de cause.

Avec le recul, il analyse cet épisode comme un « caprice spectaculaire », certes impressionnant par le fracas du verre brisé, mais finalement peu coûteux sur le plan financier.

Surtout, cet incident pose les bases de la relation entre le réalisateur et la production pour la suite du tournage.

 

« Il valait mieux faire le film avec moi que contre moi »

 

 

Dans ses mémoires, Jean-Marie Poiré ne cherche pas à minimiser son geste, mais il en explique la portée symbolique. Selon lui, cet épisode a clairement signifié à l’ensemble de l’équipe qu’il fallait composer avec ses choix artistiques plutôt que les contourner.

« Cela marquait les esprits, exprimant qu’il valait mieux faire le film avec moi que contre moi », écrit-il.

Une affirmation qui éclaire la méthode de travail d’un réalisateur alors en pleine ascension, déterminé à défendre chaque détail d’un film qui deviendra pourtant l’un des plus populaires du cinéma français.

 

Un succès construit dans la tension… et le rire

 

 

Avec le recul, cet incident apparaît comme une anecdote révélatrice des exigences artistiques qui ont contribué à la réussite du film. Derrière l’apparente légèreté de la comédie se cachait un travail rigoureux, parfois conflictuel, mais porté par une vision claire.

Le résultat est connu : Le père Noël est une ordure est devenu un pilier de la culture populaire, étudié, cité, repris et constamment redécouvert par de nouveaux publics.

Ce dimanche 21 décembre 2025, sa rediffusion en prime time sur France 2 rappelle que les œuvres les plus joyeuses naissent parfois dans la friction, l’exigence… et quelques éclats de verre.

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