Le comédien israélien Mohammad Bakri est décédé le 24 décembre 2025 au centre médical de Galilée, à l’âge de 72 ans. Sa disparition, due à des troubles cardiaques et pulmonaires, provoque une vive émotion dans le monde du cinéma et de la télévision. Figure incontournable de la culture israélienne, il laisse derrière lui une carrière riche de plus de quarante ans.
Une carrière forgée entre théâtre, cinéma et télévision
Né le 27 novembre 1953 à Bi’ina, en Galilée, Mohammad Bakri se forme au théâtre à l’Université de Tel-Aviv. Rapidement, il s’impose sur les scènes israéliennes, enchaînant les rôles avec une intensité reconnue par ses pairs.
Sa carrière cinématographique débute véritablement en 1980 avec le film Hanna K. réalisé par Costa-Gavras, qui lui ouvre les portes d’une reconnaissance internationale. En 1993, il joue un rôle central dans Saison de la migration vers le nord, adaptation du roman de Tayeb Saleh par Ouriel Zohar, rôle qui lui vaut le prix du meilleur acteur au Festival de théâtre de Saint-Jean-d’Acre.
Au fil des décennies, Mohammad Bakri navigue entre cinéma d’auteur et productions télévisuelles de grande envergure. En 2020, il incarne Abdul Qadir G’ulom dans la série Homeland, avant de rejoindre la série française Le Bureau des légendes, où il prête ses traits à Ahmad Shahana. Sa dernière apparition à l’écran remonte à 2025 dans le film Ce qu’il reste de nous de Cherien Dabis, où il interprète Sharif âgé.
Un engagement artistique et politique assumé
Parallèlement à sa carrière d’acteur, Mohammad Bakri s’illustre comme réalisateur. Son documentaire Jenin, Jenin (2002), consacré au camp de réfugiés palestinien de Jénine, suscite une controverse majeure en Israël. Le film est interdit de projection pendant deux ans, avant que la Cour suprême n’autorise finalement sa diffusion, soulignant son courage artistique et son engagement politique.
À travers son œuvre, Bakri a constamment mêlé création artistique et prise de position sociale, faisant de lui un acteur engagé, capable de faire dialoguer art et conscience politique.
Une disparition annoncée et une famille artistique
L’annonce officielle de son décès a été faite par le porte-parole du centre médical de Galilée : "Mohammad Bakri est mort ce mercredi au centre médical de Galilée." Sa famille a précisé que le comédien souffrait de troubles cardiaques et pulmonaires depuis plusieurs années.
Mohammad Bakri était père de six enfants. Trois d’entre eux, Saleh, Ziad et Adam Bakri, ont choisi de suivre ses pas dans le monde artistique. Sa disparition marque une perte majeure pour la culture israélienne et internationale, laissant un vide dans le cinéma et la télévision, mais également dans l’engagement artistique et humaniste qu’il incarnait.
Un héritage durable pour le cinéma et la télévision
Mohammad Bakri laisse derrière lui une filmographie et une carrière télévisuelle qui continuent d’inspirer. Ses rôles dans Homeland, Le Bureau des légendes, et ses collaborations avec des réalisateurs comme Costa-Gavras et Cherien Dabis témoignent de son talent universel. Plus qu’un acteur, il était un témoin engagé des réalités sociales et politiques de son temps.
Les hommages affluent depuis l’annonce de sa disparition, venant de collègues, critiques et spectateurs. Chacun souligne sa capacité à incarner des personnages avec profondeur et humanité, et à faire du cinéma un espace de réflexion sur la société.
Filmographie et moments clés
- 1980 : Hanna K. – Début international
- 1993 : Saison de la migration vers le nord – Prix du meilleur acteur
- 2002 : Jenin, Jenin – Documentaire controversé
- 2020 : Homeland – Rôle d’Abdul Qadir G’ulom
- Années 2020 : Le Bureau des légendes – Ahmad Shahana
- 2025 : Ce qu’il reste de nous – Dernier rôle à l’écran
Mohammad Bakri laisse une empreinte durable dans le monde de la culture et de la télévision. Artiste engagé, acteur de talent et réalisateur courageux, il a marqué plusieurs générations de spectateurs et de professionnels. Son héritage artistique et humain continue de résonner, faisant de lui une figure incontournable du cinéma israélien et mondial.
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