Jeudi 17 juillet 2025, en prime time sur France 2, la nouvelle version d’Intervilles a été marquée par un moment de recueillement rare à l’antenne. À l’initiative de Nagui, l’émission a rendu hommage à Thierry Ardisson, figure majeure du paysage audiovisuel français, disparu quelques jours plus tôt. Un hommage mesuré, sincère et profondément symbolique, à l’image de la relation que le monde des médias entretenait avec « l’homme en noir ».
Au-delà de la séquence télévisuelle, cet instant illustre la place singulière qu’occupait Thierry Ardisson dans la mémoire collective, mais aussi la capacité du service public à suspendre le divertissement pour rappeler l’essentiel : la transmission, le respect et la reconnaissance des grandes figures de la télévision.
Retour sur un hommage discret mais marquant, sur la disparition d’un animateur hors norme, et sur l’émotion durable qu’elle a suscitée dans le monde médiatique.
Un hommage en direct lors d’un divertissement populaire
Diffusé en prime time, l’épisode inédit d’Intervilles du 17 juillet 2025 réunissait autour de Nagui une équipe familière du public : Bruno Guillon, Camille Cerf, Valérie Bègue, Magali Ripoll et Yoann Riou. Une émission festive, populaire, fédératrice, héritière d’un programme emblématique de la télévision française.
C’est précisément dans ce contexte que Nagui a choisi de prendre la parole, rompant brièvement le rythme du jeu pour adresser un message personnel et collectif à la mémoire de Thierry Ardisson.
Face caméra, le présentateur a déclaré :
« Je voulais juste, avec ma douce Méline qui est à côté, que nous ayons ensemble une pensée pour Thierry Ardisson, qui nous a quittés. On va continuer de sourire en pensant fort à lui. (…) On aurait aimé, Méline et moi, être avec eux. (…) Et puis clin d’œil à Thierry Ardisson, l’homme en noir, l’homme qui aimait la musique. »
Des mots simples, sans emphase, mais porteurs d’une forte charge émotionnelle, salués par le silence respectueux du plateau.
Une séquence maîtrisée, fidèle à l’esprit du service public
Dans un paysage audiovisuel souvent critiqué pour son excès de commentaires ou de dramatisation, la séquence s’est distinguée par sa sobriété. Nagui n’a pas cherché à occuper l’espace émotionnel ; il l’a ouvert, avec retenue, laissant au téléspectateur la liberté de ressentir.
Cette approche correspond à la ligne éditoriale que le présentateur défend depuis de nombreuses années : un divertissement populaire, mais jamais déconnecté de la réalité humaine.
Dans la continuité, Bruno Guillon a apporté une touche d’humour respectueux :
« À la différence de Thierry, que je salue aussi, on peut bouger pendant le jingle. »
Une phrase légère, qui faisait directement référence à l’image iconique d’Ardisson, souvent immobile et solennel lors de ses génériques, et qui a permis de rappeler son esprit sans trahir l’hommage.
La disparition de Thierry Ardisson, annoncée le 14 juillet 2024
La mort de Thierry Ardisson a été officiellement annoncée le lundi 14 juillet 2024 par sa compagne, la journaliste Audrey Crespo-Mara, via l’AFP. L’animateur est décédé à l’âge de 76 ans, des suites d’un cancer du foie.
Dans un communiqué sobre et digne, la présentatrice joker du JT de 20h de TF1 déclarait :
« Thierry est parti comme il a vécu. En homme courageux et libre. Avec ses enfants et les miens. Nous étions unis autour de lui. Jusqu’à son dernier souffle. »
Mariés depuis 2014, Audrey Crespo-Mara et Thierry Ardisson formaient un couple discret mais très respecté du paysage médiatique français.
Un monument de la télévision française
Producteur, animateur, intervieweur redouté, Thierry Ardisson aura marqué plus de quatre décennies de télévision. De Lunettes noires pour nuits blanches à Tout le monde en parle, en passant par Salut les Terriens !, il a imposé un style unique : direct, cultivé, provocateur sans être gratuit.
Surnommé « l’homme en noir », Ardisson maîtrisait l’art de l’interview longue, du silence, de la relance incisive. Il a contribué à faire de la télévision un espace de débat, de confession et parfois de confrontation, tout en conservant une forte exigence culturelle.
Son influence dépasse largement le cadre de ses émissions : il a façonné une génération de producteurs, d’animateurs et de journalistes.
Des hommages unanimes dans les médias et sur les réseaux
Dès l’annonce de son décès, les hommages se sont multipliés. Animateurs, journalistes, artistes, responsables politiques et anonymes ont salué la mémoire d’un professionnel respecté, parfois clivant, mais unanimement reconnu pour son intelligence et son indépendance.
Les réseaux sociaux ont été le théâtre de milliers de messages rappelant des interviews marquantes, des répliques cultes et des moments de télévision devenus historiques.
Parmi les témoignages les plus forts, celui de Laurent Baffie, fidèle compagnon de plateau pendant de nombreuses années, a particulièrement marqué les esprits.
Laurent Baffie, un témoignage poignant sur les derniers jours
Dans les colonnes du Parisien, Laurent Baffie a livré un récit intime et bouleversant des derniers mois de Thierry Ardisson.
« Je suis allé à l’hôpital tous les jours. Jeudi, on a beaucoup parlé. Il gardait un peu d’espoir. Il parlait de la maison qu’ils venaient d’acheter dans le Sud. Et puis ça s’est aggravé. »
Le comédien et auteur a également évoqué la longue maladie de son ami :
« Ça fait des années qu’il est malade, Thierry. Des années. Il y a eu des évolutions, des traitements. Jusqu’au jour où il n’y a plus eu de traitement possible. (…) J’ai passé toutes ces années à essayer de le faire rire. »
Un témoignage qui révèle une facette plus intime d’un homme souvent perçu comme distant, mais profondément attaché à ses proches.
Un héritage durable dans l’audiovisuel français
La disparition de Thierry Ardisson interroge l’avenir de la télévision de flux, des formats longs et des interviews sans concessions. À l’heure des séquences courtes et de la viralité, son approche apparaît presque intemporelle.
Son héritage repose sur plusieurs piliers :
- une exigence éditoriale forte
- la défense de la liberté de ton
- la valorisation de la culture populaire et intellectuelle
- le refus du formatage médiatique
Autant de principes que nombre de professionnels revendiquent encore aujourd’hui.
Quand le divertissement s’arrête pour saluer l’essentiel
L’hommage rendu par Nagui lors d’Intervilles illustre parfaitement la capacité de la télévision à conjuguer légèreté et gravité. En quelques phrases, sans rompre l’esprit de l’émission, le présentateur a rappelé que la télévision est aussi un lieu de mémoire.
Un moment suspendu, respectueux, à la hauteur de celui qu’il saluait.
Car si Thierry Ardisson n’est plus, son empreinte demeure : dans les formats, dans les archives, dans la culture télévisuelle française, et dans ces instants de reconnaissance partagée qui, même fugaces, disent beaucoup.
Nagui rend hommage à Thierry Ardisson sur France 2
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