Elle a tout raconté d’une voix posée. Derrière le calme, une scène restée enfouie pendant des décennies. Mireille Dumas lève enfin le voile sur un épisode qui aurait pu mettre fin à sa carrière avant même qu’elle ne commence.
Un face-à-face tendu. Un bureau fermé à clé. Et la sidération d’une jeune journaliste face à une légende de la télévision française.
Qui : Mireille Dumas. Quoi : une interview cauchemardesque. Où : dans le bureau de Léon Zitrone. Quand : au tout début de sa carrière, récit livré le 7 février 2026 sur RTL.
Ce samedi matin-là, sur les ondes de RTL, le studio est feutré. L’ambiance, presque légère. Pourtant, le souvenir qu’elle s’apprête à partager ne l’est pas.
Mireille Dumas est l’invitée d’On refait la télé. Une émission de confidences, de recul, de mémoire. À 72 ans, elle n’a plus rien à prouver.
Face à Éric Dussart, elle replonge dans ses débuts. Une époque où tout se jouait vite. Où une rencontre pouvait faire ou défaire une vocation.
Elle évoque alors celle qu’elle qualifie, sans détour, de pire interview de sa carrière. Un moment qu’elle n’avait jamais détaillé publiquement.
À l’époque, Mireille Dumas n’est encore qu’une jeune journaliste. Ambitieuse, discrète, déterminée. Elle demande à rencontrer Léon Zitrone.
Le nom est immense. La voix, reconnaissable entre toutes. Zitrone est une institution. Un monument du petit écran.
Contre toute attente, il accepte. Un accord qui, pour elle, ressemble à une chance inespérée.
Le rendez-vous est fixé dans son bureau. Elle arrive accompagnée d’un cadreur et d’un preneur de son, selon son récit.
Les premières minutes sont froides. Léon Zitrone veut voir les questions. Tout de suite. Sans détour.
Ce n’est pas l’usage. Pas pour elle, en tout cas. Elle fonctionne à l’écoute, à l’échange, à l’instinct.
Elle tente d’expliquer. Calmement. Elle dit avoir ses questions en tête, prêtes à surgir au fil de la conversation.
La réaction est brutale. Cinglante. Déstabilisante.
Selon son témoignage livré sur RTL, Léon Zitrone lui reproche de ne pas savoir faire son métier et exige qu’elle rédige toutes ses questions sur-le-champ.
Puis vient le geste qui glace encore sa voix des années plus tard. Il quitte la pièce. Et ferme la porte à clé.
Mireille Dumas se retrouve enfermée. Littéralement. Dans le bureau d’un homme tout-puissant du paysage audiovisuel.
Avec elle, deux membres de l’équipe. Personne ne parle. Le temps s’étire.
La consigne est claire. Écrire les questions. Toutes. Et les glisser sous la porte une fois terminées.
Il ne s’agit pas d’une métaphore. Selon son récit, la scène est réelle. Déroutante. Violente symboliquement.
Elle obéit. Parce qu’elle débute. Parce qu’elle veut travailler. Parce qu’elle n’a pas le choix.
Une fois les feuilles récupérées, Léon Zitrone revient. L’interview commence enfin.
Mais rien ne se passe comme prévu. Mireille Dumas ne suit pas exactement l’ordre écrit. Elle relance. Elle écoute.
À peine quelques minutes. Puis tout s’arrête.
Le verdict tombe. Sec. Définitif.
Selon la journaliste, Léon Zitrone l’accuse de déloyauté et met fin à l’entretien sur-le-champ, allant jusqu’à appeler la direction pour empêcher toute diffusion.
Une phrase, surtout, résonne encore. Une seule, qu’elle accepte de citer aujourd’hui : « Vous ne serez jamais journaliste. »
La sentence est terrible. Elle est jeune. Elle doute. Elle sort de ce bureau abasourdie.
L’interview ne sera jamais diffusée. Officiellement interdite, selon son récit, par l’animateur lui-même.
À l’époque, aucune vague. Aucun scandale. Juste le silence.
Mireille Dumas ne porte pas plainte. Elle ne dénonce pas publiquement. Elle encaisse.
Ce silence-là est aussi celui d’une époque. Où la parole circulait peu. Où les rapports de force étaient assumés.
Des témoins de ces années-là évoquent, sous couvert d’anonymat, un milieu rude, vertical, parfois brutal.
Rien, toutefois, ne permet d’affirmer que ce type de comportement était systématique chez Léon Zitrone. Aucun autre témoignage direct n’est cité à ce jour.
Lui est décédé en 1995. Il n’a jamais répondu à cette version des faits.
Pour Mireille Dumas, l’épisode marque. Mais il ne détruit pas.
Au contraire. Elle continue. Elle insiste. Elle travaille.
Quelques années plus tard, elle s’impose comme une figure majeure de l’interview intimiste à la télévision française.
Bas les masques. Des confidences. Des silences respectés. Tout l’inverse de ce qu’elle a vécu ce jour-là.
En février 2024, dans les colonnes de Gala, elle confiait déjà combien son parcours avait été jalonné de combats personnels.
Elle y parlait de son couple avec Dominique Colonna, de leur indépendance, de leur manière d’avancer côte à côte sans se contraindre.
Elle évoquait aussi sa mère, accueillie chez eux jusqu’à la fin. Une promesse tenue.
Ces fragments de vie dessinent une femme droite. Résiliente. Peu encline à se poser en victime.
Sur RTL, ce 7 février 2026, elle ne règle pas de comptes. Elle raconte. Simplement.
Sur les réseaux sociaux, l’extrait circule rapidement. Les réactions affluent.
Beaucoup saluent son courage. D’autres s’étonnent qu’un tel épisode soit resté si longtemps inconnu.
Certains rappellent le contexte. Les années. Les mentalités d’alors.
D’autres, plus critiques, s’interrogent sur ces silences collectifs qui ont longtemps protégé les puissants.
Aucune réaction officielle n’émane des ayants droit de Léon Zitrone à ce stade.
Interrogée en coulisses, une ancienne consœur confie que ce type de rapport de force n’était pas rare, tout en précisant ne pas avoir été témoin direct de cette scène.
Ce qui frappe, dans le récit de Mireille Dumas, c’est l’absence de pathos. Pas d’exagération. Pas de mise en scène.
Il avait tort.
Car elle est devenue journaliste. Et bien plus que cela.
Cette histoire, longtemps tue, éclaire aussi son style. Sa manière d’interviewer sans piéger. D’écouter sans dominer.
Comme si ce huis clos avait forgé une éthique. Une ligne.
Aujourd’hui, Mireille Dumas n’attend rien de ces révélations. Ni excuses. Ni réparation.
Elle transmet. À sa façon.
Un avertissement, peut-être. Ou simplement une mémoire.
Dans un milieu qui change lentement, ces récits prennent une autre résonance.
Ils rappellent d’où l’on vient. Et pourquoi certaines voix ont mis tant de temps à se faire entendre.
La porte de ce bureau est restée fermée longtemps. Elle vient, enfin, de s’entrouvrir.
Et derrière, il y avait une carrière qui ne demandait qu’à naître.
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