Dans le paysage médiatique français de 2025, peu de figures incarnent autant de passion et de controverse que Léa Salamé. Nommée à la tête du journal télévisé de 20 heures sur France 2 en août 2025, succédant à Anne-Sophie Lapix, la journaliste franco-libanaise a rapidement été propulsée au centre d'un tourbillon d'opinions. Entre bourdes regrettées, audiences fluctuantes et une vie personnelle entrelacée avec la politique, les rumeurs d'une démission anticipée font rage. Cet article décrypte en profondeur les défis actuels de Léa Salamé au JT de France 2, son parcours exceptionnel et les perspectives qui s'offrent à elle, tout en analysant l'impact de ces tensions sur le journalisme télévisé français.
Pourquoi Léa Salamé suscite-t-elle autant de débats ? Comment la pression médiatique influence-t-elle son rôle emblématique ? Et quel rôle joue Raphaël Glucksmann, son compagnon, dans cette équation ? Plongeons dans les coulisses d'une carrière au bord du gouffre, ou du renouveau.
Le Parcours Exceptionnel de Léa Salamé, Des Origines à la Notoriété
Née Hala Léa Salamé le 27 octobre 1979 à Beyrouth, au Liban, Léa Salamé grandit dans un environnement intellectuel stimulant. Fille de Ghassan Salamé, ancien ministre de la Culture libanais et politologue renommé, et d'une mère d'origine arménienne, elle quitte le Liban à l'âge de cinq ans pour s'installer à Paris. Cette migration précoce forge son regard sur le monde, un mélange de résilience et de curiosité insatiable qui deviendra la marque de son journalisme.
Sa formation académique est irréprochable : après un baccalauréat à l'École alsacienne, elle étudie le droit à l'université Panthéon-Assas, puis intègre Sciences Po Paris en 2002. Une année à la New York University, marquée par les attentats du 11 septembre 2001 – dont elle est témoin direct près du World Trade Center –, scelle son destin. Blessée légèrement, cette expérience traumatique la pousse vers le journalisme comme vocation, un moyen de décrypter les chaos du monde.
Les débuts professionnels de Léa Salamé sont modestes mais déterminés. En 2004, elle effectue un stage à La Chaîne parlementaire (LCP), sous la tutelle de Jean-Pierre Elkabbach, un proche de son père. Rapidement, elle co-anime Paroles du Monde avec lui sur Public Sénat. En 2006, elle rejoint France 24 comme présentatrice des informations du soir, couvrant l'actualité internationale avec une acuité rare pour une jeune journaliste. Son passage à i>Télé (devenue CNews) en 2009 renforce sa réputation de reporter de terrain, avant un saut décisif à France Inter en 2010.
À la radio publique, Léa Salamé excelle dans la matinale Le 7/9 (devenu Le 7/10), où elle mène l'interview politique de 7h50 de 2014 à 2025. Son style incisif – direct, sans complaisance – la propulse au rang de star. En 2014, elle intègre On n'est pas couché sur France 2 aux côtés de Yann Moix, remplaçant Natacha Polony. Ce talk-show dominical, animé par Laurent Ruquier, devient un tremplin : Léa Salamé y affronte intellectuels et politiques avec une pugnacité qui divise autant qu'elle séduit.
Son ascension culmine en 2017 avec L'Émission politique, qu'elle co-anime, et en 2021 avec On est en direct, qu'elle reprend seule en 2022 après le départ de Ruquier. En 2023, elle publie Femmes puissantes, un recueil d'entretiens sur la féminité et le pouvoir, issu d'un podcast de 2019. Ce livre, best-seller, révèle une facette plus introspective : celle d'une femme assumant ses contradictions dans un milieu machiste.
En 2025, l'offre de France Télévisions pour le 20h arrive comme une consécration. Refusée en 2017, elle accepte cette fois, à 25 000 euros mensuels – un salaire standard pour le poste, mais scruté sous l'angle des inégalités. Léa Salamé n'a "jamais rêvé" de ce rôle, qu'elle décrit comme "pas pour moi" en raison de ses origines et de sa couple mixte. Pourtant, elle incarne désormais le visage de l'information publique, un choix politique de Delphine Ernotte pour diversifier les icônes médiatiques.
L'Arrivée Tumultueuse au JT de France 2, Premiers Pas sous les Projecteurs
Le 1er août 2025, Léa Salamé présente son premier journal de 20 heures devant 4,02 millions de téléspectateurs. Succédant à Anne-Sophie Lapix après huit ans de règne consensuel, elle promet un ton "piquant" et "direct", inspiré de ses interviews radio. "Je veux créer le moment", confie-t-elle à Konbini en 2023. Mais ce style, adapté à la radio ou aux chaînes d'info, heurte le format figé du JT : les téléspectateurs attendent sérénité et neutralité, pas pugnacité.
Entourée de Thomas Sotto et Marc-Olivier Fogiel, qui la défendent publiquement, Léa Salamé tente de s'imposer. Fogiel, ex-patron de BFMTV, la qualifie de "talent rare" face aux critiques. Pourtant, les accrocs s'enchaînent. Le 1er septembre, une confusion entre Henri Gaino et Claude Guéant lors d'un hommage suscite des moqueries. Pire, un "hommage raté" à Dominique Bernard, confondu avec Samuel Paty, enflamme les réseaux. "Quelle honte !", titrent les tabloïds, forçant un erratum à l'antenne.
Le climax arrive avec l'interview de Marion Cotillard : une question maladroite – "Et vous, ça va ?" – crée un malaise palpable, relayé en boucle. "Le 20h, c'est elle, donc quand ça merde...", résume un expert au Huffington Post. Ces incidents, amplifiés par les réseaux sociaux, transforment chaque édition en champ de mines. Léa Salamé, décrite comme "trop agressive" par certains, peine à trouver son équilibre entre authenticité et professionnalisme.
Malgré tout, elle persévère. Lors d'une rencontre avec Sébastien Lecornu, ministre démissionnaire, elle essuie un rabrouage sur Emmanuel Macron, mais rebondit avec grâce. Son père, Ghassan Salamé, depuis le Liban, la soutient : "Je fais tout pour la regarder", confie-t-il à Paris Match. Ces moments humains contrastent avec la violence en ligne : harcèlement, sexisme, attaques sur ses origines. "Je suis une Arabe catholique en couple avec un Juif", assume-t-elle, rappelant les stéréotypes qu'elle brise.
Les Critiques Accrues et la Pression Médiatique, Un Climat Toxique
Depuis son intronisation, Léa Salamé subit un acharnement inédit. Sur X (ex-Twitter), les hashtags #DémissionLéaSalamé pullulent : "Salamé démission", tweete un utilisateur en octobre 2025, liant ses "gaffes en série" à des audiences décevantes. Un sondage interne révèle que 40% des téléspectateurs la jugent "inadaptée" au format JT, contre 25% pour Lapix en fin de mandat.
Les médias people en rajoutent : Public et Voici anticipent son remplacement, citant des "sources proches" écœurées par la "méchanceté". "Elle n'a pas signé pour se faire lyncher", lâche un confident. Le Huffington Post décrypte : derrière les bourdes, un malaise structurel au JT – erreurs éditoriales préexistantes, équipes sous tension. La Société des Journalistes (SDJ) de France Télévisions alerte Delphine Ernotte en octobre 2025 sur ces dysfonctionnements.
Les audiences confirment le vent mauvais. Voici un tableau comparatif des parts d'audience pour le 20h de France 2 en 2025 :
| Période | Présentateur | Part d'Audience (4+ ans) | Évolution |
|---|---|---|---|
| Janvier-Juillet 2025 | Anne-Sophie Lapix | 19.2% | Stable |
| Août-Octobre 2025 | Léa Salamé | 17.5% | -1.7 pts |
| Octobre 2025 (Semaine Marteau) | Jean-Baptiste Marteau | 19.2% | +1.7 pts |
Ce recul, bien que modeste, alimente les spéculations. Michel Drucker, doyen du PAF, tempère : "Léa est... authentique", mais admet un "ajustement nécessaire". Les féministes saluent son rôle pionnier – "une mère qui ose" –, tandis que les conservateurs la taxent de "marquée à gauche". Dans ce climat toxique, Léa Salamé confie à ses proches être "sidérée" par la violence, un écho à ses débuts discriminés pour son physique : "Pas de libanaiseries", lui lance un patron en 2006.
La Vie Privée au Cœur du Tourbillon, L'Ombre de Raphaël Glucksmann
L'équilibre entre vie pro et perso de Léa Salamé est précaire, dominé par Raphaël Glucksmann. En couple depuis 2015, ils forment un "power couple" : lui, eurodéputé social-démocrate et fondateur de Place Publique ; elle, journaliste neutre. Leur fils, Gabriel, né en 2019, ajoute une couche d'humanité à ce duo médiatique.
Raphaël Glucksmann, né en 1979, fils du philosophe André Glucksmann, trace une carrière fulgurante. Diplômé de Sciences Po, conseiller de Mikheil Saakashvili en Géorgie (2005-2012), il entre en politique en 2019 comme tête de liste PS-Place Publique aux européennes, obtenant 13,83% en 2024 – un bond de 7,64 points. Sanctionné par la Chine en 2021 pour ses positions sur les Ouïghours, il est libéré en avril 2025 après négociations européennes.
En 2025, Glucksmann peaufine son ambition présidentielle pour 2027. À La Réole en octobre, il réunit alliés pour une "alternative social-démocrate", sondé à 15-16% face à Mélenchon. Son programme, présenté en juin – "Vision pour la France" –, prône écologie souveraine, taxation des héritages et "logement d'abord" inspiré de la Finlande. "Je m'en fous d'être le premier à gauche", lance-t-il, visant un "pot commun" avec le PS.
Pour Léa Salamé, cela implique un retrait : "Si Raphaël se présente, je prends mes responsabilités", déclare-t-elle en juin 2025 à La Tribune Dimanche. Jean-Baptiste Marteau, son joker, confirme : "Tout est prévu, pas de surprise." En 2019, elle s'efface déjà pour les européennes. Cette éthique – "Les Français sont plus féministes qu'on croit" – protège son impartialité, mais pèse sur son avenir au JT.
Perspectives d'Avenir, Démission Anticipée ou Renaissance ?
Les rumeurs de démission enflent depuis octobre 2025. Prévue pour des vacances à la Toussaint, Léa Salamé quitte l'antenne dès le 22 octobre, remplacée par Marteau qui booste les audiences de 1,7 point. "Si ça ne se calme pas...", glisse un proche à Voici. Public anticipe un "retrait définitif" si la pression persiste, France Télévisions se préparant à des scénarios.
Pourtant, rien n'est acté. Soutenue par Ernotte, qui la voit comme un "choix politique noble", Léa Salamé pourrait rebondir. Un retour post-pause, affinant son style, est plausible. Alternativement, un pivot vers la radio – France Inter l'appelle – ou un livre sur le harcèlement médiatique des femmes. Son influence perdure : sondages la placent parmi les journalistes les plus suivies, avec 2 millions d'abonnés sur X.
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