#MeToo 2025 : Rachida Dati condamne le directeur de la Cinémathèque qui nie l’agression sexuelle de Maria Schneider sur Le Dernier Tango à Paris

#MeToo 2025 : Rachida Dati condamne le directeur de la Cinémathèque qui nie l’agression sexuelle de Maria Schneider sur Le Dernier Tango à Paris

Auteur : Julien Baudry

Date : 20 novembre 2025 à 14:15

En plein regain d’attention porté aux violences sexuelles dans le cinéma, la ministre de la Culture Rachida Dati a réagi avec vigueur aux déclarations controversées de Frédéric Bonnaud, directeur général de la Cinémathèque française. Ce dernier a publiquement nié que l’actrice Maria Schneider ait été victime d’une agression sexuelle lors du tournage du film culte Le Dernier Tango à Paris (1972) de Bernardo Bertolucci. Retour détaillé sur cette nouvelle polémique qui ravive les débats #MeToo cinq ans après le début du mouvement.

 

Les propos exacts qui ont déclenché la polémique

Fin octobre 2025, lors d’une intervention devant des étudiants de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Frédéric Bonnaud a tenu des propos qui ont rapidement été révélés par Mediapart. Selon l’enregistrement diffusé, le directeur de la Cinémathèque a déclaré :

 

« C’est elle qui le dit. Elle n’a pas été abusée sexuellement. C’était faux. »

Il a reconnu que Maria Schneider avait été « maltraitée » et « utilisée » pendant le tournage, mais a fermement réfuté l’idée d’un abus sexuel, s’appuyant sur certaines déclarations passées de l’actrice elle-même. Ces mots ont immédiatement suscité l’indignation de nombreuses associations féministes et de figures du mouvement #MeToo.

La réaction immédiate et sans appel de Rachida Dati

Le jeudi suivant la révélation des propos, Rachida Dati a publié un communiqué officiel particulièrement ferme :

« La ministre de la Culture condamne fermement ces déclarations publiques, qui relèvent d’une opinion personnelle n’impliquant pas l’institution et préjudicient gravement à l’image de la Cinémathèque française. »

Elle a également demandé au président de l’établissement, le cinéaste Costa-Gavras, et à son conseil d’administration d’examiner rapidement les mesures qui s’imposent face à cet « incident ». À l’heure actuelle, ni la Cinémathèque ni Frédéric Bonnaud n’ont répondu aux sollicitations de la presse.

Rappel des faits, que s’est-il réellement passé sur le tournage du Dernier Tango à Paris ?

La scène incriminée reste l’une des plus controversées de l’histoire du cinéma. Dans Le Dernier Tango à Paris, Maria Schneider, alors âgée de 19 ans (et non 20 comme souvent indiqué), tourne une séquence de sodomie simulée avec Marlon Brando. Ce que le public a découvert des années plus tard, notamment grâce au témoignage de l’actrice elle-même, c’est que :

  • La scène n’était pas écrite dans le scénario initial.
  • Bernardo Bertolucci et Marlon Brando ont décidé ensemble, sans en informer Maria Schneider, d’ajouter le geste du beurre et de filmer sa réaction réelle de surprise et de malaise.
  • L’actrice a confié avoir pleuré pour de vrai et s’être sentie « humiliée » et « un peu violée » par cette manipulation.

En 2013, Bertolucci lui-même avait admis dans une interview avoir volontairement caché cette modification pour obtenir une réaction « authentique » de la jeune actrice.

Chronologie des polémiques autour du Dernier Tango à Paris à la Cinémathèque française

Date Événement Conséquences
Novembre-décembre 2024 Programmation du film dans une rétrospective Marlon Brando Tollé des associations féministes
Décembre 2024 Annulation de la projection Communiqué d’excuses de la Cinémathèque
Janvier 2025 Audition de Costa-Gavras devant la commission parlementaire sur les violences sexuelles Regret public de ne pas avoir accompagné la projection d’un débat
Octobre 2025 Déclarations de Frédéric Bonnaud à la Sorbonne Révélation Mediapart et condamnation de Rachida Dati

 

Pourquoi cette affaire resurgit-elle sans cesse depuis #MeToo ?

Depuis 2017, le mouvement #MeToo a profondément modifié le regard porté sur certaines œuvres autrefois célébrées sans réserve. Le Dernier Tango à Paris, longtemps considéré comme un chef-d’œuvre transgressif, est aujourd’hui analysé à l’aune du consentement et des rapports de pouvoir sur les plateaux de tournage. Plusieurs éléments expliquent cette relecture critique :

 

  • Le jeune âge de Maria Schneider (19 ans) face à des figures écrasantes (Bertolucci et Brando).
  • L’absence totale de coordinatrice d’intimité à l’époque (rôle aujourd’hui obligatoire sur de nombreux tournages).
  • La volonté affichée du réalisateur d’obtenir une réaction « non jouée », au mépris du bien-être de l’actrice.

 

Les précédentes excuses de la Cinémathèque n’ont-elles servi à rien ?

En début d’année 2025, Costa-Gavras avait pourtant reconnu publiquement l’erreur commise en 2024. Devant les députés, il avait déclaré :

 

« Je regrette profondément que nous n’ayons pas prévu d’accompagner la présentation du film avec un ou une spécialiste. »

Frédéric Bonnaud, lors de la même période, avait lui-même qualifié la méthode de Bertolucci de « manipulation » ayant soumis Maria Schneider à « une situation d’extrême violence ». Moins d’un an plus tard, le même directeur minimise publiquement les faits, créant un sentiment de revirement incompréhensible pour de nombreux observateurs.

Quel avenir pour Frédéric Bonnaud à la tête de la Cinémathèque ?

À l’heure où nous publions cet article, aucune sanction officielle n’a été annoncée. Cependant, la demande explicite de Rachida Dati d’« examiner rapidement les mesures » laisse peu de place au doute : la pression est maximale sur le conseil d’administration et sur Costa-Gavras. La Cinémathèque française, institution phare financée en grande partie par l’État, ne peut se permettre de nouvelles polémiques sur ce sujet sans risquer une crise de confiance durable avec le public et les pouvoirs publics. Près de dix ans après l’émergence du hashtag #MeToo et plus de cinquante ans après le tournage du Dernier Tango à Paris, la parole des victimes continue de se heurter à des formes de minimisation ou de négation. L’intervention de Rachida Dati, rare par sa fermeté, rappelle que les institutions culturelles ont une responsabilité particulière dans la transmission de l’histoire du cinéma, mais aussi dans la reconnaissance des violences qui ont pu l’accompagner. L’affaire Maria Schneider n’est pas qu’un débat cinéphile : elle est devenue le symbole des abus de pouvoir longtemps tus dans l’industrie du septième art.

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