Au lendemain des obsèques de Brigitte Bardot à Saint-Tropez, Michel Drucker a livré sur BFMTV un témoignage personnel, sobre et précis. Ami de longue date de l’icône française disparue le 28 décembre, l’animateur a évoqué une femme « libre », « directe » et animée par une passion exclusive pour la cause animale, loin des clichés associés à son statut de star mondiale.
À travers ses mots, c’est une facette plus intime de Brigitte Bardot qui se dessine : celle d’une personnalité complexe, profondément engagée, souvent incomprise, mais fidèle à ses convictions jusqu’au bout.
Un adieu à Saint-Tropez, dans l’intimité
Les obsèques de Brigitte Bardot se sont tenues mercredi matin à Saint-Tropez, la ville qui avait choisi de l’accueillir loin des projecteurs depuis plusieurs décennies. Une cérémonie discrète, à l’image de la fin de vie de l’actrice, volontairement retirée du monde du cinéma et de la scène médiatique.
Michel Drucker faisait partie des proches présents pour cet ultime hommage. Quelques heures plus tard, sur BFMTV, l’animateur est revenu sur cette relation d’amitié nourrie au fil des années, dans un registre empreint de retenue et de respect.
« Tout a été dit pendant les obsèques ce matin », a-t-il déclaré, soulignant le caractère apaisé et sincère de ce moment collectif.
« Elle ne se regardait jamais comme une star »
Dans son témoignage, Michel Drucker insiste sur un trait qu’il juge fondamental : la simplicité de Brigitte Bardot. Une qualité qui peut surprendre, tant l’actrice a incarné un mythe planétaire du cinéma et de la culture populaire.
« Elle était d’une très très grande simplicité. Ça paraît surréaliste, mais s’il y a bien quelqu’un qui ne se regardait pas avec des yeux de star, c’était Brigitte », confie-t-il.
Cette distance volontaire avec son image publique est, selon lui, un élément clé pour comprendre Bardot. Loin de cultiver la nostalgie de sa gloire passée, elle se serait toujours définie par ses engagements présents plutôt que par son passé cinématographique.
« Elle avait une élégance, une distinction naturelles », ajoute l’animateur, évoquant une présence marquée par la retenue plus que par l’ostentation.
Une amitié nourrie par l’engagement pour les animaux
Le lien entre Michel Drucker et Brigitte Bardot s’est en grande partie construit autour d’une cause commune : la protection animale. L’épouse de l’animateur est elle-même engagée dans une association dédiée, un point de convergence fort avec celle qui avait fait de ce combat le centre de sa vie.
« On s’écrivait beaucoup », raconte Michel Drucker, évoquant une relation épistolaire régulière, faite de nouvelles personnelles et de préoccupations concrètes.
Dans l’un de leurs derniers échanges, Brigitte Bardot s’était inquiétée d’un détail révélateur de cette proximité : l’absence de la chienne de l’animateur sur le célèbre canapé rouge de Vivement dimanche. Un souvenir qui, selon lui, illustre mieux que de longs discours l’attention sincère qu’elle portait aux animaux, y compris ceux de ses proches.
« Elle vivait pour les animaux », résume-t-il, sans emphase.
« Elle était libre, elle ne mâchait pas ses mots »
Si la douceur et la simplicité sont au cœur du portrait dressé par Michel Drucker, il n’élude pas un autre aspect essentiel de la personnalité de Brigitte Bardot : sa liberté de ton.
« Elle était libre, elle ne mâchait pas ses mots », affirme-t-il. Une franchise assumée, parfois déroutante, qui s’exprimait notamment lorsqu’il était question de défense animale.
Selon l’animateur, Bardot faisait preuve d’une « ténacité » rare pour obtenir des avancées concrètes : interdiction de certaines pratiques, protection d’espèces menacées, évolution des mentalités.
Cette détermination a façonné une figure militante intransigeante, admirée par certains, critiquée par d’autres, mais toujours cohérente avec elle-même.
Une actrice célèbre, mais détachée de sa filmographie
Michel Drucker aborde également le rapport ambigu que Brigitte Bardot entretenait avec le cinéma, pourtant à l’origine de sa notoriété mondiale.
« C’était une bonne actrice, mais le cinéma ne l’intéressait pas beaucoup », assure-t-il.
Ce désintérêt progressif pour sa carrière artistique explique en partie son retrait précoce des écrans. Dès le début des années 1970, Bardot avait choisi de tourner le dos au septième art pour se consacrer pleinement à ses engagements.
Selon Drucker, la jeune génération ne se réfère plus prioritairement à sa filmographie, mais à son image d’icône et à son militantisme. Un glissement de mémoire qui témoigne de l’évolution de son héritage public.
Une figure clivante, au parcours controversé
Le témoignage de Michel Drucker s’inscrit dans un contexte plus large, marqué par les controverses ayant jalonné la fin de vie de Brigitte Bardot.
Engagée politiquement à droite puis proche de l’extrême droite, l’ancienne actrice a été condamnée à plusieurs reprises par la justice française pour des propos jugés racistes et homophobes. Des prises de position qui ont durablement divisé l’opinion publique et terni, pour certains, l’image de la star.
Ces éléments n’ont toutefois pas empêché l’État de proposer un hommage national, à l’image de ceux rendus ces dernières années à Johnny Hallyday, Charles Aznavour ou Jean-Paul Belmondo.
Une proposition à laquelle la famille de Brigitte Bardot n’a pas donné suite, privilégiant une cérémonie plus discrète et conforme à la volonté de l’intéressée.
Un héritage multiple, entre mythe et engagement
À travers les mots de Michel Drucker, se dessine un héritage à plusieurs niveaux :
- celui d’une icône du cinéma français des années 1950 et 1960,
- celui d’une militante acharnée pour la cause animale,
- celui d’une femme libre, assumant ses convictions, quitte à susciter la polémique.
Son décès, survenu le 28 décembre, relance inévitablement le débat sur la manière dont la France choisit de se souvenir de ses figures publiques : dans leur globalité, avec leurs réussites comme leurs zones d’ombre.
Pour Michel Drucker, l’essentiel demeure ailleurs : dans la cohérence d’une vie vécue selon ses propres règles, sans calcul ni compromis.
Le regard d’un proche, loin des simplifications
En livrant ce témoignage sur BFMTV, Michel Drucker n’a ni cherché à réécrire l’histoire ni à gommer les aspérités du personnage. Son propos, mesuré et incarné, apporte un éclairage humain sur une femme souvent réduite à des symboles contradictoires.
« Une relation très chaleureuse », résume-t-il pour qualifier leur lien. Une formule simple, à l’image de celle qu’il décrit.
À l’heure où la mémoire de Brigitte Bardot s’inscrit désormais dans l’histoire, ce regard de proche rappelle que derrière le mythe, il y avait aussi une femme attentive, engagée et profondément attachée à ce qui donnait, selon elle, un sens à sa vie.
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