Maïa Mazaurette, chroniqueuse de Quotidien et journaliste spécialisée dans la sexualité féminine, est connue pour ses prises de position audacieuses. Dans une récente vidéo publiée sur Instagram, elle a lancé une "hot take" qui a immédiatement suscité le débat : « Il faut rouvrir les maisons closes ! »
Cette déclaration volontairement provocante reflète sa vision d’un féminisme pro-sexe, où l’exploration de la sexualité n’est pas taboue et où le désir féminin est reconnu comme légitime et central.
Le contexte, entre féminisme et sexualité
Maïa Mazaurette ne cherche pas simplement à choquer. Son intervention s’inscrit dans un contexte plus large, celui de la réflexion sur le travail du sexe et sur la place du désir dans la société. Depuis les années 1980, avec l’émergence du féminisme pro-sexe outre-Atlantique, la question du travail sexuel est devenue un sujet de controverse majeur.
La journaliste s’intéresse particulièrement aux intersections entre patriarcat, sexualité et plaisir féminin, et ses chroniques abordent ces thématiques de manière directe, sans détour.
Qu’est-ce qu’une maison close imaginaire ?
Lors de son entretien avec Camille Laurens, Maïa Mazaurette a précisé qu’elle ne parlait pas de maisons closes réelles mais d’un concept plus abstrait : la maison close imaginaire.
Cette idée consiste à créer mentalement un espace personnel pour explorer ses désirs et fantasmes de manière sécurisée et libre. Selon elle, ce processus permet de mieux comprendre et questionner son désir, un exercice trop rarement pratiqué.
| Concept | Description | Objectif |
|---|---|---|
| Maison close imaginaire | Un espace mental personnel pour visualiser et organiser ses désirs | Favoriser la connaissance de soi et l’éveil du désir |
| Exploration des désirs | Identifier ce qui nous attire et nous excite | Rompre avec la banalisation des images sexuelles et stimuler l’imaginaire |
| Plaisir féminin | Mettre en avant le plaisir des femmes dans un cadre introspectif | Réaffirmer la légitimité du plaisir féminin |
Le désir, un sujet trop négligé
Maïa Mazaurette explique que notre désir est souvent endormi et rarement questionné. Les individus ne prennent que peu de temps pour explorer leurs fantasmes, que ce soit en solo ou en couple. L’omniprésence d’images sexuelles dans les médias tend à appauvrir l’imaginaire intime, au lieu de l’enrichir.
Le véritable enjeu féministe, selon elle, réside dans la réappropriation du désir et la création d’espaces (réels ou imaginaires) où celui-ci peut s’exprimer librement et sans jugement.
La maison close comme outil d’émancipation
Dans son prochain ouvrage Maison Close, Maïa Mazaurette développe cette idée en créant une maison close fictive avec 30 pièces et 54 protagonistes, chacune représentant un aspect différent de la sexualité et du désir. L’objectif est de proposer un véritable "théâtre mental" où l’on peut explorer ses fantasmes en toute sécurité.
Sexualité et société, la réouverture des maisons closes
La journaliste ne se limite pas à l’imaginaire. Sur le plateau de Quotidien, elle a également donné la parole aux travailleuses du sexe qui partagent leur réalité sur les plateformes pour adultes, révélant les conditions précaires dans lesquelles elles évoluent et la stigmatisation qu’elles subissent.
Cette démarche met en lumière un paradoxe : alors que le désir et la sexualité sont omniprésents dans la culture, la société refuse souvent de reconnaître et d’accompagner le travail sexuel de manière sécurisée et respectueuse.
Tableau comparatif, maisons closes réelles vs imaginaires
| Aspect | Maison close réelle | Maison close imaginaire |
|---|---|---|
| Objectif | Service sexuel rémunéré | Exploration du désir et de l’imaginaire |
| Sécurité | Souvent réglementée, mais précaire | Totale sécurité mentale et émotionnelle |
| Liberté | Limitée par la loi et les conditions économiques | Totale liberté d’imaginer et de créer |
| Focus | Travail et service | Plaisir et introspection |
Maïa Mazaurette invite chacun·e à réfléchir sur son désir et à se créer des espaces sécurisés pour l’explorer, que ce soit dans l’imaginaire ou à travers une meilleure compréhension du travail du sexe. Son approche féministe pro-sexe souligne l’importance de la liberté, de la connaissance de soi et du plaisir féminin.
En remettant en question la banalisation du désir et en proposant des outils pour le stimuler, elle propose une réflexion qui dépasse le simple choc médiatique et qui ouvre un véritable dialogue sur la sexualité dans notre société.
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