En à peine 24 heures, la nouvelle création signée Ryan Murphy et Ian Brennan s’est hissée à la première place du Top 10 mondial Netflix, éclipsant la populaire série “Indociles”. Ce troisième volet de l’anthologie “Monstre” confirme une fois de plus l’attrait du public pour les récits sombres et fascinants inspirés de faits réels.
Une ascension fulgurante sur Netflix
Depuis sa mise en ligne, “Monstre : L’histoire d’Ed Gein” connaît un succès phénoménal. Selon les données de FlixPatrol, la série occupe déjà la première place du classement dans plus de 60 pays, dont les États-Unis, la France, le Canada et le Brésil. Ce démarrage impressionnant confirme la puissance de frappe du duo Murphy/Brennan, qui avait déjà signé deux succès précédents avec “Jeffrey Dahmer” et “Les frères Menendez”.
Le public semble captivé par ce mélange unique de réalisme morbide, de fiction dramatique et de reconstitution historique. En seulement un jour, la série s’est imposée comme un véritable phénomène mondial.
Qui était Ed Gein, le “boucher de Plainfield” ?
Ed Gein, agriculteur du Wisconsin arrêté en 1957, est l’une des figures criminelles les plus dérangeantes de l’histoire américaine. Surnommé “le boucher de Plainfield”, il a inspiré plusieurs chefs-d’œuvre du cinéma d’horreur tels que “Psychose”, “Massacre à la tronçonneuse” ou encore “Le Silence des agneaux”.
Entre 1944 et 1957, il a assassiné au moins deux femmes — Bernice Worden et Mary Hogan — et déterré des cadavres pour créer des “souvenirs” macabres. Sa folie et ses obsessions ont profondément marqué la culture populaire, au point de devenir un symbole de l’horreur américaine.
Nom de la victimeAnnéeContexte du meurtreBernice Worden1957Enlevée et tuée dans sa boutiqueMary Hogan1954Disparue d’un bar localCadavres exhumés1944–1957Utilisés pour des rituels morbides
Une interprétation glaçante signée Charlie Hunnam
L’acteur britannique Charlie Hunnam (connu pour “Sons of Anarchy”) incarne un Ed Gein terrifiant, tiraillé entre la culpabilité, la solitude et une obsession maladive pour sa mère. Son interprétation, à la fois sobre et troublante, donne une dimension humaine à ce monstre devenu mythe.
Ryan Murphy, fidèle à son approche esthétique et provocatrice, mêle scènes réalistes et séquences oniriques. Le spectateur oscille entre fascination et dégoût, tout en s’interrogeant sur la frontière ténue entre le criminel et la victime de son propre passé.
Une série entre réalité, fiction et critique sociale
Comme dans ses précédentes anthologies, Murphy brouille volontairement les frontières entre vérité historique et invention scénaristique. Le personnage d’Adeline, incarné par Suzanna Son, n’a jamais existé dans la réalité. Elle symbolise la fascination malsaine qu’exerce le mal sur la société et les médias.
Cette saison se distingue également par son approche “meta”. En intégrant les tournages de films comme “Psychose” et “Massacre à la tronçonneuse”, la série s’interroge sur la manière dont Hollywood recycle la tragédie pour nourrir la culture du divertissement. Une réflexion subtile sur notre rapport collectif à la violence.
Un message social et psychologique fort
Au-delà du simple récit de tueur en série, “Monstre : L’histoire d’Ed Gein” pose une question essentielle : pourquoi sommes-nous fascinés par le mal ? En brisant le quatrième mur, Ed Gein s’adresse directement au spectateur, l’obligeant à confronter sa propre curiosité morbide.
Cette mise en abîme interroge la responsabilité du public et des créateurs. Ryan Murphy expose non seulement la noirceur d’un homme, mais aussi celle d’une société avide de sensations fortes et de récits sanglants.
Les critiques, entre fascination et controverse
Si le succès est indéniable, la série n’échappe pas à la controverse. Certains critiques reprochent à cette saison une surenchère visuelle, moins nuancée que les précédentes. D’autres y voient une œuvre nécessaire, courageuse dans sa dénonciation du voyeurisme contemporain.
La précédente saison, centrée sur les frères Menendez, avait déjà suscité la polémique. Depuis leur prison, Erik Menendez avait dénoncé des “mensonges flagrants” et accusé Ryan Murphy d’avoir déformé leur histoire. Le débat avait pris de l’ampleur lorsqu’une personnalité inattendue, Kim Kardashian, s’était exprimée en faveur d’une réévaluation du dossier.
Une réflexion sur la culture du true crime
“Monstre : L’histoire d’Ed Gein” s’inscrit dans une tendance culturelle où le true crime domine les plateformes de streaming. Ce genre attire des millions de spectateurs en quête de récits réels empreints de mystère et d’horreur. Netflix, conscient de cet engouement, mise sur la qualité narrative et la complexité psychologique pour se démarquer.
Murphy ne glorifie pas le tueur : il montre un homme dévasté, produit d’un environnement familial toxique, tout en pointant du doigt la responsabilité collective dans la création de mythes criminels. La série invite donc à une réflexion éthique sur la consommation de ce type de contenu.
Comparatif des trois saisons de l’anthologie “Monstre”
| Saison | Thème principal | Réception critique | Plateforme |
|---|---|---|---|
| 1 - Jeffrey Dahmer | Tueur en série cannibale | Très positive (90% Rotten Tomatoes) | Netflix |
| 2 - Les frères Menendez | Crimes familiaux | Mitigée mais forte audience | Netflix |
| 3 - Ed Gein | Psychopathie et isolement | Fascination et controverse | Netflix |
Un futur déjà assuré pour la franchise “Monstre”
Face à l’accueil triomphal de cette troisième saison, Netflix a d’ores et déjà annoncé son intention de poursuivre l’anthologie. Plusieurs sources évoquent un quatrième opus centré sur un autre tueur américain tristement célèbre. L’objectif : explorer toujours plus en profondeur les zones d’ombre de l’esprit humain.
Ryan Murphy, maître du récit glaçant et du symbolisme visuel, semble avoir trouvé la formule parfaite pour captiver le public : entre drame psychologique, réalisme cru et réflexion sociale.
En moins de 24 heures, “Monstre : L’histoire d’Ed Gein” a réussi là où peu de séries y parviennent : créer l’événement mondial. Ce succès témoigne autant de la maîtrise narrative de Ryan Murphy que de la curiosité persistante du public pour les récits inspirés du réel.
Entre fiction, horreur et introspection, cette saison s’impose comme un chef-d’œuvre du true crime moderne. Elle nous oblige à regarder l’horreur en face, tout en questionnant notre propre besoin d’en être témoins.
“Monstre : L’histoire d’Ed Gein” est disponible dès maintenant sur Netflix.
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