La série documentaire de Rebecca Miller, disponible sur Apple TV depuis le 17 octobre, offre une plongée captivante dans la vie et l'œuvre de Martin Scorsese, l'un des cinéastes les plus emblématiques du cinéma américain. À travers cinq épisodes d'une heure, ce projet ambitieux explore la dualité entre l'homme et son art, révélant des facettes méconnues de sa personnalité et de son parcours. Avec des témoignages d'acteurs, de réalisateurs et d'amis d'enfance, cette série dépasse la simple biographie pour offrir une réflexion profonde sur la condition humaine, un thème central dans l'œuvre de Scorsese.
Une introduction musicale avec Sympathy for the Devil
La série s'ouvre sur les notes envoûtantes de *Sympathy for the Devil* des Rolling Stones, une chanson qui incarne la dualité humaine, un thème cher à Scorsese. Écrite du point de vue de Satan, elle explore la complexité de la nature humaine, entre bien et mal. Ce choix musical n'est pas anodin : il reflète l'approche de Scorsese dans ses films, où les personnages, souvent tourmentés, oscillent entre rédemption et perdition. Rebecca Miller utilise cette introduction pour poser les bases d'une exploration intime, mêlant archives personnelles, extraits de films et témoignages exclusifs.
Une enfance marquée par l'asthme et Little Italy
Martin Scorsese, surnommé affectueusement "Marty", grandit dans le quartier de Little Italy à Manhattan, après avoir été chassé du "paradis" de son enfance dans le Queens. Cette transition marque un tournant dans sa vie. Diagnostiqué asthmatique à l'âge de trois ans, le jeune Martin passe beaucoup de temps confiné chez lui, observant le monde depuis sa fenêtre. Ces moments d'observation façonnent son regard cinématographique, notamment son amour pour les plans en plongée, qui donnent une impression de fresque vivante.
Son père, cherchant à soulager son asthme dans la chaleur étouffante de l'été, l'emmène dans les cinémas climatisés de la 42e rue. Là, Scorsese découvre les films noirs, les comédies musicales et les œuvres néoréalistes italiennes, qui influenceront profondément son style. Comme il le dit lui-même : « L'enfant que j'étais ne faisait pas de différence entre les acteurs à l'écran et les membres de ma famille. »
| Événement | Impact sur Scorsese |
|---|---|
| Diagnostiqué asthmatique à 3 ans | Confinement à la maison, observation du monde depuis sa fenêtre |
| Découverte des cinémas de la 42e rue | Exposition précoce aux films noirs et néoréalistes italiens |
| Installation à Little Italy | Inspiration pour les décors et personnages de ses films |
Une vocation religieuse avortée
À sept ans, Scorsese est profondément marqué par sa première messe à la cathédrale Saint-Patrick. La religion devient un refuge face à la violence des rues de Little Italy. À quatorze ans, il entre même au séminaire préparatoire, rêvant de devenir prêtre. Cependant, l'appel du monde extérieur, avec le rock'n'roll de Bo Diddley et les premières attirances adolescentes, le détourne de cette voie. Expulsé après un an, il garde un profond respect pour le Père Principe, un prêtre qui l'initie à la culture et au cinéma, renforçant son amour pour l'art.
Les années sombres, drogues et rédemption
Après l'échec commercial de *New York, New York* en 1977, Scorsese plonge dans une période sombre marquée par la dépendance à la cocaïne. Vivant avec Robbie Robertson du groupe The Band, il s'enfonce dans une spirale destructrice. Une overdose le conduit à l'hôpital, où il frôle la mort. C'est Robert De Niro qui le pousse à se ressaisir en lui proposant de réaliser *Raging Bull* (1980), un film qui marque son retour triomphal et vaut à De Niro un Oscar. Cette période illustre la résilience de Scorsese et sa capacité à transformer ses épreuves en art.
| Film | Année | Impact |
|---|---|---|
| New York, New York | 1977 | Échec commercial, début de la dépendance à la cocaïne |
| Raging Bull | 1980 | Retour triomphal, nomination aux Oscars |
Les femmes dans l'univers de Scorsese
Bien que les rôles masculins dominent la filmographie de Scorsese, des actrices comme Ellen Burstyn (*Alice n'est plus ici*), Michelle Pfeiffer (*Le Temps de l'innocence*) ou Lily Gladstone (*Killers of the Flower Moon*) ont marqué ses films. Une anecdote révélatrice concerne Sharon Stone sur le tournage de *Casino* (1995). Frustrée par l'attention portée à Robert De Niro et Joe Pesci, elle exige de partager des moments privilégiés avec Scorsese, révélant son caractère inclusif et son respect pour ses collaborateurs.
Une série documentaire inédite
Rebecca Miller, réalisatrice issue d'un milieu artistique (fille d'Arthur Miller et épouse de Daniel Day-Lewis), a mis cinq ans pour convaincre Scorsese, réticent aux documentaires sur sa vie. Sa lettre, proposant une approche "cubiste" mêlant témoignages, archives et extraits de films, a su le séduire. Le résultat est une série d'une richesse exceptionnelle, qui capture l'humour, la débrouillardise et l'humanité de Scorsese, tout en explorant les liens profonds entre sa vie et son œuvre.
Avec des interventions de proches, d'amis d'enfance et de collaborateurs comme Robert De Niro ou Spike Lee, la série offre une perspective nouvelle sur un cinéaste qui continue d'interroger la nature humaine à travers ses films. Disponible sur Apple TV, cette œuvre est un incontournable pour les amateurs de cinéma et ceux qui souhaitent découvrir l'homme derrière le mythe.
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