Saint-Tropez, le 7 janvier 2026. La France rendait un dernier hommage à Brigitte Bardot, icône absolue du cinéma et figure majeure de la cause animale. Si la cérémonie s’est voulue volontairement sobre, fidèle aux souhaits de l’actrice, un moment précis a cristallisé l’attention des observateurs : l’arrivée de son fils unique, Nicolas-Jacques Charrier, contraint de décliner son identité devant l’église Notre-Dame de l’Assomption. Une scène à la fois discrète, chargée de symboles, et révélatrice de l’histoire complexe qui liait la star à son héritier.
Une cérémonie fidèle aux volontés de Brigitte Bardot
Décédée le 28 décembre 2025 à l’âge de 91 ans dans sa propriété de La Madrague, Brigitte Bardot s’est éteinte loin des projecteurs qu’elle avait pourtant contribué à redéfinir. Le 6 janvier, son époux Bernard d’Ormale a confirmé publiquement que l’actrice luttait depuis plusieurs mois contre un cancer, mettant fin aux spéculations entourant les circonstances de sa disparition.
Les obsèques se sont déroulées le mercredi 7 janvier 2026 à Saint-Tropez, village devenu indissociable de l’image de « BB ». Selon Bruno Jacquelin, directeur des relations publiques de la Fondation Brigitte Bardot, la cérémonie s’est tenue « sans chichi », conformément aux dernières volontés de l’actrice, qui rejetait toute forme de solennité excessive.
Une messe religieuse, strictement réservée aux proches et aux invités de la famille, a été célébrée à 11 heures à l’église Notre-Dame de l’Assomption, en plein cœur du village. À l’extérieur, un important dispositif de sécurité encadrait l’événement afin de préserver l’intimité du recueillement.
Un hommage marqué par la présence de nombreuses personnalités
Si la cérémonie était privée, la liste des personnalités présentes témoignait de l’empreinte considérable laissée par Brigitte Bardot dans des univers aussi variés que le cinéma, la télévision, la musique ou la protection animale.
Parmi les invités figuraient notamment Bernard Montiel, ami proche de longue date, Jean-Luc Reichmann, Mireille Mathieu ou encore Marine Le Pen, qui n’a jamais caché son admiration pour l’actrice. Le monde associatif était également largement représenté, avec la présence de Paul Watson, défenseur des océans et des baleines, ainsi que d’Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux.
Au-delà des figures médiatiques, l’atmosphère demeurait contenue, presque silencieuse. Les visages étaient graves, les échanges mesurés. Dans ce cadre très codifié, une arrivée a toutefois suscité une attention particulière.
Nicolas-Jacques Charrier, une présence attendue et scrutée
Né le 11 janvier 1960 de l’union entre Brigitte Bardot et l’acteur Jacques Charrier, Nicolas-Jacques Charrier est resté toute sa vie à distance de la sphère médiatique française. Installé depuis de nombreuses années en Norvège, il cultive une discrétion quasi absolue, loin de l’héritage écrasant de sa mère.
La relation entre Brigitte Bardot et son fils a longtemps été marquée par la douleur, l’incompréhension et des prises de parole publiques d’une rare brutalité. Dans plusieurs interviews, comme dans son autobiographie, l’actrice avait évoqué sa grossesse comme une épreuve imposée, survenue à une époque où l’interruption volontaire de grossesse était interdite en France.
Ces déclarations, reprises et amplifiées au fil des décennies, avaient conduit Nicolas-Jacques Charrier à engager une action judiciaire contre sa mère, avant qu’un apaisement progressif ne s’installe entre eux. Dans les dernières années, Brigitte Bardot évoquait son fils avec davantage de retenue, reconnaissant un lien « spécial », empreint de distance mais aussi de reconnaissance mutuelle.
Une scène rare devant l’église de Saint-Tropez
À l’heure de la cérémonie, la venue de Nicolas-Jacques Charrier était attendue par les journalistes présents à proximité de l’église. Pourtant, lorsqu’il s’est présenté sur le parvis, un moment singulier s’est produit.
Comme l’a relaté le journaliste Julien Arnaud sur BFMTV, personne parmi les agents d’accueil et les personnes chargées de filtrer les entrées ne savait à quoi ressemblait le fils de Brigitte Bardot. À l’abri des projecteurs depuis toujours, son visage n’était familier ni du grand public, ni même de certains proches du cercle élargi.
Dans un geste simple, presque anodin, mais lourd de sens, l’homme de 65 ans a alors dû décliner son identité : « Bonjour, famille Charrier », aurait-il déclaré pour pouvoir accéder à l’église. Une phrase brève, prononcée sans emphase, qui résume à elle seule toute la singularité de sa position.
Ni héritier médiatique, ni figure publique, Nicolas-Jacques Charrier entrait ce jour-là dans l’église non comme le fils d’une légende, mais comme un membre d’une famille endeuillée.
Un placement symbolique au cœur du premier rang
Une fois à l’intérieur, Nicolas-Jacques Charrier a pris place aux côtés de Bernard d’Ormale, dernier mari de Brigitte Bardot. La famille Charrier occupait les deux premiers rangs de l’église, conformément au protocole familial, loin des objectifs mais au plus près du cercueil.
Ce positionnement, discret mais central, illustrait l’équilibre délicat trouvé au fil des années entre distance et reconnaissance. Aucun discours public, aucune déclaration à la presse n’a été faite par le fils unique de l’actrice, fidèle à une ligne de conduite constante : préserver sa vie privée, même dans les moments les plus exposés.
Pour de nombreux observateurs, cette présence silencieuse avait valeur de symbole. Elle rappelait que derrière l’icône mondiale, la militante infatigable et la star de cinéma, se trouvait une histoire familiale complexe, faite de blessures anciennes et de tentatives tardives de réconciliation.
Brigitte Bardot, entre mythe public et fractures intimes
Les obsèques de Brigitte Bardot ont mis en lumière ce paradoxe qui a traversé toute sa vie : une femme libre, radicale dans ses choix, adulée par des millions de personnes, mais profondément tourmentée dans sa sphère intime.
Son rapport à la maternité, longtemps abordé sans filtre, a souvent choqué, parfois blessé, mais il s’inscrivait dans une époque et dans un parcours personnel marqué par la contrainte, la notoriété précoce et une quête permanente d’indépendance.
La présence de Nicolas-Jacques Charrier à Saint-Tropez, sans effusion ni mise en scène, semble avoir refermé une parenthèse douloureuse sans la réécrire. Elle n’efface ni les mots, ni les silences du passé, mais elle inscrit une image finale : celle d’un fils venu dire adieu à sa mère, à sa manière, dans la discrétion.
Un dernier hommage à l’image de l’actrice
En choisissant une cérémonie intime, Brigitte Bardot a, une dernière fois, affirmé son refus du spectaculaire. Aucun cortège grandiose, aucune prise de parole publique, aucun hommage officiel d’ampleur nationale n’est venu perturber ce moment.
Et pourtant, par la seule force de ce qu’elle a incarné, chaque détail a été observé, analysé, interprété. L’arrivée de son fils, obligé de se présenter pour franchir les portes de l’église, restera sans doute comme l’un des instants les plus marquants de cette journée.
Un instant révélateur d’une trajectoire hors norme, où la célébrité n’a jamais effacé la complexité humaine, et où la fin d’une vie publique a laissé place, l’espace d’une cérémonie, à une histoire profondément personnelle.
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