Une rentrée télévisuelle sous haute tension
Depuis le 1er septembre, Léa Salamé, journaliste expérimentée de 45 ans, a pris les commandes du 20 Heures de France 2, succédant à Anne-Sophie Lapix. Si son arrivée a suscité la curiosité des téléspectateurs, les premières semaines ont été marquées par des audiences décevantes et plusieurs polémiques. Avec une moyenne de 3,78 millions de spectateurs, le journal reste derrière Gilles Bouleau sur TF1, qui attire 5,24 millions de téléspectateurs.
Le 22 septembre, la part d’audience est tombée à 16,2 %, un record bas pour la période post-rentrée, accentuant la pression sur la nouvelle présentatrice.
Les critiques syndicales et politiques
Les débuts de Léa Salamé ont été marqués par des réactions contrastées. La CGT de France Télévisions a dénoncé un journal "pitoyable" au soir de la grève du 10 septembre, jugeant la couverture trop "réactionnaire". De leur côté, certains commentateurs de droite accusent le JT de présenter une ligne éditoriale "gauchiste".
Une séquence controversée avec Marion Cotillard a également créé le buzz : Léa Salamé a évoqué à l’antenne la séparation de l’actrice avec Guillaume Canet, en commettant une erreur sur le prochain film du réalisateur, ce qui a alimenté les critiques et les discussions sur les réseaux sociaux.
Audiences en détail
| Date | Audience France 2 (millions) | Audience TF1 (millions) | Part d’audience France 2 (%) |
|---|---|---|---|
| Début septembre | 3,78 | 5,24 | 18,5 |
| 22 septembre | 3,15 | 5,10 | 16,2 |
La vision de Léa Salamé pour le 20 Heures
Dans un entretien accordé à Elle le 25 septembre, Léa Salamé a expliqué sa stratégie pour ce journal : "Il y avait le risque du rejet. Je charrie quelque chose, physiquement et dans ma personnalité, qui pouvait déstabiliser les téléspectateurs. Il fallait aussi créer une relation avec cette rédaction de plus de 400 journalistes."
Elle ajoute : "Je suis rassurée par les premiers retours, qui sont positifs et encourageants. Même si je ne suis jamais totalement satisfaite, cela permet de construire sereinement. La peur empêche d'avancer et les téléspectateurs la ressentent."
Un journal pour rassembler
Face aux critiques sur sa ligne éditoriale, Léa Salamé assume sa mission : "La CGT dit 'c'est trop réac', les gens de droite disent 'c'est un journal gauchiste'. Moi, j'essaie de parler au plus grand nombre. Mon rôle est d’ouvrir les fenêtres et de faire vivre le devoir du service public."
Elle souhaite incarner un JT rassurant et rassembleur : "Nous vivons un moment où il faut rassembler. Mon objectif est de valoriser le travail de cette incroyable rédaction et d'offrir aux téléspectateurs un journal doux et rassurant."
Un défi personnel et professionnel
Léa Salamé confie également que son parcours personnel, marqué par des expériences difficiles au Liban et en France, l’a préparée à ce rôle exigeant. Elle explique que Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, l’a convaincue : "C'est un lieu où tu peux parler à tous les Français".
Pour elle, stabiliser les audiences reste un défi majeur : "En télé, on descend par l’ascenseur et on remonte par l’escalier. C’est dur d’être challenger, mais j’accepte la compétition et les défis."
Les perspectives pour le 20 Heures
Malgré les débuts compliqués, Léa Salamé entend continuer à proposer un journal équilibré, sérieux et accessible à tous. Son objectif est de renforcer la confiance des téléspectateurs tout en respectant le rôle de service public de France Télévisions.
Le public et les critiques continueront d’observer attentivement son travail dans les semaines à venir, alors que le JT cherche à retrouver une audience stable et à s’imposer face à TF1.
La rentrée de Léa Salamé au 20 Heures de France 2 illustre les défis d’un journal télévisé dans un contexte concurrentiel et médiatique exigeant. Entre polémiques, critiques syndicales et nécessité de rassembler, la journaliste met en avant une vision claire : celle d’un JT pour tous les Français, conciliant professionnalisme, humanité et ouverture.
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