Dans une publication Instagram longue et argumentée, l’artiste de 26 ans explique calmement mais fermement pourquoi il ne peut plus conserver son prix : > « L’année dernière, j’ai gagné l’Eurovision et avec lui le trophée. Je reste immensément reconnaissant envers la communauté et tout ce que cette expérience m’a apporté. Mais aujourd’hui, ce trophée n’a plus sa place sur mon étagère. » Nemo reproche à l’UER une contradiction flagrante entre les valeurs affichées du concours – unité, inclusion, dignité humaine – et la décision de maintenir Israël parmi les pays participants alors que l’ONU a conclu à des « actes de génocide » dans un rapport publié en 2025. L’artiste conclut son message par une phrase devenue virale : « Vis ce que tu revendiques. »
Pourquoi Nemo parle-t-il de « génocide » ? Le rapport de l’ONU au cœur de la polémique
En mars 2025, la Commission d’enquête internationale indépendante des Nations unies sur le territoire palestinien occupé a publié un rapport de plus de 300 pages concluant que les forces israéliennes ont commis des « actes relevant du génocide » à Gaza, notamment par la destruction intentionnelle des infrastructures de santé et l’utilisation de la famine comme arme de guerre. Ce rapport, bien que contesté par Israël et certains de ses alliés, a été largement repris par les médias internationaux et cité par de nombreux artistes et intellectuels. Pour Nemo, il rend la participation d’Israël à un concours censé célébrer l’unité incompatible avec les principes mêmes de l’Eurovision.
L’UER accusée de « double discours » sur l’apolitisme du concours
L’Union européenne de radio-télévision maintient depuis des décennies que l’Eurovision est un événement « apolitique ». Pourtant, plusieurs exemples historiques contredisent cette ligne :
| Année | Pays | Motif politique ayant suscité la controverse |
|---|---|---|
| 2009 | Géorgie | Chanson « We Don’t Wanna Put In » refusée (jeu de mots sur Poutine) |
| 2019 | Islande (Hatari) | Drapeaux palestiniens brandis en direct |
| 2021 | Biélorussie | Exclusion pour paroles politiques contre l’opposition |
| 2024 | Israël | Modification forcée des paroles de « October Rain » |
Nemo souligne que l’UER a déjà sanctionné ou modifié des chansons à connotation politique, mais refuse d’appliquer la même rigueur lorsqu’il s’agit d’Israël, accusé de crimes graves.
Boycotts en cascade, qui a déjà annoncé son retrait de l’Eurovision 2026 ?
Depuis la confirmation de la participation israélienne le 4 décembre 2025, les annonces de boycott se multiplient :
| Pays / Artistes | Date d’annonce | Motif officiel |
|---|---|---|
| Islande | 5 décembre 2025 | Refus de partager la scène avec un État accusé de génocide |
| Finlande | 6 décembre 2025 | Solidarité avec la Palestine |
| Norvège | 7 décembre 2025 | Décision du diffuseur public NRK après consultation |
| Irlande | 8 décembre 2025 | Position historique pro-palestinienne |
| Espagne (Big Five) | 9 décembre 2025 | Première fois qu’un membre du Big Five se retire |
| 17 candidats portugais | 11 décembre 2025 | Déclaration commune sur Instagram |
À ce jour, au moins cinq pays ont officiellement confirmé leur absence à Vienne en mai 2026. D’autres, dont la Suède et la Belgique, sont sous forte pression interne.
Les réactions, entre soutien massif et accusations d’antisémitisme
Le geste de Nemo a été salué par des dizaines de milliers d’internautes et par de nombreux anciens participants à l’Eurovision. Parmi les messages de soutien notables : - BamBam (Irlande 2024) : « Respect total. » - Alessandra Mele (Norvège 2023) : « Tu as fait ce que peu osent faire. » - Olly Alexander (Royaume-Uni 2024) avait déjà appelé au boycott en 2024. À l’inverse, certaines voix, notamment en Israël et dans certains médias conservateurs, accusent Nemo « d’antisémitisme » et de « mélanger politique et musique ».
L’Eurovision 2026 à Vienne, un concours déjà amputé et sous haute tension
Organisée en Autriche après la victoire de Nemo en 2024, l’édition 2026 risque d’être l’une des plus controversées de l’histoire. L’UER doit désormais gérer : - Une baisse probable d’audience dans plusieurs pays boycottants - Des manifestations prévues à Vienne - Une pression croissante sur les sponsors et les diffuseurs L’organisation a publié un communiqué laconique affirmant que « l’Eurovision reste un concours musical non politique » et que « toutes les délégations respectant le règlement sont les bienvenues ». En renvoyant son trophée, Nemo ne se contente pas de protester : il pose une question fondamentale sur la responsabilité des institutions culturelles face aux crimes internationaux. Son geste, aussi radical soit-il, pourrait marquer un tournant dans l’histoire de l’Eurovision et inspirer d’autres artistes à utiliser leur visibilité pour défendre leurs convictions. Reste à savoir si l’UER choisira enfin de « vivre ce qu’elle revendique »… ou si elle continuera à fermer les yeux.
Commentaires
Soyez le premier à commenter cet article !