Depuis début novembre, l’absence de Nicolas Demorand à l’antenne de France Inter suscite interrogations et inquiétudes parmi les auditeurs. Figure centrale de la matinale de la première radio de France, le journaliste ne devrait pas faire son retour en janvier. Selon plusieurs sources concordantes, son come-back est désormais envisagé pour février 2026, dans un contexte de réajustement profond de la grille et de réflexion stratégique sur l’avenir de la tranche la plus exposée de la station.
Au-delà du cas personnel de l’éditorialiste, cette absence prolongée intervient à un moment clé pour France Inter, confrontée à une légère érosion de son audience matinale et engagée dans une vaste opération de clarification éditoriale.
Une absence remarquée au cœur du prime time radiophonique
Nicolas Demorand a quitté l’antenne de la matinale de France Inter le 4 novembre dernier. Depuis, c’est Florence Paracuellos qui assure l’animation du 7h-9h, accompagnée de Benjamin Duhamel. Une configuration transitoire devenue durable, au point de nourrir des interrogations sur la date — et la réalité — d’un retour.
Pour France Inter, l’enjeu dépasse la simple continuité de service. Le journaliste incarne depuis des années l’ADN éditorial de la matinale : rigueur de l’interview politique, sens du tempo, capacité à incarner l’actualité sans la surjouer. Son absence modifie mécaniquement l’équilibre de l’antenne.
Dans un univers radiophonique extrêmement concurrentiel, où chaque minute du prime time compte, cette disparition prolongée n’est pas anodine.
Un retour pas avant février, selon des sources internes
Selon les informations révélées par Le Parisien le 19 décembre 2025, Nicolas Demorand ne sera pas de retour après les fêtes de fin d’année. Contrairement aux espoirs de certains auditeurs, janvier ne marquera pas la reprise de sa voix au micro.
Une source proche du journaliste se veut toutefois rassurante :
« Il va beaucoup mieux, mais il a encore besoin de repos pour pouvoir être d’attaque. »
La direction de France Inter anticipe désormais un retour à partir du mois de février 2026, avec un objectif clair : permettre à Nicolas Demorand de « finir la saison ». Aucune date précise n’a été officialisée, signe d’une prudence assumée, tant sur le plan humain que professionnel.
Ce calendrier laisse entendre que la priorité demeure la santé du journaliste, dans un métier où la pression quotidienne, l’exposition médiatique et la charge émotionnelle sont particulièrement fortes.
Une matinale sous tension face à l’érosion de l’audience
Cette absence survient dans un contexte délicat pour la première radio de France. Si France Inter conserve son statut de leader, la tranche matinale accuse une légère baisse d’audience.
Entre 7h et 9h, le cœur historique de la station, environ 30 000 auditeurs ont été perdus en un an. Une baisse modérée, mais scrutée de près dans un secteur où la stabilité est devenue un indicateur clé de performance.
La tendance se confirme également jusqu’à 11h, alimentant une réflexion interne sur la lisibilité de l’offre et la fatigue potentielle du format XXL de la matinale.
Face à ces signaux faibles mais persistants, la direction a choisi d’agir sans attendre un décrochage plus net.
France Inter revoit sa grille pour “donner plus de lisibilité”
Interrogée par Le Parisien, la direction de France Inter assume pleinement ces ajustements :
« On veut donner plus de lisibilité aux auditeurs. Nous avons entendu leurs retours. »
Objectif affiché : clarifier les rendez-vous, mieux identifier les incarnations et fluidifier l’enchaînement des contenus sur une plage horaire très dense.
Ces changements doivent être mis en place dès janvier 2026, indépendamment du retour de Nicolas Demorand, preuve que la réflexion engagée dépasse sa seule absence.
Ali Rebeihi, Sonia Devillers, les nouveaux équilibres de l’antenne
Parmi les évolutions les plus significatives :
- Ali Rebeihi prendra les commandes du créneau de 10h à 11h avec Grand bien vous fasse, renforçant la cohérence de cette tranche orientée vers le bien-être et la vie quotidienne.
- Mathilde Serrell quitte son Mag de la vie culturelle pour investir le créneau de 8h52, un positionnement plus exposé et stratégique.
- Sonia Devillers conserve la responsabilité du 9h-10h, rebaptisé La Grande Matinale, le mag, dans une logique de continuité éditoriale.
Ces mouvements visent à mieux segmenter les attentes du public tout en conservant des figures identifiées et crédibles.
Chroniques, éditos et arbitrages sensibles
La direction a également tranché sur des choix parfois contestés :
- Bertrand Chameroy conserve sa chronique avant 8h, malgré des critiques récurrentes sur son ton et son positionnement.
- Le créneau stratégique de 7h42 devrait revenir à l’édito économique de Dominique Seux, renforçant la place de l’analyse économique dans la matinale.
Ces décisions traduisent une volonté de stabiliser certains repères tout en ajustant les curseurs éditoriaux.
Changements en coulisses, une nouvelle direction éditoriale
La recomposition ne se limite pas à l’antenne. En interne, la productrice éditoriale de la matinale, Anne-Laure Sugier, a été remerciée par la direction.
Elle est remplacée par Charlotte Mattout, venue de BFMTV et passée auparavant par Radio France. Ce choix stratégique témoigne d’une volonté de renouvellement managérial et d’un regard neuf sur la fabrication de la matinale.
Dans un média où la mécanique éditoriale repose sur des équilibres fins, ce type de changement peut avoir des effets structurants à moyen terme.
L’absence de Nicolas Demorand, symptôme ou accélérateur ?
Difficile de ne pas voir dans l’absence prolongée de Nicolas Demorand un révélateur des tensions qui traversent aujourd’hui les grandes matinales radio.
Usure des formats longs, exigence d’instantanéité, pression des audiences, concurrence accrue des podcasts et des plateformes numériques : la matinale reste un pilier, mais aussi un point de fragilité.
Le retour attendu du journaliste en février pourrait ainsi symboliser bien plus qu’une reprise individuelle : celui d’un nouveau cycle pour France Inter.
Une attente forte des auditeurs, entre fidélité et exigence
Sur les réseaux sociaux et les forums d’auditeurs, les messages de soutien à Nicolas Demorand restent nombreux. Beaucoup expriment leur attachement à sa voix, à son style, à son exigence journalistique.
Mais cette fidélité s’accompagne aussi d’attentes élevées. Les auditeurs de France Inter, réputés exigeants, attendent un retour solide, incarné et durable — pas un simple passage symbolique.
La station le sait : la réussite de la seconde partie de saison se jouera autant sur la cohérence éditoriale que sur l’incarnation humaine de ses rendez-vous clés.
Un bilan attendu en fin de saison
Les effets de ce grand réajustement ne pourront être mesurés qu’à la fin de la saison 2025-2026, lors de la publication des audiences.
D’ici là, France Inter avance avec prudence, consciente que son leadership repose autant sur la stabilité que sur sa capacité à évoluer.
Quant à Nicolas Demorand, son retour, espéré en février, sera observé comme un signal fort — celui d’un journaliste prêt à reprendre pleinement sa place, et d’une matinale déterminée à retrouver son souffle.
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