En 1984, une jeune Américaine encore peu connue débarque en France pour tourner le clip de « Holiday ». Très vite, l’ambiance tourne au vinaigre. L’équipe française menace de faire grève et traite la star de « gourgandine ». Au milieu du chaos ? Philippe Manoeuvre, seul capable de calmer tout le monde… ou presque. Quarante ans plus tard, le célèbre journaliste rock raconte enfin cette anecdote complètement folle, sans langue de bois.
1er décembre 2025, Madonna s’en prend (encore) à Donald Trump
Le 1er décembre 2025, Madonna a publié un long message sur Instagram pour dénoncer l’absence de reconnaissance officielle de la Journée mondiale de lutte contre le sida aux États-Unis sous l’administration Trump. « Pendant quarante ans, cette journée a été célébrée partout dans le monde parce que des millions de vies ont été brisées par le VIH », a-t-elle écrit, très remontée. Un énième coup de colère publique qui rappelle que la Queen of Pop n’a jamais eu peur de faire entendre sa voix… ni de froisser qui que ce soit.
Mais une autre colère de Madonna reste gravée dans la mémoire française
Beaucoup plus ancienne, beaucoup plus inattendue : la rage froide de Madonna envers un certain… Philippe Manoeuvre. Oui, le critique rock le plus célèbre de France a réussi l’exploit de se retrouver dans le collimateur de la Material Girl dès 1984, alors qu’elle n’était encore qu’une débutante aux yeux du public français.
Retour en 1984, le tournage maudit du clip « Holiday » à la Mer de Sable
À l’époque, Madonna sort son deuxième album et le single « Holiday » cartonne en Europe. Sa maison de disques décide de tourner un clip en France, au parc d’attractions la Mer de Sable (Oise). Très vite, tout dérape. Philippe Manoeuvre, alors rédacteur en chef de Rock & Folk et déjà connu dans le milieu, est présent sur le tournage en tant que consultant. Il se souvient, encore aujourd’hui, d’une Madonna ultra-exigeante, refusant de chanter en playback, arrivant en retard, changeant sans cesse d’avis et mettant toute l’équipe sous tension.
« Qui c’est cette gourgandine ? On la renvoie en Amérique ! »
Les mots sont crus, mais ils sont exactement ceux que Manoeuvre a entendus de la bouche des cadreurs français : « À un moment, les gars sont venus me voir furieux : “Mais qui c’est qui cette inconnue qui nous prend la tête ? On va faire grève et la renvoyer se faire laver les fesses aux États-Unis !” » L’équipe technique, habituée aux stars françaises bien plus cool à l’époque, ne supporte pas les caprices de cette jeune Américaine de 25 ans qui se comporte déjà comme une diva internationale.
Philippe Manoeuvre, pompier de service entre Madonna et l’équipe
Coincé entre une star qui refuse de tourner et une équipe prête à tout plaquer, Philippe Manoeuvre se retrouve malgré lui médiateur : « Je courais d’un côté à l’autre. Aux techniciens je disais : “S’il vous plaît, filmez-la, c’est une future immense star !” Et à Madonna : “Ils vous adorent, tout se passe super bien !” » Finalement, c’est le réalisateur Jean-Louis Cap qui parviendra à calmer tout le monde et à sauver le tournage.
Comparatif, Madonna en 1984 vs Madonna en 2025
| Madonna 1984 | Madonna 2025 | |
|---|---|---|
| Statut | Jeune artiste en pleine ascension, encore « inconnue » en France | Icône mondiale, 7 Grammy Awards, plus tard |
| Comportement sur un plateau | Capricieuse, refuse le playback, met l’équipe en tension | Toujours très exigeante, mais respectée (et crainte) |
| Réaction face à la critique | Se met en colère très vite | Se met en colère très vite (voir post Instagram anti-Trump) |
| Philippe Manoeuvre | Doit la supplier de tourner | Raconte l’anecdote en rigolant sur tous les plateaux |
2025, Philippe Manoeuvre ne regrette rien et en rit encore
Invité sur le plateau de C à vous le 4 décembre 2025, Philippe Manoeuvre a raconté cette anecdote avec un sourire jusqu’aux oreilles. « Je ne suis pas du tout désolé, confie-t-il. C’était rock’n’roll, c’était Madonna ! » Il reprend d’ailleurs toute l’histoire dans son premier one-man show actuellement en tournée, accompagné sur scène par Yarol Poupaud, l’ex-guitariste de Johnny Hallyday.
Pourquoi cette anecdote fait-elle encore autant parler 40 ans après ?
Parce qu’elle montre une Madonna déjà sûre de son destin de superstar, prête à tout pour imposer sa vision, même quand personne ne la prend encore au sérieux. Parce qu’elle révèle aussi le choc culturel entre le professionnalisme à la française de l’époque et l’attitude « no limit » des stars américaines. Et surtout parce que Philippe Manoeuvre, avec son franc-parler légendaire, est l’un des rares à oser raconter cette histoire sans filtre. Madonna a-t-elle pardonné à Philippe Manoeuvre ? Probablement pas. Le journaliste, lui, en a fait une de ses meilleures anecdotes et la raconte avec une malice intacte. Une chose est sûre : dès 1984, Madonna était déjà la reine… et elle le savait.
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