Le 19 novembre 2025 marque un moment clé pour les amateurs d'humour satirique à la télévision française. Nicolas Canteloup, l'imitateur emblématique, fait son grand retour sur TF1 avec une nouvelle saison de C'est Canteloup. Diffusée en avant-soirée, cette émission courte et percutante promet de décortiquer l'actualité avec un zest d'ironie. Pourtant, dès les premiers jours, les chiffres d'audience révèlent une rentrée plus compliquée que prévu. Entre leadership fragile et concurrence accrue, explorons en détail ce lancement 2025-2026, les performances de l'humoriste et les enjeux pour la chaîne privée numéro un.
Avec plus de 30 ans de carrière, Nicolas Canteloup n'est plus à présenter. Son talent pour les imitations de figures publiques – des politiques aux célébrités sportives – en fait une personnalité incontournable du paysage audiovisuel. Mais derrière les rires, se cache une stratégie éditoriale affûtée, essentielle pour capter l'attention d'un public de plus en plus volatil. Dans cet article, nous plongerons dans les coulisses de ce retour, analyserons les données d'audience et projetterons les perspectives futures de l'émission.
Qui est Nicolas Canteloup ? Un Parcours Hors du Commun
Nicolas Canteloup, né le 4 novembre 1963 à Mérignac en Gironde, incarne le stéréotype du self-made man de l'humour français. Issu d'un milieu modeste, il abandonne ses études pour devenir moniteur d'équitation, un métier qui lui permet de développer son sens de l'observation et son aisance avec le public. C'est au début des années 1980, lors d'un passage au Club Med en tant qu'animateur, que naît sa passion pour l'imitation. Ses premiers sketches, improvisés lors de soirées animées, captivent les vacanciers et posent les bases de sa future carrière.
Les années 1990 marquent son entrée dans le monde professionnel. Recruté par Europe 1 pour des chroniques humoristiques, il affine son répertoire d'imitations : Jean-Luc Mélenchon avec son verbe haut en couleur, Nicolas Sarkozy et son tic verbal légendaire, ou encore des sportifs comme Didier Deschamps. Son premier one-man-show, Tous des Guignols, hommage aux marionnettes satiriques de Canal+, est un succès retentissant. Suivent Méfiez-vous des imitations et d'autres spectacles qui tournent en province et à Paris, consolidant sa réputation d'humoriste accessible et mordant.
La télévision lui ouvre grand ses portes en 2006 avec La Matinale sur Canal+, où ses imitations deviennent un rendez-vous quotidien. Puis, c'est le passage à Europe 1 en 2013 pour Face à l'info, avant un virage vers RMC en 2024 avec Face à Canteloup aux côtés d'Apolline de Malherbe. Aujourd'hui, à 62 ans, Canteloup jongle entre radio matinale et télévision du soir, tout en vivant dans une maison insolite transformée d'une ancienne écurie dans les Yvelines – un clin d'œil à ses racines équestres.
Son humour, souvent qualifié de "populaire et incisif", cible l'actualité brûlante sans complaisance. Mais au-delà des rires, Canteloup défend une vision de la satire comme miroir de la société, loin des excès. Cette polyvalence – radio, TV, scène – explique sa longévité, mais aussi les défis d'une exposition médiatique intense.
L'Historique de C'est Canteloup, De 2011 à Aujourd'hui
Lancée le 10 octobre 2011 sur TF1, C'est Canteloup (initialement Après le 20h, c'est Canteloup) s'inscrit dans la tradition des pastilles humoristiques post-journal. Produite par JMD Productions, l'émission dure cinq minutes et alterne imitations et sketches sur l'actualité. Nikos Aliagas en est le premier co-animateur jusqu'en 2018, suivi d'Alessandra Sublet, puis Hélène Mannarino depuis 2022, apportant une touche journalistique au duo.
Les premières saisons affichent des audiences solides : en janvier 2013, elle culmine à 9,3 millions de téléspectateurs, un record pour une pastille courte. En 2016, un pic à 8 millions et 32% de part d'audience (PDA) sur les 4 ans+ la consacre leader incontesté. Des éditions spéciales, comme le C'est Canteloup : la grande métamorphose en 2019 (5,87 millions, 24,2% PDA), ou la version confinée en 2020 (7,1 millions), renforcent son attractivité.
Cependant, les saisons récentes montrent une érosion progressive. En 2024-2025, la moyenne tourne autour de 3 millions, impactée par la fragmentation des audiences due au streaming. La pause estivale prolongée – pas de diffusion avant le 17 novembre 2025 – vise à rafraîchir le format, mais soulève des questions sur la fidélisation. Malgré cela, C'est Canteloup reste un pilier de l'access prime-time de TF1, générant des revenus publicitaires estimés à plusieurs millions d'euros par saison.
Le format évolue : plus d'interactions avec l'actualité en temps réel, des guests surprises et une production technique affinée pour un rendu dynamique. Disponible en replay sur TF1+, l'émission s'adapte au numérique, avec des extraits viraux sur les réseaux sociaux qui boostent sa visibilité auprès des jeunes.
Le Lancement 2025, Un Début en Demi-Teinte
Le lundi 17 novembre 2025, C'est Canteloup reprend l'antenne à 21h, juste après la météo d'Evelyne Dhéliat et avant Harry Potter et l'Ordre du Phœnix. Nicolas Canteloup, frais de sa chronique radio sur RMC, ouvre la saison avec un florilège d'imitations : Jean-Luc Mélenchon en pleine primaire de la gauche, Raphaël Glucksmann et son charisme européen, Rachida Dati dans un rôle de fer de lance, sans oublier les classiques Sarkozy et Montebourg. Hélène Mannarino, avec son œil aiguisé, décrypte les faits avant que l'humour ne prenne le relais.
Ce premier numéro séduit 3,47 millions de téléspectateurs, soit 17,9% de PDA sur les 4 ans+, un score honorable qui place TF1 en tête. Mais dès le mardi 18 novembre, la courbe descend : 2,95 millions et 15,6% de PDA. Une perte de 520 000 téléspectateurs en 24 heures, et un recul de 2,3 points. Comparé à la saison 2024-2025, c'est une baisse de 1,6 point, signe d'un public lassé ou détourné par la concurrence.
Les imitations du jour, centrées sur les rebondissements politiques de la semaine, n'ont pas suffi à inverser la tendance. Mélenchon y est dépeint en tribun enflammé, Glucksmann en stratège serein, tandis que Dati incarne la poigne administrative. Ces portraits, fidèles et exagérés à la fois, ont fait les délices des réseaux, mais peinent à traduire en parts d'audience massive.
Analyse des Audiences, Chiffres et Tendances
Pour mieux visualiser les performances, examinons les données clés des deux premiers numéros. Malgré le leadership global, les indicateurs commerciaux – FRDA-50 (femmes responsables des achats de moins de 50 ans) et 25-49 ans – montrent des faiblesses structurelles.
| Date | Téléspectateurs (millions) | PDA 4 ans+ | PDA FRDA-50 | PDA 25-49 ans | Comparaison vs. Saison Précédente |
|---|---|---|---|---|---|
| 17/11/2025 | 3,47 | 17,9% | 20,5% | 16,8% | +0,5 point |
| 18/11/2025 | 2,95 | 15,6% | 18,8% | 15,5% | -1,6 point |
| Moyenne Saison 2024-2025 | 3,2 | 17,2% | 20,4% | 17,0% | - |
Ce tableau illustre une volatilité précoce. Sur les FRDA-50, l'émission atteint 18,8% le 18 novembre, leader mais talonnée par les dernières minutes de Quotidien sur TMC (19,2%). Chez les 25-49 ans, c'est plus alarmant : 15,5% contre 18% pour l'émission de Yann Barthès, qui bénéficie d'un ton plus irrévérencieux et d'une actualité plus "jeune". France 3, avec Un si grand soleil (2,59 millions, 13,7% PDA), grignote aussi du terrain en fin de diffusion, attirant un public fidèle aux fictions quotidiennes.
Ces chiffres s'expliquent par plusieurs facteurs : la programmation tardive post-été, l'émergence de plateformes comme Netflix qui captent les jeunes, et une actualité politique moins explosive que les années précédentes. Pourtant, TF1 mise sur la loyauté de son cœur de cible pour rebondir.
La Concurrence en Avant-Soirée, Un Terrain Miné
L'avant-soirée 2025 est un champ de bataille féroce. TF1 domine traditionnellement avec son JT et ses pastilles, mais TMC et France 3 contre-attaquent. Quotidien, diffusé sur le canal 10, excelle chez les urbains et les jeunes grâce à son humour caustique et ses reportages terrain. Yann Barthès, avec son équipe déjantée, devance souvent C'est Canteloup sur les cibles clés, comme vu le 18 novembre.
De l'autre côté, Un si grand soleil sur France 3 consolide sa position de soap opera familial. Avec 2,59 millions le 18 novembre (+3 points vs. veille), la série bénéficie d'intrigues addictives – la mort choc d'Eliott ou les vendettas des Bastide – qui fidélisent un public intergénérationnel. Sa durée étirée empiète sur l'avant-soirée, forçant les téléspectateurs à choisir entre fiction et humour.
M6 n'est pas en reste avec Scènes de ménages (2,51 millions, 12,9% PDA), un pilier comique léger. Face à cette myriade d'offres, C'est Canteloup doit innover : plus de formats interactifs, collaborations avec influenceurs, ou thèmes sociétaux pour élargir son appel.
Les Imitations Phares et l'Impact Culturel
Le sel de l'émission réside dans ses imitations, véritables capsules d'actualité déformées. Cette semaine, Mélenchon domine : Canteloup le caricature en orateur passionné, gesticulant pour la "primaire de la gauche". Glucksmann apparaît comme le "nouveau visage de l'Europe", avec une imitation soulignant son éloquence mesurée. Dati, en "femme de fer", et les revenants Sarkozy-Montebourg ajoutent du piquant, rappelant les scandales passés.
Ces portraits ne sont pas anodins : ils influencent le débat public, forçant les politiques à réagir – Nadine Morano a même invité Canteloup à "bosser" ses imitations ! Sur les réseaux, #CestCanteloup génère des milliers de vues, amplifiant l'impact au-delà de la TV linéaire.
Pour la saison, attendez-vous à des nouveautés : imitations d'IA en politique ou de stars du streaming, pour rafraîchir le répertoire et attirer les millennials.
Perspectives pour la Saison 2025-2026, Rebond Possible ?
Malgré ce départ en fanfare mitigé, C'est Canteloup a les atouts pour se redresser. TF1 investit dans la promotion cross-média, avec teasers sur RMC et partenariats numériques. La formule duo avec Mannarino apporte équilibre, et la brièveté du format (5 minutes) le rend digeste en replay.
Les défis persistent : fidéliser les jeunes via TikTok, contrer la concurrence avec des twists thématiques, et maintenir la pertinence satirique dans un climat politique apaisé. Si les audiences stabilisent autour de 3 millions, la saison pourrait égaler la précédente ; sinon, des ajustements – horaires ou invités – s'imposent.
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