Condamné mais toujours à l’antenne, Morandini défie les codes du journalisme et de la télévision française.
Sa présence continue sur CNews révèle un calcul stratégique où audience et controverse se mêlent dans une équation complexe.
Une décision qui secoue le paysage médiatique
La décision de CNews de maintenir Jean-Marc Morandini sur l’antenne après sa condamnation pour corruption de mineurs interroge sur les limites entre responsabilité morale et performance économique. La chaîne assume un pari risqué : conserver un animateur clivant qui, malgré la controverse, attire encore un public fidèle. Cette stratégie n’est pas anodine ; elle s’inscrit dans une logique où l’audience prime souvent sur la perception publique et la réputation institutionnelle.
Les réactions internes et externes
Le malaise s’est rapidement fait sentir au sein de la rédaction. La prise de position de Sonia Mabrouk, suivie de sa démission, met en lumière les tensions internes et les choix éthiques auxquels sont confrontés les journalistes et animateurs. Le soutien public de figures comme Pascal Praud et Laurence Ferrari illustre un clivage persistant dans le paysage médiatique français : solidarité entre pairs versus pression de l’opinion publique.
Le revers de la médaille, audience en mutation
Du point de vue des chiffres, Morandini Live ! reste un vecteur puissant pour CNews. L’édition du vendredi 6 février 2026 a réuni 332 000 téléspectateurs avec 9,3% de part de marché sur l’ensemble du public, et 7,4% auprès des CSP+. Malgré ces performances, une analyse fine révèle une tendance fluctuante : l’audience connaît des pics mais reste sous pression, notamment face aux critiques sur le maintien de l’animateur. Sur une semaine, l’émission gagne 1,5 point de part de marché et 115 000 téléspectateurs, mais le contexte polémique fragilise la stabilité à long terme.
Comparaison avec des stratégies passées
Cette situation n’est pas sans rappeler d’autres épisodes de la télévision française où des personnalités controversées ont été maintenues à l’antenne. Dans ces cas, la stratégie repose sur le maintien d’une audience clé malgré le risque réputationnel. La différence ici réside dans la gravité de la condamnation et la médiatisation immédiate du sujet, créant un effet d’amplification sur la perception de la marque CNews.
Impact sur la brand equity
Le maintien de Morandini affecte directement la perception de CNews. La chaîne renforce son image de résilience et de liberté éditoriale, mais s’expose simultanément à des critiques sur son éthique et sa responsabilité sociale. L’enjeu est double : fidéliser un public ciblé sans diluer la crédibilité globale de la chaîne auprès d’annonceurs et du grand public. Cette tension entre performance et légitimité constitue un test stratégique majeur pour la marque.
Le paradoxe de la résistance
Morandini lui-même devient un symbole paradoxal : figure clivante mais indispensable dans la stratégie d’audience de CNews. La résistance de l’animateur face à la condamnation judiciaire et aux critiques médiatiques illustre un phénomène rare où la controverse est transformée en levier de visibilité. Pour la chaîne, la gestion de cette polémique devient un indicateur clé de son positionnement face à la concurrence et de sa capacité à gérer la crise de réputation tout en maintenant l’attractivité commerciale.
Ce que cela dit du marché de l’info
Au-delà de Morandini et de CNews, cette affaire éclaire les dynamiques de l’information en France : l’intersection entre audiences, réputation et morale journalistique. Les choix éditoriaux sont désormais scrutés à la loupe par le public et les acteurs économiques. La polémique Morandini révèle que la télévision d’information est un espace où chaque décision stratégique, même controversée, a des retombées tangibles sur la brand equity, la fidélisation et la perception sociale.
Morandini Live ! continue d’être diffusé du lundi au vendredi dès 10h35 sur CNews, confirmant que pour certains médias, la controverse peut être un moteur d’audience aussi puissant que le contenu lui-même.